mardi 1 décembre 2020

Le paradis et l’enfer en Europe… et ailleurs...

 



                 « Heureux comme Dieu en France » dit un proverbe allemand bien connu… Pourtant, à en croire certains « Philosophes de comptoir » qui s’expriment sur les réseaux sociaux, l’hexagone ne serait apparemment pas ce paradis qui a justifié les nombreuses « visites musclées » que nos amis d’outre-Rhin nous ont rendues tout au long des siècles passés… La meilleure des preuves en est que de plus en plus de retraités songent à déserter ce soi disant "pays de cocagne" pour rejoindre des contrées plus accueillantes afin d'y vivre sans souci le reste de leurs jours...  A l'usage donc de ceux qui n'ont pas encore franchi le pas mais qui n'envisagent pas pour autant une expatriation en dehors de l'espace Schengen et afin de les aider à déterminer le pays où il fait le mieux « bon vivre »... et partant celui qu’il faut éviter, voici un petit article humoristique... 

Pour mener à bien cette démarche, inutile disent nos « experts » de s’encombrer la tête avec les grandes théories bien connues des professionnels du management interculturel : les quatre critères pertinents pour dissocier en Europe le paradis de l’enfer seraient en effet selon eux, l’action de la police, l’art culinaire, la mécanique auto, l’organisation du travail et… l’art d’aimer. Il n’y a pas à chercher plus loin…  

Voyons donc ce qu’il en est à propos de ces clichés… avant de situer tout de même la Thaïlande par rapport à ces pays qu'il convient d’éviter ou pas...

 

 

1 - Le paradis ce serait là où la police est britannique et l’enfer... là où elle est allemande…

Si l’on fait le tour des polices européennes, il semblerait effectivement que le « Bobby » britannique véhicule une image d’éducation et de politesse inégalable… Outre le fait qu’il pousse la courtoisie jusqu’à ne pas être armé, sans doute pour ne pas effrayer ses concitoyens, chacun sait en outre qu’il ne lui viendrait pas à l’esprit de venir sonner chez vous à des heures indues pour un contrôle d’identité ou une perquisition. Ce privilège de pouvoir « déranger » les gens avant sept heures du matin ne saurait être toléré, si l’on en croît Churchill, que pour le laitier londonien et… pour les « voyous » de la Gestapo dont l’impolitesse notoire due à un manque flagrant d’éducation expliquerait sans doute l’image défavorable véhiculée encore aujourd'hui par la police d’outre-Rhin. Même si le souriant inspecteur Derrick nous offre désormais une image conviviale des policiers allemands, il semblerait bien qu’en France le souvenir de ceux de ses prédécesseurs qui œuvraient pendant la période 1940 - 1945 ou en Europe de l’Est des VOPO qui sévissaient le long du mur de Berlin soit apparemment encore présent dans les mémoires… 

 

2 - Le paradis ce serait là où les mécaniciens sont allemands et l’enfer... là où ils sont français…

Visiblement le souvenir de la 2 Cv Citroën qui a transporté des générations de Français moyens (avec ou sans un cageot d’œufs) ou de la 404 Peugeot qui a parcouru toutes les pistes d’Afrique et du Maghreb semble aujourd’hui se dissiper par rapport au prestige croissant des BMW et des Benz, comme on dit en Asie… sans oublier bien évidemment le combi Volkswagen qui après avoir convoyé les amateurs « d’herbes aromatiques » des années 60-70 sur les chemins de Katmandou revient aujourd’hui en force dans une livrée écolo… Si j’étais Carlos Ghosn, entre deux soucis d'ordre judiciaire..., après tous ces efforts faits pour remonter Renault, une telle conception du paradis automobile m’agacerait quand même un brin…  Ce qui est certain c'est qu'il est difficile de faire oublier aux gens que la « voiture du peuple » a traversé en son temps l’Europe dans les deux sens... le voyage retour ayant été assurément plus apprécié par les populations locales que l'aller…, et ceci sans nécessiter le recours aux réparations du système D français… preuve indéniable de sa robustesse et de sa fiabilité.

 

3 - Le paradis ce serait là où les cuisiniers sont français et l’enfer... là où ils sont britanniques…

En matière culinaire, inutile de développer… Si le bon Dieu a localisé le fois gras et toutes ces variétés de fromage en France… mais la panse de brebis farcie ainsi que la viande bouillie outre-Manche, c’est bien pour que les choses soient parfaitement claires… Voyons, si la France n’était pas le pays de la gastronomie pourquoi voudriez vous qu’un marchand de pneumatiques donne dans les guides culinaires ?... Avez-vous déjà entendu parler d’un guide gastronomique Dunlop ou Firestone ? Moi pas... D’ailleurs, si Peter Mayle, ce transfuge britannique qui a émigré vers le Luberon pour des raisons essentiellement gustatives, a intitulé son best-seller « Une année en Provence » et pas « Une année au Pays de Galles », c’est bien pour une raison, non ?… Ceux qui en douteraient encore n’ont donc qu’à se plonger dans ce livre et ils comprendront… en salivant... ou à défaut à regarder "La cuisine des mousquetaires " de l'inénarrable Maïte, la "serial killer" qui assassine en un tour de main les canards et les poulets pour notre plus grand plaisir, maîtresse femme encore plus redoutée dans les basse-cours que le "colonel" Sanders, lui même, le fondateur de Kfc...

 

4 - Le paradis ce serait là où les amants sont italiens et l’enfer... là où ils sont suisses…

Dans le domaine de l’amour, pour « être bien vu » de sa partenaire, il semblerait pour reprendre le langage des spécialistes en management interculturel qu’il faille avoir une conception du temps à la fois cyclique et polychronique, en d’autres termes qu’il faille savoir vivre dans l’instant présent en oubliant planning et horloge, tout en étant capable de mener plusieurs actions à la fois… et sans oublier de privilégier bien évidemment la personne par rapport à la « tâche »… A ma connaissance, un seul pays est effectivement capable de produire des individus présentant toutes ces aptitudes et c’est précisément l’Italie, qui nous a donnés « L’art d’aimer » d’Ovide et le « latin lover » par excellence, j’ai nommé Rudolf Valentino… Nous autres Français qui jalousons toujours quelque peu les Italiens, nous nous doutions quand même un peu de leur supériorité sur ce plan là, n'est-ce-pas ?... Mais au lieu de râler de notre seconde position, plaignions donc plutôt nos amis helvètes qui eux ne sauront jamais à côté de quoi ils passent en gardant en toutes circonstances un œil sur leur chronomètre de précision et l’autre sur leur portefeuille… encore qu’on puisse les comprendre un peu s’ils sont en compagnie d'une personne de « mauvaise vie » comme disent les âmes prudes... Quand aux Allemands et aux Anglo-saxons, sans être suspectés de « stakhanovisme » comme les Suisses, inutile de dire que leur conception monochronique du temps et leur culture du résultat les mettent définitivement hors jeu dans ce domaine là… petite satisfaction pour nous après mai 40 ou Waterloo...

 

5 - Le paradis ce serait enfin là où les choses sont organisées par des Suisses et l’enfer... là où ce sont des Italiens qui s’en chargent…

Evidemment, quand on est un homme, il vient un moment où il faut quitter la chambre à coucher conjugale (ou de passage…) pour aller gagner sa vie en œuvrant dans l’ordre et la bonne humeur… et c’est là que sonne la revanche des Suisses dont le sens pratique, le culte du secret et l’organisation dans le travail ridiculisent depuis des générations ces Italiens fantaisistes, beaux parleurs et peu fiables… Et oui, si vous ne saviez pas pourquoi la papauté préfère depuis cinq siècles confier sa sécurité à des gardes recrutés dans les cantons suisses plutôt qu’à des Sardes ou des Piémontais et bien vous avez la réponse maintenant… Certes, le Saint-Père aurait bien entendu pu recourir aux Calabrais et aux Siciliens, « Italiens un peu à part » comme chacun sait et qui en matière de maniement d’armes passent pour être assez « habiles », mais c’était là une question d’image, car pour garder le Vatican, les Suisses présentaient mieux, reconnaissons-le… et ceci pas uniquement pour une question de taille ou de foi religieuse…

 

6 - Et la Thaïlande dans tout cela, où se situe t-elle…

Si ce classement laissera sans doute quelque peu indifférent tous ceux qui ont décidé d'aller vivre un jour quelque part à "l'Est de Suez", pour parler comme les Britanniques, il peut quand même s’avérer intéressant de voir où se se situe la Thaïlande par rapport à tout ça... ne serait ce que pour mieux en apprécier les conditions de vie locales...

Si pour commencer on se penche sur l'image des gardiens de l'ordre public du "pays du sourire", force est de constater qu'en règle générale ce sont des gens ouverts au dialogue et à la "conciliation"... enfin surtout à l'approche de l'heure des repas quand ils commencent à avoir la dalle, ce qui les pousse à s'agiter fébrilement et à scruter la rue à la recherche d'un éventuel contrevenant... Question look, si le "bobby" londonien en plus d’être aimable fait très classe avec son chapeau noir, il n'en reste pas moins qu'il peut toujours s'accrocher par rapport à nos archers locaux au sourire mécanorivé et au costard littéralement taillé sur la peau. Je crois qu'exception faite du flic des Village people, il est difficile de faire plus moulant que ça comme fringues... et plus sexy parait-il aux dires des dames retraitées farangs... Mais oui, il en existe dans ce pays...

En matière de mécanique auto, au vu de ce qui roule sur certaines routes thaïlandaises... mais qui échappe visiblement à la détection visuelle de notre ami en uniforme...  mon sentiment est que les mécanos allemands peuvent se rhabiller pour la longévité et la robustesse des véhicules... Quant à MacGyver, question démerde et savoir-faire, en comparaison de ce que peut faire un garagiste de trottoir local avec un marteau, un bout de fil de fer et une tenaille... le mieux qu'il ait à faire pour ne pas se ridiculiser, c'est de retourner jouer dans sa chambre avec sa panoplie du parfait petit bricoleur...

S'agissant de l'art culinaire, avant de vous ruer sur les petits plats de Maïte, je tiens à vous rappeler que la cuisine thaïlandaise passe pour être l'une des plus succulentes et des plus saines qui soit... La meilleure des preuves en est qu'elle vous permet de perdre des kilos plus rapidement qu'en ingurgitant les recettes que cette plaie de Bernard Canetti, le fondateur de "Comme j'aime", s’évertuait à nous vanter sur les chaines télévisées françaises à l'heure  les sexto, septua, octo et nonogeneres français passaient à table dans les maisons de retraite... J'emploie délibérement l'imparfait, car force est de constater que le bougre est moins présent depuis un certain temps sur le petit écran... sans doute en raison d'une disparition récente et non prévue dans son business plan d'une partie de son "fan club"... pour cause de pandémie. Soucieux moi aussi d'entretenir mon audimat, je ne développerai pas plus avant ce thème que j'aurai l'occasion d'aborder un jour prochain en vous parlant de la street food... et de son inimitable goût, issu d'une association harmonieuse de plomb et de pesticides sur ses productions... 

En ce qui concerne l'amour... avec un petit a... je crois qu'il est inutile de faire un dessin sur les avantages procurés par une migration au-delà des frontières de l'espace Schengen, en direction de l'Est... Dans ce domaine et au vu des possibilités offertes, incontestablement la Thaïlande relègue l'Italie au rang de désert sexuel. Non seulement il y en a pour tous les goûts vous diraient certains journaleux, écrivains ou critiques littéraires... un brin ambigus et équivoques... mais en plus on y a créé une troisième option pour ceux qui ont du mal à se positionner sur l’échelle des préférences... Allez donc trouver çà ailleurs...

Reste enfin la question de l'organisation, et là c'est vraiment un vaste débat... Pour être organisé c'est certain que dans ce pays on l'est... mais il n'y a que les Thaïlandais eux-mêmes qu'y semblent s'y retrouver... Heureusement qu'ils ont inventé la formule magique du "men pai rai", le sourire et... les "arrangements"... pour résoudre les blocages car sinon on pourrait penser qu'on est au pays de Kafkha... N'ayant pas encore trouvé le mode d'emploi du système il faudra que je revienne sur ce sujet... 

Vu le sérieux de tous ces thèmes de réflexion, vous conviendrez avec moi qu'une étude approfondie de chacun d'entre eux s'impose car je ne voudrais pas que vous restiez sur votre faim...

 

Donc en résumé, si l’on se fie aux clichés des « Philosophes de comptoir », « l’Européen heureux » serait un Italien, marié à une Française cordon bleu, conduisant une puissante berline allemande, vivant à Londres et… disposant d’un compte bancaire en Suisse… donnée essentielle quand on sait le prix des loyers outre-Manche… Quand à « l’Européen malheureux », vous n’avez que l’embarras du choix car toutes les combinaisons et gradations sont possibles, aussi je vous laisse juge de déterminer où vous vous situez… sauf bien entendu, si vous êtes un Suisse alémanique marié à une Anglaise et possédant une Renault ou une Peugeot… auquel cas votre cas est bien évidemment désespéré… 

Dans une telle éventualité, il ne vous reste plus alors qu'à prendre vos valises et à nous rejoindre très vite sur les bords du golfe de Siam... histoire de vous refaire une santé physique et mentale... Croyez moi, c'est là une question de survie... d'autant que le temps presse...


Nota : cet article a déjà été publié sur le site du cabinet de consultants en management interculturel " Regards interculturels " sous une forme légèrement différente et plus succincte.

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