jeudi 26 novembre 2020

A la recherche de l’âme sœur en Asie… Connais toi, toi-même ! (2eme partie)


 


Le second point concernera votre situation familiale… et celle de la personne que vous pourriez rencontrer. Il est important là encore de dresser un point de situation préalable afin d’affronter dans de bonnes conditions les « événements » à venir…

Quand on se décide à refaire sa vie, il ne faut jamais perdre de vue qu’en règle générale on ne repart jamais réellement de zéro et qu’il peut se faire qu’on « traîne » derrière soi un passé affectif, voire même un passif financier parfois lourd et handicapant lorsqu’il y a eu un divorce difficile et coûteux... Mais pour autant, ce n’est pas parce qu’on a été un peu cassé par la vie qu’il faut rentrer dans une nouvelle union blasé et avec pessimisme, voire avec une aigreur décourageante pour sa nouvelle compagne… surtout si cette dernière n’a jamais été mariée… quand ce n’est pas avec un souci de revanche sur les femmes…

Un autre problème qu’on peut aussi rencontrer est le « refus » de ses propres enfants, lorsqu’on en a, de voir la place de leur mère occupée désormais par une autre femme, surtout quand cette dernière est jeune… à plus forte raison si elle est plus jeune qu’eux…. et ça arrive… Ce rejet de la nouvelle compagne, phénomène que connaissent bien un certain nombre de ceux qui sont confrontés à la problématique des familles recomposées est souvent accentué par le fait que les femmes asiatiques en général et thaïlandaises en particulier, traînent derrière elles une aura quelque peu sulfureuse, drainée autant par quelques émissions de télévision à sensation que par les ragots de certains « beaufs » de retour de vacances au soleil...  Dans ce domaine, à de rares exceptions près, soyez certains que vous pourrez compter sur la rancœur de votre « ex » et la jalousie ou la médisance des mauvaises langues pour alimenter le débat et entretenir le feu ! Et sachez que même s’il n’y a pas médisance, votre choix de vie en interpellera souvent plus d’un et d’une qui auront du mal à « comprendre »… voire se demanderont si vous ne vous versez pas désormais vers la prostitution tropicale, quand ce n’est pas vers la pédophilie… Une chose est certaine, ceci devrait vous permettre peut être de faire un tri parmi vos « amis » ou vos relations !

De la même façon, on peut soi même avoir du mal à s’intégrer dans la famille de sa future compagne, surtout si cette dernière a elle-même des enfants. Découvrir qu’on ne sera jamais qu’une pièce rapportée au sein d’une famille souvent élargie et avoir du mal à y trouver une place peut s’avérer très difficile à vivre… et je ne parle même pas des situations on se rend compte parfois qu’on n’est toléré qu’en proportion du soutien financier qu’on apporte à la communauté… Il faut donc en être conscient et savoir si on aura la force de caractère suffisante pour faire face à ces choses là …

 

Quoi qu’il en soit, si vous avez décidé de trouver l’âme sœur quelque part au delà de la ligne d’horizon, il serait raisonnable aussi de déterminer très vite lequel des deux partenaires va devoir migrer…

Si vous avez un emploi stable en France qui vous permet de vivre, le problème ne se pose pas bien évidemment. Si vous approchez de la retraite en revanche, il faut anticiper et ce n’est pas toujours chose aisée car on a parfois dans notre pays des parents en fin de vie qu’il faut assister…

A l’usage, on constate très souvent que si la compagne asiatique accepte de venir vivre quelques années en France, une fois l’époux arrivé à la retraite, elle ne tarde pas à exercer une forte pression pour revenir dans son pays en mettant en avant, à juste titre, la qualité et le coût de la vie au plan local. Bien entendu, s’il y a eu entre temps l’arrivée d’enfants scolarisés en France, si elle-même a trouvé un emploi, est parfaitement acculturée et maîtrise bien la langue française, tout ceci sera moins marqué... Outre le mal du pays bien légitime, il ne faudra toutefois pas négliger non plus la pression familiale qui pèsera sur elle, l’incitant au retour pour prendre soin des parents vieillissants… et soulager aussi les frères et sœurs ayant assumé cette charge pendant des années. Là encore, il ne sert à rien de se voiler la face et quand on se lance dans un tel projet de rencontre il faut bien intégrer le fait que tôt ou tard on sera confronté à cette décision… Il faut donc s’y préparer.

 

N’oublions pas non plus la question du positionnement social et des niveaux d’études respectifs qui vont fortement influer, d’une part sur la nature et le degré de communication au sein du couple, d’autre part sur l’intégration de ce dernier dans son environnement relationnel.

Exception faite sans doute des jeunes expatriés qui évoluent dans un endogroupe relativement homogène, venir vivre en Thaïlande ou à l’inverse en France, signifie que l’un des deux conjoints va devoir rompre avec son milieu et avec un certain nombre d’habitudes de vie. La question est donc, êtes vous prêts en ce qui vous concerne à accepter cette rupture et en mesure de la supporter sur le long terme ?

De façon concrète, posez vous en particulier la question de savoir si vous êtes capables par exemple d’accepter de passer un dimanche après midi dans une arrière boutique chinoise, assis sur un sac de riz avec une canette de bière à la main pour écouter des histoires que vous ne comprenez pas en raison de la barrière de la langue… alors même qu’il y a quelques mois encore vous étiez cravaté et exerciez peut être des responsabilités importantes en France dans l’administration ou dans une entreprise… Exemple personnellement vécu…

Quand je parle de différences de niveau d’études, il faut aussi intégrer le fait qu’en Thaïlande l’enseignement dispensé dans les écoles et à l’université est très ethnocentré et que l’ouverture au monde y est très limitée… Par voie de conséquence, ceci signifiera que certains sujets de discussion avec votre conjoint seront désormais impossibles faute de références culturelles communes, voire même de connaissances historiques, géographiques suffisantes… certains sujets notamment dans le domaine politique étant purement et simplement inabordables car tabou. Une chose est certaine, si vous ne pouvez vous passer du cinéma d’art et d’essai, des soirées au théâtre, des exposition de peinture, des discussions sur le dernier Goncourt… vous risquez de trouver le temps long car vous allez pénétrer dans ce que j’appelle un désert culturel, du moins suivant la conception que nous autres Occidentaux nous faisons du terme culture… Maintenant si vous aimez les soirées passées devant la télé à larmoyer sur un téléfilm à l’eau de rose, pas de souci à avoir…

 

Indépendamment du changement de positionnement social, il y a aussi la question de la barrière de la langue à affronter…

Si un jeune enfant est un buvard qui assimile une langue nouvelle en quelques mois, il en va différemment pour un adulte à partir de la cinquantaine, et ceci en dépit de la meilleure volonté ou des prédispositions éventuelles. Il va donc sans dire qu’un minimum d’effort doit être conduit de part et d’autre pour diminuer cette barrière sachant néanmoins que l’apprentissage de la langue du pays de résidence par celui des deux conjoints qui se sera expatrié sera bien évidemment rendue plus aisée du fait d’une immersion permanente que par le biais d’une de ces méthodes intensives… Si le langage du cœur est universel dit-on, il n’en reste pas moins que la compréhension des mentalités locales passe par l’apprentissage, même réduit, de la langue… Si vous et votre future épouse parlez anglais la communication devrait être d’emblée aisée sachant que le fait de pratiquer une langue tonale rendra plus facile la remise à niveau de l'épouse, même si son niveau est scolaire. Mais le recours à l’anglais est aussi une solution de facilite qui peut s’avérer un cadeau empoisonné à terme car cela retardera d’autant l’apprentissage du français et / ou du thaï. C’est le cas en ce qui nous concerne mon épouse et moi et maintenant il est un peu tard pour réagir…

 

Un petit mot encore pour parler religion… car le rapport à la foi conditionne fortement non seulement les mentalités mais aussi la vie quotidienne, le bouddhisme interférant dans tous les domaines de l’existence.

En Thaïlande comme dans nombre de pays asiatiques, la dimension spirituelle est une donnée à ne jamais négliger. Peu importe que vous soyez chrétien, bouddhiste, musulman… une part non négligeable de la façon dont vous serez perçu sera fonction de votre degré de spiritualité. Si vous ne croyez en rien, mieux vaut éviter de trop l’afficher au risque de choquer. A l’inverse dans un pays 95 pour cent de la population est bouddhiste, il faut savoir être tolérant vis-à-vis de pratiques qui peuvent sembler incongrues et envahissantes dans un foyer familial occidental. L’acceptation de la présence de statuettes, d’offrandes de nourriture, voire d’une maison aux esprits devant le domicile, sans parler du recours aux moines pour un certain nombre d’actes importants de la vie, constituent un facteur d’entente indéniable. N’oubliez donc pas qu’au delà d’une religion et d’une philosophie, le bouddhisme débouche aussi sur un mode de vie à part entière… Là encore, si vous faites preuve d’intolérance il est évident que cela aboutira à des tensions ou à des malentendus… La question est donc de savoir si vous avez ou pas une tolérance religieuse suffisante pour accepter les croyances et surtout les pratiques de l’autre… en mettant parfois vous-mêmes les vôtres de coté car il n’est pas toujours évident de trouver un lieu de culte à proximité… surtout quand on se retire dans un village perdu.

 

Terminons enfin cette revue de points à éclaircir, non exhaustive, par une donnée toujours délicate à aborder mais qui s’avère vitale pour l’équilibre d’un couple, à savoir la question de l’ouverture d’esprit réciproque et de la souplesse de caractère…

Chacun d’entre nous est bien entendu intimement persuadé de faire preuve d’ouverture d’esprit dans sa relation à l’autre. Pour décliner correctement cette question de l’ouverture d’esprit il faudrait en écrire des pages entières et encore… On se limitera donc à quelques uns des problèmes du quotidien qui seront approfondis par la suite. Demandez-vous ainsi par exemple lorsque vous souhaitez que votre compagne vous accompagne à un dîner en ville entre farangs si vous-même vous êtes capable de vous joindre sans état d’âme particulier à elle pour un repas sur la natte, le « sua », en compagnie de ses amis ou de ses proches… même si la position est inconfortable pour un Occidental… même si ce n’est pas précisément un bifteck frites qu’on mange… et même si il est encore très loin de midi ou de 19 h…

Dans le même style de questionnement, êtes vous aussi capable par exemple d’accepter dans votre maisonnée l’irruption parfois sans préavis de parents et d’amis, voire leur hébergement prolongé dans le cadre de la mise en œuvre du devoir d’assistance familiale… ou la fourniture d’une aide financière à ceux qui sont dans le besoin… Si vous êtes viscéralement attaché à une conception de la famille nucléaire et que la notion de famille élargie du fait des contraintes qu’elle draine vous donne de l’urticaire, je crains que vous ne vous exposiez à des déconvenues… et à des hausses de tension artérielle…

J’arrêterai là ma liste de points concernant ce sujet sachant que je le développerai beaucoup plus longuement dans mon dernier article consacré à la « vie à deux » sur la « Terre jaune »…

 

Une dernière question tout de même pour clore ce chapitre, en fait la question qui tue… voire qui peut vous faire tuer si votre moitié est jalouse et excessivement possessive… Vous sentez vous capable de tenir bon en matière de séduction dans un pays la beauté physique et le sourire sont souvent au coin de la rue et on peut toujours trouver facilement une partenaire en quête de sécurité plus jeune, plus jolie que celle sur qui on a arrêté son choix initial… ce qui ne signifie pas pour autant plus fiable et plus attentionnée… ? D’aucuns et d’aucunes me rétorqueront à juste raison que cette interrogation n’est pas seulement valable en Asie… certes… mais dans notre cas, c’est là une donnée qu’il faut bien prendre en compte car le démon de minuit… peut frapper à n’importe quelle heure de la journée et n’importe , plus spécialement dans ce pays qu’ailleurs… et il faut avoir une certaine force de caractère ou de sagesse pour y faire face…

 

Vous l’avez bien compris, toutes ces différentes interrogations sont liées entre elles car en décidant de partir à la rencontre d’une femme de culture différente c’est un autre mode de vie que vous allez devoir embrasser… et ça ce n’est pas tout le monde qui est capable de le faire… Soyez en certain !


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