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jeudi 26 novembre 2020

A la recherche de l’âme sœur en Asie… Connais toi, toi-même ! (2eme partie)


 


Le second point concernera votre situation familiale… et celle de la personne que vous pourriez rencontrer. Il est important là encore de dresser un point de situation préalable afin d’affronter dans de bonnes conditions les « événements » à venir…

Quand on se décide à refaire sa vie, il ne faut jamais perdre de vue qu’en règle générale on ne repart jamais réellement de zéro et qu’il peut se faire qu’on « traîne » derrière soi un passé affectif, voire même un passif financier parfois lourd et handicapant lorsqu’il y a eu un divorce difficile et coûteux... Mais pour autant, ce n’est pas parce qu’on a été un peu cassé par la vie qu’il faut rentrer dans une nouvelle union blasé et avec pessimisme, voire avec une aigreur décourageante pour sa nouvelle compagne… surtout si cette dernière n’a jamais été mariée… quand ce n’est pas avec un souci de revanche sur les femmes…

Un autre problème qu’on peut aussi rencontrer est le « refus » de ses propres enfants, lorsqu’on en a, de voir la place de leur mère occupée désormais par une autre femme, surtout quand cette dernière est jeune… à plus forte raison si elle est plus jeune qu’eux…. et ça arrive… Ce rejet de la nouvelle compagne, phénomène que connaissent bien un certain nombre de ceux qui sont confrontés à la problématique des familles recomposées est souvent accentué par le fait que les femmes asiatiques en général et thaïlandaises en particulier, traînent derrière elles une aura quelque peu sulfureuse, drainée autant par quelques émissions de télévision à sensation que par les ragots de certains « beaufs » de retour de vacances au soleil...  Dans ce domaine, à de rares exceptions près, soyez certains que vous pourrez compter sur la rancœur de votre « ex » et la jalousie ou la médisance des mauvaises langues pour alimenter le débat et entretenir le feu ! Et sachez que même s’il n’y a pas médisance, votre choix de vie en interpellera souvent plus d’un et d’une qui auront du mal à « comprendre »… voire se demanderont si vous ne vous versez pas désormais vers la prostitution tropicale, quand ce n’est pas vers la pédophilie… Une chose est certaine, ceci devrait vous permettre peut être de faire un tri parmi vos « amis » ou vos relations !

De la même façon, on peut soi même avoir du mal à s’intégrer dans la famille de sa future compagne, surtout si cette dernière a elle-même des enfants. Découvrir qu’on ne sera jamais qu’une pièce rapportée au sein d’une famille souvent élargie et avoir du mal à y trouver une place peut s’avérer très difficile à vivre… et je ne parle même pas des situations on se rend compte parfois qu’on n’est toléré qu’en proportion du soutien financier qu’on apporte à la communauté… Il faut donc en être conscient et savoir si on aura la force de caractère suffisante pour faire face à ces choses là …

 

Quoi qu’il en soit, si vous avez décidé de trouver l’âme sœur quelque part au delà de la ligne d’horizon, il serait raisonnable aussi de déterminer très vite lequel des deux partenaires va devoir migrer…

Si vous avez un emploi stable en France qui vous permet de vivre, le problème ne se pose pas bien évidemment. Si vous approchez de la retraite en revanche, il faut anticiper et ce n’est pas toujours chose aisée car on a parfois dans notre pays des parents en fin de vie qu’il faut assister…

A l’usage, on constate très souvent que si la compagne asiatique accepte de venir vivre quelques années en France, une fois l’époux arrivé à la retraite, elle ne tarde pas à exercer une forte pression pour revenir dans son pays en mettant en avant, à juste titre, la qualité et le coût de la vie au plan local. Bien entendu, s’il y a eu entre temps l’arrivée d’enfants scolarisés en France, si elle-même a trouvé un emploi, est parfaitement acculturée et maîtrise bien la langue française, tout ceci sera moins marqué... Outre le mal du pays bien légitime, il ne faudra toutefois pas négliger non plus la pression familiale qui pèsera sur elle, l’incitant au retour pour prendre soin des parents vieillissants… et soulager aussi les frères et sœurs ayant assumé cette charge pendant des années. Là encore, il ne sert à rien de se voiler la face et quand on se lance dans un tel projet de rencontre il faut bien intégrer le fait que tôt ou tard on sera confronté à cette décision… Il faut donc s’y préparer.

 

N’oublions pas non plus la question du positionnement social et des niveaux d’études respectifs qui vont fortement influer, d’une part sur la nature et le degré de communication au sein du couple, d’autre part sur l’intégration de ce dernier dans son environnement relationnel.

Exception faite sans doute des jeunes expatriés qui évoluent dans un endogroupe relativement homogène, venir vivre en Thaïlande ou à l’inverse en France, signifie que l’un des deux conjoints va devoir rompre avec son milieu et avec un certain nombre d’habitudes de vie. La question est donc, êtes vous prêts en ce qui vous concerne à accepter cette rupture et en mesure de la supporter sur le long terme ?

De façon concrète, posez vous en particulier la question de savoir si vous êtes capables par exemple d’accepter de passer un dimanche après midi dans une arrière boutique chinoise, assis sur un sac de riz avec une canette de bière à la main pour écouter des histoires que vous ne comprenez pas en raison de la barrière de la langue… alors même qu’il y a quelques mois encore vous étiez cravaté et exerciez peut être des responsabilités importantes en France dans l’administration ou dans une entreprise… Exemple personnellement vécu…

Quand je parle de différences de niveau d’études, il faut aussi intégrer le fait qu’en Thaïlande l’enseignement dispensé dans les écoles et à l’université est très ethnocentré et que l’ouverture au monde y est très limitée… Par voie de conséquence, ceci signifiera que certains sujets de discussion avec votre conjoint seront désormais impossibles faute de références culturelles communes, voire même de connaissances historiques, géographiques suffisantes… certains sujets notamment dans le domaine politique étant purement et simplement inabordables car tabou. Une chose est certaine, si vous ne pouvez vous passer du cinéma d’art et d’essai, des soirées au théâtre, des exposition de peinture, des discussions sur le dernier Goncourt… vous risquez de trouver le temps long car vous allez pénétrer dans ce que j’appelle un désert culturel, du moins suivant la conception que nous autres Occidentaux nous faisons du terme culture… Maintenant si vous aimez les soirées passées devant la télé à larmoyer sur un téléfilm à l’eau de rose, pas de souci à avoir…

 

Indépendamment du changement de positionnement social, il y a aussi la question de la barrière de la langue à affronter…

Si un jeune enfant est un buvard qui assimile une langue nouvelle en quelques mois, il en va différemment pour un adulte à partir de la cinquantaine, et ceci en dépit de la meilleure volonté ou des prédispositions éventuelles. Il va donc sans dire qu’un minimum d’effort doit être conduit de part et d’autre pour diminuer cette barrière sachant néanmoins que l’apprentissage de la langue du pays de résidence par celui des deux conjoints qui se sera expatrié sera bien évidemment rendue plus aisée du fait d’une immersion permanente que par le biais d’une de ces méthodes intensives… Si le langage du cœur est universel dit-on, il n’en reste pas moins que la compréhension des mentalités locales passe par l’apprentissage, même réduit, de la langue… Si vous et votre future épouse parlez anglais la communication devrait être d’emblée aisée sachant que le fait de pratiquer une langue tonale rendra plus facile la remise à niveau de l'épouse, même si son niveau est scolaire. Mais le recours à l’anglais est aussi une solution de facilite qui peut s’avérer un cadeau empoisonné à terme car cela retardera d’autant l’apprentissage du français et / ou du thaï. C’est le cas en ce qui nous concerne mon épouse et moi et maintenant il est un peu tard pour réagir…

 

Un petit mot encore pour parler religion… car le rapport à la foi conditionne fortement non seulement les mentalités mais aussi la vie quotidienne, le bouddhisme interférant dans tous les domaines de l’existence.

En Thaïlande comme dans nombre de pays asiatiques, la dimension spirituelle est une donnée à ne jamais négliger. Peu importe que vous soyez chrétien, bouddhiste, musulman… une part non négligeable de la façon dont vous serez perçu sera fonction de votre degré de spiritualité. Si vous ne croyez en rien, mieux vaut éviter de trop l’afficher au risque de choquer. A l’inverse dans un pays 95 pour cent de la population est bouddhiste, il faut savoir être tolérant vis-à-vis de pratiques qui peuvent sembler incongrues et envahissantes dans un foyer familial occidental. L’acceptation de la présence de statuettes, d’offrandes de nourriture, voire d’une maison aux esprits devant le domicile, sans parler du recours aux moines pour un certain nombre d’actes importants de la vie, constituent un facteur d’entente indéniable. N’oubliez donc pas qu’au delà d’une religion et d’une philosophie, le bouddhisme débouche aussi sur un mode de vie à part entière… Là encore, si vous faites preuve d’intolérance il est évident que cela aboutira à des tensions ou à des malentendus… La question est donc de savoir si vous avez ou pas une tolérance religieuse suffisante pour accepter les croyances et surtout les pratiques de l’autre… en mettant parfois vous-mêmes les vôtres de coté car il n’est pas toujours évident de trouver un lieu de culte à proximité… surtout quand on se retire dans un village perdu.

 

Terminons enfin cette revue de points à éclaircir, non exhaustive, par une donnée toujours délicate à aborder mais qui s’avère vitale pour l’équilibre d’un couple, à savoir la question de l’ouverture d’esprit réciproque et de la souplesse de caractère…

Chacun d’entre nous est bien entendu intimement persuadé de faire preuve d’ouverture d’esprit dans sa relation à l’autre. Pour décliner correctement cette question de l’ouverture d’esprit il faudrait en écrire des pages entières et encore… On se limitera donc à quelques uns des problèmes du quotidien qui seront approfondis par la suite. Demandez-vous ainsi par exemple lorsque vous souhaitez que votre compagne vous accompagne à un dîner en ville entre farangs si vous-même vous êtes capable de vous joindre sans état d’âme particulier à elle pour un repas sur la natte, le « sua », en compagnie de ses amis ou de ses proches… même si la position est inconfortable pour un Occidental… même si ce n’est pas précisément un bifteck frites qu’on mange… et même si il est encore très loin de midi ou de 19 h…

Dans le même style de questionnement, êtes vous aussi capable par exemple d’accepter dans votre maisonnée l’irruption parfois sans préavis de parents et d’amis, voire leur hébergement prolongé dans le cadre de la mise en œuvre du devoir d’assistance familiale… ou la fourniture d’une aide financière à ceux qui sont dans le besoin… Si vous êtes viscéralement attaché à une conception de la famille nucléaire et que la notion de famille élargie du fait des contraintes qu’elle draine vous donne de l’urticaire, je crains que vous ne vous exposiez à des déconvenues… et à des hausses de tension artérielle…

J’arrêterai là ma liste de points concernant ce sujet sachant que je le développerai beaucoup plus longuement dans mon dernier article consacré à la « vie à deux » sur la « Terre jaune »…

 

Une dernière question tout de même pour clore ce chapitre, en fait la question qui tue… voire qui peut vous faire tuer si votre moitié est jalouse et excessivement possessive… Vous sentez vous capable de tenir bon en matière de séduction dans un pays la beauté physique et le sourire sont souvent au coin de la rue et on peut toujours trouver facilement une partenaire en quête de sécurité plus jeune, plus jolie que celle sur qui on a arrêté son choix initial… ce qui ne signifie pas pour autant plus fiable et plus attentionnée… ? D’aucuns et d’aucunes me rétorqueront à juste raison que cette interrogation n’est pas seulement valable en Asie… certes… mais dans notre cas, c’est là une donnée qu’il faut bien prendre en compte car le démon de minuit… peut frapper à n’importe quelle heure de la journée et n’importe , plus spécialement dans ce pays qu’ailleurs… et il faut avoir une certaine force de caractère ou de sagesse pour y faire face…

 

Vous l’avez bien compris, toutes ces différentes interrogations sont liées entre elles car en décidant de partir à la rencontre d’une femme de culture différente c’est un autre mode de vie que vous allez devoir embrasser… et ça ce n’est pas tout le monde qui est capable de le faire… Soyez en certain !


A la recherche de l’âme soeur en Asie… Connais toi, toi-même ! (1ere partie)

 



« Divorcés, veufs, célibataires endurcis mais un brin fatigués du célibat… secouez-vous et prenez donc un vol pour l’Asie afin de sortir de votre solitude ! »… Tel pourrait être le slogan d’une agence matrimoniale ou d’un site de rencontre pourvoyeur de compagnes ou d’épouses pour tous ceux qui sont en quête de l’âme sœur. Bien entendu, pour suivre cette recommandation encore faudrait il que les aéroports de l’Asie puissent enfin s’ouvrir… mais ne doutons pas que cela finisse par se produire un jour et que cette pandémie de la COVID prenne fin…


Maintenant, il est certain que si vous êtes réfractaire au charme des yeux bridés et à la vie en Asie, si vous n’êtes pas touché par ce « mal jaune » auquel faisait allusion Jean Lartéguy dans un de ces romans que je lisais pendant mon adolescence, cette série de billets n’est bien évidemment pas faite pour vous... Le mieux que nous ayons à vous recommander dans ce cas c’est donc de continuer à méditer solitairement… sur votre solitude… quelque part du coté de Romorantin ou de Garges-lès-Gonesses… Après tout, des tas de gens vivent très heureux comme cela et sont parfaitement équilibrés, illustrant ainsi la chanson de Gilbert Bécaud, « La solitude ça n’existe pas… ».

Telle n’est toutefois pas mon approche de la vie cependant et c’est pour cela que j’ai un jour embarqué pour cet Orient souvent « compliqué »… et parfois même certains jours, un brin « extrême »……

Pour en revenir au sujet de cet article, voyant l’intérêt généralement suscité par le thème des rencontres féminines en Asie, j’ai donc eu l’idée de rédiger une série de billets un peu plus sérieux que d’habitude afin de m’exprimer sur un thème qui je n’en doute pas, en interpellera plus d’un... Bien évidemment il se trouvera encore des lecteurs pour dire que j’enfonce des porte ouvertes, que j’écris des banalités et des évidences sans nom car tout cela ils le savent déjà, que je généralise à l’excès… sauf que si je me fie au nombre de gens qui se sont fait « couillonner » ou ont échoué dans cette recherche de l’âme sœur par delà les frontières, je me dis qu’il y a encore beaucoup à faire en la matière…

Désolé mesdames, mais au risque d’être accusé de sexisme, ce billet s’adressera surtout aux hommes… encore que je connaisse des Occidentales qui ont-elles aussi franchi le pas et sont venues convoler ou vivre avec des partenaires asiatiques. Si vous voulez nous faire part de vos suggestions ou observations pour compléter mon article, elles seront donc les bienvenues…

Avec le recul que me procurent une dizaine d’années de vie de couple avec une femme asiatique… précédées tout de même de pas mal de « péripéties » antérieures vécues sous diverses latitudes du fait de mon précèdent métier… et ce que j’ai pu observer autour de moi en Thaïlande dans mon entourage relationnel... je vais donc vous livrer ici quelques réflexions qui bien entendu n’engagent que moi et que chacun pourra commenter à sa guise…


Mon premier billet sera consacré à illustrer une citation chère à Socrate, même si elle n’est pas de lui, à savoir « Connais toi, toi même… ». En effet, inutile de vous lancer dans la recherche d’une partenaire asiatique si vous n’avez pas commencé par dresser un point de situation, plus que sérieux, vous concernant… Dans le cas inverse, croyez moi, c’est l’échec quasi assuré et beaucoup de désillusions. Si on dit souvent pour savoir on va, encore faut il savoir d’où l'on vient… il faut aussi savoir qui on est et ce que l’on recherche…

Après cette première étape, j’aborderai la question du comment trouver cette âme sœur à travers un billet que j’intitulerai « L’improbable rencontre »… J’y passerai en revue quelques une des principales façons de rencontrer une personne inconnue vivant à des milliers de kilomètres, sachant que cette liste n’est bien entendu pas exhaustive et que mon propos à relativiser reposera sur les enseignements que j’ai retiré de ce ce que j'ai appelé ma phase de « prospection »…

Cet article sera suivi d’un troisième volet dont l’objet sera de préciser le point de vue de la partie, non pas adverse j’espère, mais conjointe, et dont le libellé sera « Et elle qu’attend t-elle ? ». Cet article sera rédigé en développant un certain nombre de points déjà abordés dans un précèdent article rédigé avec le concours de mon épouse, du moins sur le plan des idées, car question maîtrise de la langue française elle est encore loin, très loin… du niveau B1 du FLE…

Je terminerai enfin cette série de billets sérieux en abordant le thème de « La vie à deux dans un couple multiculturel », sujet particulièrement complexe en raison des différences existant entre les deux conjoints, différences encore accentuées par la problématique de l’expatriation et de l’éloignement géographique pour au moins un des deux, mais aussi du fait que chaque personne a sa propre personnalité et son propre vécu. Il ne s’agira donc pas, j’insiste sur ce point, de développer des stéréotypes mais de donner des points de référence, qu’il appartiendra à chacun de faire ou pas siens, en fonction de sa propre situation et de ses propres attentes…

 

Et puisqu’il faut commencer et bien débutons par cette petite introspection sans prétention ni exhaustivité, histoire de vous positionner correctement sur le « marché de la rencontre » en évitant le plus possible les erreurs de casting comme on dit…

Le premier point important avant toute recherche de partenaire en Asie c’est d’être bien conscient de son propre âge car c’est là une donnée à ne pas négliger... et pourtant combien ont tendance à le faire…

Le problème et partant la solution à lui apporter, ne seront en effet pas identiques suivant que vous êtes un jeune diplômé fraîchement émoulu d’une école de commerce et débutant une carrière en expatriation… ou un retraité en situation de célibat ou de post-divorce, venu réchauffer ses vieux os au soleil des tropiques… Pour le jeune plein d’avenir qui débarque en Asie il ne devrait pas y avoir trop de soucis pour rencontrer quelqu’un de même niveau social, intellectuel… et d’un âge voisin du sien que ce soit dans le travail ou dans le réseau relationnel lors des sorties. Je dirai simplement qu’il convient toutefois dans ce type de situation de rester prudent car à vingt cinq ans on n’a pas nécessairement ni le même recul sur la vie que quelqu’un de plus âgé, ni la même expérience des relations féminines, en particulier de la psychologie des partenaires qu’on va rencontrer… L’euphorie de la découverte d’un nouvel environnement géographique et humain, l’attrait nouveau d’un certain charme exotique… sans oublier le déficit affectif découlant de l’éloignement de l’entourage familial et des amis de France, font en effet qu’à cet âge là on est souvent sentimentalement « fragilisé » et qu’on a vite fait de s’attacher…

Pour quelqu’un de plus âgé et dont le cuir a été tanné par les péripéties de la vie, le principal problème sera surtout de ne pas céder de façon exagérée à la tentation de l’esthétique et de la jeunesse… En règle générale, tout célibataire qui débarque en Asie recherche une compagne plus jeune, sachant toutefois que jusqu'à un certain âge, cette dernière fera généralement dix ans de moins que son âge réel. Au risque d’irriter certains lecteurs et en demandant par avance pardon à mes amis mariés a des femmes parfois beaucoup plus jeunes qu’eux et qui sont pleinement heureux,  je vous confierai que j’ai pour habitude de dire de façon humoristique que jusqu'à dix ans d’écart c’est de la gourmandise, entre dix ans et vingt ans c’est de la gloutonnerie et qu’au delà de vingt ans on flirte avec la goinfrerie pour ne pas dire dans certains cas l’inconscience... Pourquoi une telle appréciation aussi dure de ma part même si c’est là bien évidemment un trait d’humour ? Et bien tout simplement parce que j’estime, mais ce n’est que mon point de vue personnel, d’une part que la différence d’age induit des besoins et des possibilités physiques différentes entre les deux conjoints, que la perception des choses de la vie n’est pas la même au sein du couple, que les aspirations à un style de vie donnée peuvent différer considérablement… d’autre part, que cela va entraîner lors du « grand départ », le notre bien évidemment, pas mal de difficultés pour le conjoint survivant. Malheureusement tout le monde n’anticipe pas suffisamment sur ce sujet… D’aucuns me rétorqueront que l’on ne sait pas qui des deux partira le premier et c’est exact, mais si on raisonne en termes statistiques, prendre un conjoint de vingt ans plus jeune revient à accepter le fait qu’il va devoir se débrouiller seul ou presque pendant un quart de siècle… Pour rester sur une note positive tout de même et me faire pardonner par mes camarades, je renvoie à cette citation d’un vieux philosophe de comptoir installé au pays du sourire qui disait sur un forum « Ce qu’il y a de bien en Thaïlande, c’est que la femme avec laquelle je finirai ma vie n’est pas encore née… » . A méditer…

Au delà de ce que je viens d’écrire, il faut aussi se rappeler que la jeunesse en soi n’est pas tout et elle s’accompagne souvent de certaines attentes psychologiques qu’on ne saurait décevoir… sauf à être parfois le dernier des « salauds ». Quand on se marie avec quelqu’un de beaucoup plus jeune qui nous apporte sa fraîcheur et nous permet parfois de reprendre goût à la vie, j’estime qu’il est exclu de lui demander de renoncer au besoin le plus légitime qui soit pour une femme, à savoir le besoin de maternité. Si l’on se sent la disponibilité d’esprit, les ressources physiques… et la capacité financière nécessaires pour assumer pas seulement la venue d’un enfant mais aussi et surtout la gestion de son éducation, de son adolescence et des premières années de sa vie d’adulte… pas de souci, en avant ! Mais pour devenir père à l’âge certains sont grand père, il ne faut pas perdre de vue qu’il faut avoir la santé, beaucoup de patience, accepter l’idée du retour aux couches, aux nuits écourtées et aux biberons… ce qui revient à tirer un trait sur certaines choses qui font le plaisir de la vie une fois arrivé à un certain moment de l’existence comme par exemple les voyages... A chacun toutefois de se positionner par rapport à tout ceci, sachant que même si on retarde l’échéance, il faudra un jour ou l’autre traiter le problème si la future épouse ou compagne n’a encore jamais eu d’enfant…


A suivre...


lundi 9 novembre 2020

La femme " aux colonies "… d’hier à aujourd’hui.


 

La vie des femmes dans ce qui était autrefois les « colonies » est un thème rarement abordé par l’historien ou le sociologue, alors même qu’il est loin d’être sans intérêt. Quelle que soit l’époque, dans un univers toujours dépaysant et parfois hostile, la femme occidentale partant sous les tropiques a été contrainte de s’adapter pour faire face aux aléas de la vie et parfois même… de lutter contre des rivales exotiques dont l’attrait sur les Occidentaux fut et reste encore indéniable…



De la femme « coloniale »...

Autrefois la « femme aux colonies » était épouse de planteur, de négociant, d’administrateur, de militaire… accompagnant son mari vers des horizons, certes exotiques mais souvent malsains, remplis d’imprévus en tous genres et de risques. Pour celles qui allaient vivre en ville, que ce soit à Dakar, à Hanoï, à Nouméa… les difficultés du séjour résidaient surtout dans le fait de devoir évoluer dans un univers clos ressemblant à une prison dorée, de lutter contre l’ennui en attendant le bal annuel du gouverneur et de résister aux inévitables cancans typiques des villes de garnison. Elles découvraient ainsi, pour reprendre les mots du général Némo, que « vivre outre-mer c’est vivre dans une maison de verre ». Pour celles qui partaient « en brousse », il fallait désormais apprendre à vivre dans la rusticité, la solitude, parfois le danger et subir même l’humiliation comme ce fut le cas pour beaucoup d’entre-elles le 9 mars 1945 en Indochine. Pour aider ces femmes à affronter cette vie difficile, Clotilde Chivas-Baron publia en 1929 un manuel d’initiation à la vie coloniale, très instructif, qui s’intitule « La femme aux colonies ». En dépit des recommandations formulées par cette écrivaine bien au fait de la vie « à la colonie », le quotidien ne fut pas toujours facile tant pour les intéressées… que pour leurs maris. Comme nous l’a rappelé Jacques Frémeaux dans « L’Afrique à l’ombre des épées », l’image de la femme sous les tropiques n’était pas toujours élogieuse puisqu’il se disait qu’une femme d’officier colonial « invaliderait de 80 % la valeur de son mari », qu’à quelques exceptions près, « le soleil les rendrait folles, faisant d’elles des dévergondées ou des neurasthéniques » voire même que « la jeune femme d’officier serait une des plaies de l’armée coloniale, l’autre étant l’alcool »… En dépit de cela, la littérature et le cinéma perpétuent cependant le souvenir de femmes courageuses et entreprenantes se dévouant au service des autres et des indigènes, comme par exemple cette femme-planteur hors du commun qu’était madame de la Souchère.


… à la femme « expatriée »…

Cette femme « coloniale » que je viens d’évoquer a aujourd’hui disparu. Elle a désormais cédé la place à celle qu’il convient d’appeler une expatriée et qui tout comme autrefois, soit accompagne son époux, soit de plus en plus choisi d’elle-même de troquer un avenir incertain en France pour partir en célibataire rechercher du travail à l’étranger. Tout comme la femme de colonial du siècle précédent, même si le confort est souvent au rendez-vous dans les grandes villes, sa vie n’est pas pour autant toujours facile et enrichissante. Il semblerait bien qu’en dépit d’internet, de la télé par satellite, des rémunérations confortables, beaucoup connaissent à leur façon nombre de problèmes de leurs aînées… Ainsi, aujourd’hui comme hier, pour celles qui « suivent », il faut apprendre à s’approprier le séjour, à fréquenter un milieu relationnel qu’elles n’ont pas choisi, à résoudre les petits soucis d’approvisionnement, à découvrir une langue et un environnement nouveaux, à vivre souvent en parallèle d’un conjoint submergé de travail… et surtout à faire face à l’inévitable choc culturel... Les échecs coûteux de bien des expatriations professionnelles, parfois suivis même de divorces, sont très souvent à mettre au compte de l’inadaptation d’un conjoint désœuvré ou en perte de repères, à un mode de vie par trop atypique. Faute à la fois d’une aptitude suffisante au départ et d’une bonne préparation intellectuelle, matérielle et surtout psychologique, le séjour peut ainsi parfois se transformer en drame humain et familial. Aujourd’hui plus qu’hier encore, l’expatriation constitue le révélateur de la solidité d’un couple, surtout quand on sait que ce nouveau cadre de vie dissimule bien des tentations…

 

… sans oublier l’omniprésente « rivale exotique ».

Parler de la femme « aux colonies » implique en effet d’évoquer aussi celles qui apportaient jadis aux coloniaux célibataires l’indispensable réconfort, autant affectif que physique, pour faire face à l’éloignement et à l’isolement, parfois au stress des combats… mais qui perturbaient aussi la stabilité conjugale des mariés. Conscient du caractère sensible et inévitable de ces rapprochements et reprenant à son tour sans trop y croire les propos du colonel Le Camus, figure de la coloniale du début du XX° siècle, le colonel Ferrandi, mettait d’ailleurs en garde les jeunes officiers dans son livre « L’officier colonial » en écrivant à leur attention : « Il y a quatre choses dont il faut se méfier en Afrique : l’eau, le soleil, les moustiques et les femmes ». Pour autant, du capitaine Massu en poste dans le Tibesti au Tchad au lieutenant Salan détaché au Laos, sans oublier le capitaine Broche affecté à Tahiti… nombreux sont ceux qui négligeant ces recommandations ont découvert un pays inconnu, un mode de vie original, une culture nouvelle… en grande partie grâce à ces compagnes exotiques qu’ils avaient prises pour la durée du séjour, compagnes ensuite léguées à leur successeur. Ces unions restaient généralement sans lendemain, car même s’il y avait parfois l’arrivée d’un enfant comme ce fut le cas pour le général Salan, un mariage civil n’intervenait que très rarement du fait de la pression sociale et des différences culturelles jugées alors insurmontables… Aujourd’hui, tout comme à l’époque des Lartéguy et des Bodard, ainsi que le montre Frédéric Amat dans son livre « La drôle de vie des expatriés français au Cambodge », la fascination de la « femme exotique » reste forte chez beaucoup de ceux qui ont décidé de partir « voir au-delà de l’horizon ». Même si les « congaï » vietnamiennes sont désormais remplacées par les « maids » philippines, voire les « bars girls » cambodgiennes ou thaïlandaises, et si les « taxi-girls » chinoises hautaines d’autrefois ont cédé la place aux « sarong party girls » singapouriennes, les unes et les autres évoluant aux deux extrémités de l’échelle sociale, l’Asie illustre à cet égard particulièrement bien la pérennité du mythe de la femme exotique.



A une époque où ce ne sont plus les amibes ou les épidémies qu’elle doit redouter, mais bien plutôt les effets du démon de midi, le devenir d’une Européenne sous les tropiques reste donc parfois aussi incertain que celui de ses aînées…



Illustration :  @ 


dimanche 8 novembre 2020

Le mythe de la « poupée asiatique » : entre fantasmes et réalité…




Se marier avec un étranger a ceci de bien que cela oblige à devenir particulièrement attentive aux clichés culturels dont on vous affuble avec votre conjoint dans vos nouveaux pays d’accueil respectifs... En tant que « femme asiatique », si tant est qu’on puisse parler de « femme asiatique » en raison de l’extrême diversité du continent et du caractère pluriel des femmes qui y vivent, j’ai ainsi constaté à de multiples reprises que je me trouvais au cœur d’un certain nombre de préjugés et de stéréotypes souvent agaçants… Irritée par certains propos entendus autour de moi dans les soirées ou les dîners, propos souvent accompagnés d’œillades plus ou moins discrètes dont le sens général est « Elle fait bien jeune… Mais où se sont-il rencontrés… », j’ai donc décidé d’écrire avec l’aide de mon mari un article rectificatif destiné à mettre en garde contre ces clichés. Pour me limiter aux plus courants de ces derniers, il semblerait que la « femme asiatique » soit généralement perçue tout à la fois comme un être docile et soumis à son époux, une miniature de luxe sophistiquée et hautaine, une briseuse de ménage, une créature vénale prête à se vendre au plus offrant quel que soit son physique et son age et pour parachever ce portrait peu flatteur, comme le pion avancé d’une inévitable famille nombreuse que tout époux occidental digne de ce nom se doit de secourir et d’assister… Mais qu’en est il au juste à propos de ces idées reçues ?

 

Sommes nous toutes réellement des « êtres dociles et soumis » à nos époux ?

Penser cela c’est méconnaître singulièrement l’histoire de notre civilisation… Quelle que soit notre nationalité, nous vivons depuis des générations dans un univers patriarcal où depuis près de quatre mille ans, pour vivre, voire simplement survivre, il nous a fallu apprendre à privilégier la diplomatie et la douceur par rapport à la force… Le souvenir de nos grand-mères, coréennes transformées en « femmes de confort » pendant la guerre, ou chinoises dont les pieds étaient mutilés au nom de critères esthétiques, est encore très vivace dans nos mémoires. Pour celles qui échappaient à l’infanticide, le mariage signifiait en outre le passage du joug d’un père ayant droit de vie et de mort sur elles à la férule d’une belle-mère dont elles deviendraient l’esclave… En Asie, bien souvent sous la docilité féminine se dissimule en fait un être ayant appris à jouer au mieux de ses intérêts d’un rapport permanent du faible au fort, rapport né dans les rizières et qui se perpétue aujourd’hui dans les usines, les comités de direction ou les salons commerciaux… S’il n’exclut pas le respect légitime dû au père ou à l’époux, accepté souvent plus âgé dans un but sécuritaire, ce pragmatisme souriant et onctueux qui nous anime fait de nous « une main de fer dans un gant de velours »…

 

Sommes nous vraiment des « poupées de luxe sophistiquées et hautaines » ?

Désolée de décevoir les nostalgiques de l’époque des concessions et du Bund de Shanghai mais contrairement à Maggie Cheung, l’héroïne du film « In the mood for love », nous ne passons pas nos journées en Cheongsam fendu, juchées sur des tabourets et nous n’avons pas toutes hélas la beauté naturelle et la classe d’une Shu Qi ou d’une Zhang Ziyi… Même si notre morphologie de « petit gabarit » et notre exotisme peuvent parfois donner à penser à tort que le temps n’a pas de prise sur nous, sans pour autant aller nécessairement jusqu’aux extrémités chirurgicales des vedettes siliconées de la K-pop coréenne, comme toutes les femmes nous sommes contraintes à quelques efforts de relooking… En fait, si nous sommes autant attentives à notre allure physique et vestimentaire, c’est que quel que soit notre pays nous appartenons toutes à une société où les apparences et l’image sont essentielles. Plus que partout ailleurs, c’est en effet par le regard des autres que nous nous positionnons sur l’échelle sociale et honorons en retour par la face, nos familles pour l’éducation reçue, nos époux pour les conditions de vie qu’ils nous procurent…. La couleur blanche de notre peau, le port de vêtements élégants et l’utilisation de produits de marque (ou de leurs copies) ne sont donc nullement une attitude de snobisme ou de fierté exacerbée, mais la manifestation de l’identité sociale que nous revendiquons tant au travail que dans notre vie de couple. Ces symboles de luxe dont nous sommes si friandes, ces cadeaux que nous affichons souvent avec ostentation, notamment sur les réseaux sociaux, ne sont donc que le témoignage public de la place que nous occupons et de l’affection qu’on nous porte.

 

Sommes nous toutes des « briseuses de ménage » ?

Je comprends bien qu’avec la jeune et souriante maid philipne employée à la maison ou la diplômée shanghaienne affectée comme assistante de leur mari, court vêtue et sexy en diable sur ses interminables escarpins, beaucoup de femmes d’expatriés puissent hésiter en période de vacances à revenir en France avec les enfants en laissant « monsieur » tout seul pendant deux mois… mais n’exagérons tout de même pas… Dites vous que même les « Sarong party girls » singapouriennes, pourtant fortement redoutées dans la « ville du lion », préfèrent traquer le fringant « golden boy » célibataire, plutôt que le « quadra » bedonnant chargé de famille… En fait, plutôt que de nous incriminer systématiquement en cas de « catastrophe conjugale », beaucoup de femmes pioccidentales feraient donc mieux souvent de se poser la question de la solidité de leur couple avant le départ en expatriation…

 

Sommes nous toutes réellement des « créatures intrigantes et vénales » ?

Même si en Asie le mariage a encore une finalité sociale très forte, les mariages d’amour progressent incontestablement par rapport aux mariages arrangés ou fondés sur des critères financiers, gage de sécurité… Il suffit d’ailleurs de regarder (au second degré) la place occupée par les intrigues amoureuses dans les innombrables séries télévisées pour s’en convaincre… Si vous aimez la lecture, oubliez donc le personnage de Maï, cette taxi girl chinoise, héroïne machiavélique du « Grand monde » de Guy des Cars qui aurait aussi pu inspirer Lucien Bodard… Si vous êtes un cinéphile averti, n’imaginez pas que votre interprète chinoise, mère célibataire ou divorcée, est nécessairement la réincarnation de Suzi Wong, cette entraîneuse un brin affabulatrice du Hong Kong des années cinquante… Enfin, si vous n’êtes qu’un noctambule effréné, abandonnez un peu les reportages télé à sensation de Bernard de la Villardière et les romans de Michel Houellebecq qui pourraient donner à penser qu’en dehors des quartiers chauds, nos villes asiatiques n’offrent aucun intérêt et que toute femme aux yeux bridés est une « fille facile » prête à se vendre au plus offrant...

 

Sommes nous toutes inévitablement la « représentante d’une multitude familiale » ?

Reste enfin le mythe de la famille chinoise « élargie »… Force est de constater que bien qu’en évolution, le fonctionnement de nos sociétés est encore largement communautariste ce qui nous soumet nous autres femmes à une pression morale que nous ne pouvons ignorer. Sachez qu’une vision trop nucléaire de la famille et le rejet de ces liens de solidarité nés du sang nous exposent à une accusation infamante d’égoïsme et d’irrespect vis à vis des anciens, des proches… S’il convient de relativiser l’importance de la contribution financière imposée par ces liens familiaux, il n’en reste pas moins que dans un couple multiculturel nos époux doivent comprendre cette obligation morale de soutien qui est la notre et dont nous ne pouvons nous affranchir sous peine de perdre la face et de la faire perdre à nos parents directs… Bien comprendre cela est d’ailleurs sans doute l’une des clés essentielles de réussite d’un mariage entre une Asiatique et un « long nez »…


Pour conclure, je dirai qu’il est donc grand temps de nuancer les idées reçues concernant les « femmes asiatiques » et les mises en garde proférées à leur égard… Ces préjugés et ces stéréotypes véhiculés par la littérature, le cinéma, la télévision, voire une observation superficielle de la société locale, s’avèrent en effet parfois très lourds à porter. Outre le fait qu’ils faussent le jugement des personnes que nous rencontrons, exacerbent les susceptibilités et génèrent des tensions inutiles, ils peuvent en effet à la longue perturber profondément autant l’équilibre conjugal d’un couple multiculturel que son intégration dans la société occidentale locale...


Nota : cet article écrit à quatre mains avec mon épouse a déjà été publié sur le site du cabinet de consultants en management interculturel " Regards interculturels " :  https://regards-interculturels.fr/2017/10/le-mythe-de-la-poupee-asiatique/

                                       



vendredi 6 novembre 2020

Au “¨Pays du sourire”... en matière vestimentaire, les goûts et les couleurs ne se discutent pas toujours...

 




             Ceux qui suivent l’actualité de la zone Asie-Pacifique savent qu’on célèbre ces jours ci le quatrième anniversaire de la disparition du roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej, décédé le 13 octobre 2016 au terme de plus de soixante-dix ans de règne, sa mort ayant plongé ce pays de 68 millions d’habitants gouverné par une junte militaire dans le plus grand désarroi. Quatre ans plus tard, à l’occasion de cet anniversaire, on peut revenir brièvement sur la façon dont cette période de deuil a été vécue en Thaïlande car elle fut particulièrement révélatrice de certaines tendances lourdes de la société… mais aussi de certaines aspirations…


Tout au long de sa vie, ce souverain qui exerçait une forte autorité morale sur ses sujets et qui était pratiquement considéré comme un demi-dieu, a fait l’objet d’un véritable culte de la part de la quasi-totalité des Thaïlandais au point qu’un deuil national d’une année a été décrété. Afin que chacun puisse témoigner son respect pour un monarque qui avait été très apprécié tout au long de sa vie par son comportement personnel, ses valeurs et son action en faveur du peuple, le pouvoir en place avait alors recommandé à chacun de se vêtir en noir pendant un mois. Pour comprendre les raisons de cette ferveur et la signification de la disparition du roi, il faut conserver à l’esprit le fait qu’en Thaïlande, comme ce fut le cas dans de nombreux pays tout au long de l’histoire, le monarque est traditionnellement considéré comme un personnage extra-ordinaire. Outre son rôle de garant de la cohésion nationale, dans les mentalités bouddhistes, cette position intermédiaire du souverain entre les humains et les divinités en fait par sa présence le garant de l’harmonie entre les éléments et de la prospérité pour le pays...

Me trouvant lors de l’annonce du décès en voyage à Singapour avec mon épouse Thaïlandaise, cette dernière après avoir publié ce jour là sur Facebook des photos de notre séjour, fut surprise de se voir reprocher par une de ses relations son manque de respect pour le roi. Le motif de cette remarque était qu’elle arborait sur ses photos un vêtement de couleur vive au lieu du noir… et qu’elle n’avait pas ensuite supprimé ces photos, une fois annoncée la mort du roi… En dépit de son acculturation réelle à la France où nous vivons une partie de l’année, mon épouse s’est alors empressée de s’excuser auprès de son contact avant de rectifier immédiatement son « affichage vestimentaire » pour les jours que nous avions encore à passer à Singapour… rentrant ainsi rapidement dans le rang… 

Par la suite, lors de notre retour en Thaïlande nous avons pu assister au cours des jours suivants au « spectacle » de personnes éplorées, vêtues de noir, parfois nuancé de blanc, se pressant en masse sur le passage du cortège royal puis stationnant aux abords du Palais royal pour rendre hommage au défunt en se lamentant publiquement… C’était là, chose exceptionnelle dans un pays où l’on masque toujours ses sentiments et ses états d’âme derrière un sourire de composition, ceci quelles que soient les circonstances... Certains s’en souviennent sans doute encore, en dépit de cette ferveur populaire, de nombreux incidents ont éclaté les jours suivants dans plusieurs villes où des personnes qui n’affichaient pas publiquement leur deuil ou avaient tenu des propos jugés irrévérencieux, voire qui s’étaient montrées simplement insuffisamment « affligées », étaient prises à partie et même physiquement agressées… Certains journalistes ont alors parlé de « chasse aux sorcières », de quasi « hystérie » collective... Ces incidents qui n’étaient absolument pas imputables à des menées d’éventuels ultra-royalistes, même si la junte au pouvoir avait donné comme consigne de « sanctionner socialement » ceux qui critiqueraient la monarchie, c’était du jamais vu dans un pays qui passe, en dépit d’une loi sur la lèse-majesté particulièrement sévère, pour être l’un des plus tolérants au monde...

 

Si plusieurs lectures de ces événements sont possibles, selon qu’on les aborde sous l’angle de la Politique, de l’Histoire, de la Sociologie, de la Religion… en restant dans le domaine de l’analyse interculturelle, je ferai trois observations…

 

En premier lieu, je dirais que dans ces sociétés asiatiques dites « de la honte », bien plus qu’en Occident où pourtant l’importance des apparences est de plus en plus grandissante, il est mal vu, voire inacceptable de se singulariser par rapport à ses pairs sous peine d’être mis à l’index. Il y a en effet chez la grande majorité des individus une grande fragilité face au regard et à l’opinion des autres et sous peine de perdre la face personne ne veut se faire remarquer de façon négative. En Thaïlande, parmi les critiques les plus infamantes qui soient et auxquelles personne ne veut s’exposer, il y a ainsi notamment les accusation de pingrerie, de malpropreté corporelle ou vestimentaire, de non respect du devoir d’assistance familiale, de comportement sans gêne vis à vis des autres, de manque de considération à l’égard des gens plus âgés, plus doctes... et bien entendu d’irrespect pour le souverain et sa famille... Ceci est en fait très révélateur du degré réel d’ouverture de cette société qu’on présente pourtant comme très tolérante, en témoigne par exemple la reconnaissance (quasi) officielle de l’existence d’un “troisième sexe”... Cette crainte vis à vis du jugement d’autrui a toutefois des effets pervers non négligeables car elle aboutit par exemple à limiter considérablement l’initiative dans le travail ou l’expression individuelle en matière de vie politique et sociale… Comme j’aime à le dire souvent, “pour vivre heureux en Asie, il faut vivre cachés au sein de son milieu”… du moins si l’on n’a rien d’exceptionnel à afficher comme par exemple des signes extérieurs de réussite sociale permettant de « se donner de la face ».

 

Ces incidents montrent par ailleurs qu’en matière d’orientation sociale, en dépit d’un apparent individualisme qui nous choque parfois, comme par exemple la non assistance aux blessés qu’on observe souvent dans la rue lors d’un accident ou cette indifférence aux autres lorsqu’on ne les connait pas, et malgré l’inévitable évolution des modes de vie et de consommation, les sociétés asiatiques continuent d’obéir encore et toujours à un fonctionnement communautariste. Bien que la taille de cette communauté soit toutefois variable suivant les circonstances, les individus réagissent beaucoup plus qu’en Occident en fonction de leur endo-groupe. Les liens unissant les personnes à cet endo-groupe sont en fait le plus souvent familiaux ou relationnels, parfois professionnels... exceptionnellement nationaux comme dans le cas présent, ceci indépendamment des divisions sociales et politiques. Quand on vit en Asie, si l’on ne veut pas faire d’erreur d’appréciation ou commettre d’impair tant dans le travail que dans la vie privée, il est donc essentiel de bien identifier « l’entité d’appartenance » de notre interlocuteur car les spécificités ou intérêts de cette dernière conditionneront souvent en partie la sensibilité et les réactions de l’intéressé...

 

Enfin, dernier point, s’agissant des modes de communication, dans une société où il est de coutume de ne pas extérioriser en public ses sentiments et ses affects, force est donc de constater, d’une part qu’il peut exister des espaces ou des moments d’exception, d’autre part que l’apparence vestimentaire et corporelle participe de l’expression individuelle, plus encore qu’en Occident. L’importance démesurée par rapport à nos pays de l’apparence physique s’explique par le fait qu’il s’agit la en effet d’une forme de langage à part entière. Dans une culture où le non dit et le silence sont au moins aussi si ce n’est plus importants que les mots, au delà du respect légitime dû à un défunt qui avait fait la quasi unanimité au sein de la population, ne pas s’habiller de noir revenait plus ou moins à prendre partie politiquement parlant et à remettre en cause un des fondements de la société... chose inacceptable pour beaucoup.

 

Pour autant, en dépit de cette chape de conformisme social et… vestimentaire... qui s’est abattue sur la société, nombre de Thaïlandaises ont rapidement réagi, affichant par la même un certain souci d’indépendance et d’émancipation vis-à-vis de l’ordre social établi… Appliquant certes les consignes de la junte en s’arrachant sur Bangkok des robes noires, parfois vendues à prix d’or, nombre d’entre elles se sont alors efforcées de démontrer que deuil et besoin de séduction n’étaient apparemment pas incompatibles... et que quelle que soit la gravité du moment, ce n’était pas là une raison suffisante pour s’habiller comme des épouvantails… Très rapidement, le look particulièrement « sexy » de certaines jeunes femmes, qui évoquait plus une soirée de réveillon qu’un deuil national, a donc finalement contraint les pouvoirs publics à définir officiellement des standards de longueur et de style de vêtement pour mettre un terme à la « fantaisie » de certaines… fantaisie pourtant bien agréable à regarder. Si ces événements conduisent à s’interroger légitimement quant aux parts respectives du conformisme social et du souci d’élégance en Asie, force est de constater qu’ils nous interpellent aussi concernant l’évolution des mentalités et le ressenti du devenir de l’organisation sociale et politique du pays… sujet sensible s’il en est.

 

Faute de pouvoir se prononcer sur l’avenir de la société et au vu de l’interprétation qui en a été faite de la notion de vêtement de deuil, ceci malgré la désapprobation de certains esprits rigides, on se contentera simplement de se dire que la « petite robe noire » a donc encore de beaux jours devant elle en Thaïlande… ceci pour notre plus grand plaisir des yeux bien évidemment…


lundi 2 novembre 2020

Bienvenue sur Sanuk...


Bonjour à toutes et à tous, puisque vous venez de vous prendre les pieds dans la toile et êtes venus buter sur mon blog, soyez donc les bienvenus !

Avant de vous inviter à suivre mes élucubrations extrême-orientales quelques explications sur "le pourquoi" de ce blog... que j'avais ouvert il y a déjà pas mal d’années et que j'ai repris depuis peu en le dépoussiérant car il était en sommeil depuis longtemps.

Bref retour en arrière...
Ayant décidé voici une dizaine d'années déjà de prendre mon sac et d'aller le poser quelque part en Asie du Sud-Est après avoir fait un RESET complet autant personnel que professionnel comme beaucoup, j'ai choisi la Thaïlande comme point de chute... Pourquoi la Thaïlande ?  Et bien s'il faut en croire certains reportages ou articles de journaux... parce que c'était là un "pays béni des Dieux" au regard du coût de la vie... notamment pour les coloniaux retraités en quête d'exotisme, ayant envie de continuer à voir du pays... et pourchasses par une fiscalité grandissante à l'égard des non nécessiteux...

Mais le problème de la retraite, c'est qu'il faut s'occuper un brin... et entre "rizières et rizières" on a vite fait dans la journée de "s'emmerder comme un rat mort"... et même si on a Internet et la Tv par satellite, même s'il y a des  plages et des "resorts" accueillants... tout ceci ne suffit pas toujours.
Pour s'occuper au quotidien il y a bien entendu le sport mais quand on s'est cogné à partir de 18 heures par 35° de température et 80 % d'hygrométrie ses 8 kilomètres de jogging dans la solitude de la campagne et sous le regard parfois narquois de la population locale, en scrutant les fourrés pour débusquer les cobras en avance sur l'heure d'ouverture de la chasse... dans ce domaine là on a vite fait le tour de la question... 

Comme beaucoup d'expatriés retraités qui "se les roulent du matin au soir" entre deux bières fraîches et une consultation du cours cataclysmique de l'euro par rapport au baht, j'ai donc fini par me décider à ouvrir un blog afin de trouver un dérivatif... 
En fait pour être franc, c’était ça ou un bar… mais une reconversion à mon âge dans la limonade, comme aurait dit Audiard, ce n'était pas très raisonnable... En plus ça aurait rapidement jasé dans les chaumières du côté de mes proches et de mes relations, vu qu'en Asie, entre tôlier d'un débit de boisson ouvert tard la nuit et "papa san" (version masculine de la mama san) la différence tient croyez moi sur parole à peu de choses... Déjà que certain(es) s'inquiétaient pour ma santé mentale et morale étant donné que je partais pour un pays qui "sent le souffre"... si en plus c’était pour aller déboucher des canettes... et puis quoi encore ????  

Ce qui est certain aussi c'est qu'outre le fait que l’écriture d’un blog m’obligerait à soigner mon français, l'un des avantages de cette option serait également de retarder d'autant mes rendez-vous avec ces bières locales que vous payez à prix d'or en France dans les restaurants asiatiques mais qui à la longue auraient eu un effet corrosif sur mon foie... sans parler de tous ces alcools de riz qui relèguent l’absinthe de nos grands pères au rang de tisane...


Ça c'est le début de la fin...

Comme pas mal de créneaux étaient déjà pris, j'ai longtemps hésité avant de choisir le style humoristique pour m'exprimer au plan épistolaire afin de vous parler de ce pays, que l'on dit « du Sourire »... A vrai dire, je n'ai pas vraiment eu trop le choix...

Le stand "Photos" était déjà occupé par pas mal de "velus" qui maîtrisent bien mieux que moi la technique numérique... et qui à longueur de journée mitraillent sous tous les angles et avec toutes les ouvertures de focale possibles l'exotisme local...

La rubrique "Observation de la vie rurale" était depuis longtemps aux mains de certains retraités installés dans cette province limitrophe du Cambodge, un brin oubliée de Bouddha et que l'on nomme l'Issan, chacun d'entre eux par ses connaissances pouvant aisément devenir un correspondant local de « Chasse, pêche et traditions »... En plus, moi la croissance du riz ou la cueillette des cocos ce n'était pas trop mon truc...

La chronique « Divertissement nocturnes » en tous genres, qui fait toujours recette en termes de lecteurs, aurait exigé de ma part une présence terrain dans des lieux de perdition qui ne m'est plus autorisée... sous peine de m'exposer à quelques tracas d'ordre domestique et que je dois laisser la mort dans l'âme aux "oiseaux de nuit" noctambules et surtout célibataires...

Difficile aussi de rivaliser avec ces blogueurs qui apparemment se dopent au vinaigre si j'en crois les « Coups de sang, coups de gueule » qu'ils donnent pour un oui ou un non sur la toile en particulier en période électorale ou avec ces professionnels des posts écrits sur le thème du « De tout en vrac »...

Question "Vie pratique", après l'invention des pages jaunes et l'ouverture de tous ces blocs dédiés à la cuisine asiatique, il ne restait pas non plus grand chose à faire...

Même la rubrique culturelle type « Contes et Légendes du monde thaï et khmer » était déjà couverte par d'anciens profs d'histoire en rupture de banc... C'est vous dire que mon choix était limité...

Amateur d'humour anglais, les ouvrages de Peter Mayle étant mes livres de chevet, pratiquant depuis longtemps la dérision, ce qui m'a parfois valu quelques ennuis, et surtout l'auto dérision, j'ai donc choisi d'essayer à défaut de vous faire rire, de vous amuser au fil du temps et de mon inspiration en vous montrant la vie d'un "jeune" retraité en Asie sous un autre jour, disons plus amusant et surtout absolument pas sérieux… voire parfois un peu déjanté. 

Ce souci de vous distraire ne m’empêchera pas cependant de publier aussi, en marge des articles relevant du libellé "Humour", un certain nombre de billets sérieux, voire très sérieux même, relatifs à l’intégration dans une société culturellement très différente de celle de nos pays d'origine... Pour ce faire, outre mon expérience personnelle acquise dans mon précédent métier au cours de mes pérégrinations tropicales, je m'appuierai d'une part sur les chroniques que je publiais dans le temps dans la revue Gavroche (version papier), d'autre part sur les cours de management interculturel et de gestion de l'expatriation que je dispensais à temps perdu en école de commerce... pour payer mes billets d'avion...

Le lecteur pourra donc s'il le désire, en choisissant lui même un des libellés proposés (Humour, Interculturel, Expatriation....) consulter seulement les articles relevant de ses centres d’intérêt.

Une chose est certaine, je n'ai certes pas le talent de Peter Mayle, digne successeur de Jérôme K. Jérôme (le maître de l'humour anglais) mais si, comme le vieux de la photo ci-dessous vous en arrivez à sourire, voire à vous marrer en me lisant, alors tant mieux... C'est que vous serez passés du côté sanuk (= amusant en thaï) du miroir... 


NB : suite a une utilisation "inélégante" par l'administrateur d'un site dédié a la Thaïlande qui a défaut d’écrire se contente de piller les écrits des autres en copiant parfois le texte et en le publiant sans même en citer l'origine, j'ai mis en sommeil pour un temps ce blog. A la demande de certains lecteurs je le re-ouvre donc en espérant que chacun jouera désormais le jeu... Je ne suis pas un ayatollah du copyright et j'estime que ces billets sont faits pour être lus et échangés mais pour autant j'attends un minimum de correction de la part de certains...

Bonne lecture...

Bienvenue sur Sanuk...

Bonjour à toutes et à tous, puisque vous venez de vous prendre les pieds dans la toile et êtes venus buter sur mon blog, soyez donc les bien...