mercredi 2 décembre 2020

Galeries de portraits : investissez dans l’immobilier en Thaïlande, une valeur sure... avec “Boris le moujik”... (1)

 


 


S’il vous est arrivé de passer un jour par « Pattaya la sulfureuse », plus communément appelée « Vice-city » par les âmes sensibles et pieuses, vous savez déjà que cette cité ne serait pas ce qu’elle est sans la présence en temps normal, c'est-à-dire hors période COVID, d’une faune cosmopolite qui traîne dans ses rues et qui au fil des ans a transformé un tranquille village de pêcheurs d’autrefois en une ville de pécheurs… Vous saisissez la différence entre ces deux types de bourgades ?... Si oui, pas de souci… si non, rendez-vous sur Bescherelle.com à la page qui va bien, à savoir celle des accents… ou bien allez faire un tour en ville dans les « rues piétonnes » pour comprendre, ça sera peut être plus rapide et surtout plus drôle…

Quoi qu’il en soit, comme chacun sait, qui dit faune dit mammifères, insectes, oiseaux, mollusques, reptiles, amphibiens et bien entendu… poissons… ce qui est normal après tout pour une ville de bord de mer. Dans cette dernière catégorie, après avoir donné la semaine passée un coup de projecteur sur la morue (…ou un coup de lamparo comme diraient des estafiers méditerranéens…), nous allons nous arrêter un moment sur une autre espèce particulière de poiscaille, j’ai nommé le barbeau russe…


Pour présenter brièvement notre « ami », que nous appellerons Boris le moujik, sachez que c’est un homme qui vient du froid et qui comme bien d’autres margoulins, a fait un jour escale à Pattaya pour y faire un peu d’oseille au soleil… l’hiver russe n’étant pas spécialement la bonne période pour traîner le soir dans les rues. Sous ses airs rustres, du fait d’un faciès un brin néanderthalien, pour ne pas dire simiesque, qui l’a doté d’un doigt d’os frontal, « l’Alphonse » en question a toujours été un mec assez simple... Ses buts dans l’existence sont en effet somme toute assez basiques, car depuis des années la vie pour lui se résume à trouver le moyen de faire la grasse matinée après avoir traîné dehors une partie de la nuit en compagnie de quelques belettes pas trop farouches et d’une poignée de potes flambeurs, de rouler dans une belle bagnole, de porter des fringues de marque sur la peau complétées par quelques gri-gri autour du cou… et accessoirement de boire une vodka qui ne soit pas fabriquée uniquement avec des épluchures de patates mélangées à de la sciure et à de l’alcool à brûler… Voilà en somme, vous le reconnaîtrez aisément, une existence assez saine… pour ne pas dire bio au regard de ses goûts en matière de rafraîchissements… Mais pour pouvoir vivre cette existence, un brin contemplative et sans souci, encore faut il pour cela en avoir les moyens, ce qui signifie disposer d’un « fond de roulement » conséquent pour faire face aux menues dépenses du quotidien.

Pour cela, spécialement quand on sort à peine de son isba et que l’alphabet cyrillique reste aussi mystérieux que les hiéroglyphes égyptiens… ou pour nous que l’alphabet thaï…, un moyen pratique et rapide de s’assurer rapidement un « fond de caisse », c’est soit le braquage direct de fourgons ou de banques, soit la protection de « faibles femmes s’acquittant de tâches d’utilité publique », soit enfin le jeu et ses dérivés du style blanchiment de roubles… Les gardiens russes de l’ordre public n’étant pas spécialement des adhérents à la ligue des droits de l’homme, le mec Boris a très vite intégré le fait qu’il était plus raisonnable de se spécialiser dans le jeu ou les activités de marlou, que dans le monte-en-l’air ou les visites surprises à la banque du quartier, activités réputées « à risque » comme disent les assureurs… Et c’est donc comme ça qu’un soir, non pas de désœuvrement comme vous pourriez le penser, mais de travail au regard de son activité principale, que Boris a accepté une partie entre deux portes avec des inconnus… et c’est aussi comme ça que les emmerdes ont vraiment débuté pour lui…

 

Si pour la majorité d’entre nous le voyage aller vers la Thaïlande a été assez simple à monter, en ce qui concerne notre « ami » cela a été en effet un brin… plus sportif… Au départ de son voyage vers les mers chaudes, il n’y a pas eu comme pour vous et moi un achat de billet dans une agence de voyage ou une réservation sur Internet mais juste une banale partie de poker… qui a mal fini… c’est le moins qu’on puisse dire… Tout avait bien pourtant bien commencé ce soir là… Pour un peu on se serait cru dans la partie de cartes de Pagnol… Galéjades en tous genres (à la russe…), embrassades et apéro de mise (devinez quoi…)… Mais comme dans la partie de cartes de Pagnol, ça a fini par déraper à cause d’un très léger malentendu… et la grosse différence, c’est qu’au lieu de voir partir maître Panisse à la fin de l’acte, là c’est un jeu complet de doigts de Boris qu’on a vu tailler la route et pas mal de chicots rouler sur le tapis vert… A se demander si c’était du poker ou du craps… Bon d’accord, ce n’étaient pas vraiment des dés qui roulaient, mais il n’en demeure pas moins que le « boxman » et le « stickman », étaient présents pour aider comme c’est l’usage dans ce jeu… l’un cognant et l’autre s’assurant que Boris ne risquait pas de fuir ses « responsabilités »… On ne pouvait pourtant pas vraiment dire que Boris n’avait pas de jeu ce jour là… A vrai dire il en avait même… un peu trop… vu que jusqu’à preuve du contraire il n’y a que quatre As dans un paquet de cartes… Bien sûr, si ses copains de rencontre avaient bu suffisamment, peut-être qu’ils n’auraient rien remarqué mais il faut croire que la vodka qui leur avait été servie devait être une contrefaçon qui les a laissés suffisamment conscients pour pouvoir compter jusqu’à cinq… Et cinq, c’est exactement le nombre de phalanges et de dents laissées en dépôt – vente sur la table… Si certains doutaient qu’il y ait un humour russe, j’espère que les voilà rassurés…

La mauvaise qualité de la vodka n’est pourtant pas la seule responsable de cette prise de conscience collective de la libre et personnelle interprétation faite par notre « ami » des règles du Poker… Ce qui a décuplé la contrariété de ses partenaires ça surtout été le fait que ce jour là coïncidait avec l’arrivée du printemps russe dans le calendrier orthodoxe… Pourquoi est-ce que je vous parle du calendrier et du printemps ? Tout simplement parce que le caractère russe est ainsi fait qu’il se caractérise par une alternance de périodes de profond abattement moral, généralement pendant la saison froide, et de périodes de surexcitation lorsque la chaleur revient… Manque de pot pour Boris, vous l’avez compris, le jour où il a entrepris de modifier de façon unilatérale et sans préavis les règles du poker, c’était le début du printemps russe et ses « copains » entraient juste dans leur phase de réveil cérébral… Je ne vous dis pas la masse d’énergie accumulée pendant leurs longs mois d’hibernation qui s’est brutalement libérée en quelques secondes… Pour prendre la foudre, ça il l’a prise le Boris… Un bon exemple valant toujours mieux qu’un long discours, si vous voulez avoir une idée de ce qu’il a pu ressentir, allez donc tripatouiller un compteur électrique avec une fourchette sans couper le jus… et vous comprendrez… sa surprise…

Comme toujours, soucieux d’élever une nouvelle fois le niveau du débat au dessus du caniveau… là précisément Boris a fini prématurément la partie… je dirais que notre homme a d’une certaine façon fait brutalement connaissance à cette occasion avec Einstein et avec sa théorie de la relativité… C’est en effet ce jour là que le bougre a découvert une autre interprétation possible de la formule magique E = mc2… E représentant dans le cas présent l’énergie accumulée et déployée par les trois mongols énervés, M la masse musculaire qu’ils ont appliquée sur le faciès de Boris et le c2…renvoyant à la notion  de « tête au carré »… De là à se demander si la formule de la relativité ne devrait pas plutôt être c2 = Em, puisque la tête au carré de Boris s’avère être le résultat de l’énergie (ou de l’énervement si vous préférez...) multipliée par la masse musculaire des trois caractériels… vous en conviendrez, il n’y a pas loin… disons la longueur d’un bras… Enfin, passons… Quoi qu’il en soit, si en ce qui vous concerne vous avez gardé de mauvais souvenirs de vos cours de physique, imaginez un peu l’impact que laissera dans la mémoire de Boris sa brutale découverte de la physique nucléaire en mode cours du soir intensifs…

Le malheur dans cette affaire, c’est qu’il n’y a pas réellement de justice car le mec Boris était quand même un peu excusable… Que voulez-vous, à la force de faire des aller – retour entre les pays froids et les pays chauds entre deux parties pour trimbaler des valises de billets pour le compte de ses copains tatoués, comment vouliez – vous qu’il ne finisse pas par s’y perdre en termes de saisons… Maintenant, c’est sûr aussi que quand on accepte de jouer aux cartes avec des bègues sibériens, il ne faut pas être surpris de les voir à la première contrariété se mettre à parler avec les mains… vieille habitude chez eux destinée à se réchauffer par temps froid… L’atavisme, c’est quand même quelque chose…

Bref, ce qui est certain, c’est que lorsque Boris s’est réveillé après la discussion animée qui a suivi l’interruption de la partie, du fait d’une perte d’image et de son involontaire de sa part, soyez certain qu’il s’en serait mordu les doigts s’il l’avait pu, d’avoir accepté de taper le carton avec des mecs de rencontre… Avouez qu’il était quand même un peu tard pour cela… surtout vu ce qu’il lui restait comme chicots… et comme phalanges… Et oui, ce qui fait tout le suspens d’une partie de cartes avec des Russes de rencontre trouvés un brin désœuvrés au coin d’un comptoir c’est que ça commence par des embrassades sur la bouche et que ça peut se terminer par un barbecue… façon marseillaise… si vous voyez ce que je veux dire… ou éventuellement des brochettes de doigts s’ils font preuve d’un zeste d’humanité… Comme il faut en toutes circonstances rester optimiste, sachez qu’en se réveillant avec un léger goût de gueule de bois (cassée), Boris a quand même éprouvé un profond soulagement du fait que les trois frères Karamazov, même s’ils lui avaient raccourci des doigts jugés un peu trop crochus à leur goût, lui avaient quand même laissé l’intégralité de ses attributs masculins, attention qu’on pourrait assimiler à un geste de faiblesse si cela venait à s’ébruiter dans leur milieu... Encore heureux au passage, qu’après cette initiation aux fondements de la physique les trois furieux n’aient pas eu envie de poursuivre vers une séance de chimie, histoire de tester la dissolution des corps dans l’acide… la physique et la chimie étant comme chacun sait des disciplines indissociables… Comme quoi il faut toujours positiver dans la vie…

Autre fait notable, même si de toute évidence les compagnons de jeu de notre homme venaient de prouver dans cette affaire qu’ils n’étaient pas des sympathisants de Gandhi, adeptes de la non violence, il faut bien reconnaître une fois leur irritation passagère oubliée qu’ils n’étaient pas non plus des gens à se comporter comme des animaux… La preuve en est qu’ils lui ont offert une porte de sortie pour oublier ses fantaisies… avec un choix simple à résoudre… et pas vraiment cornélien… Soit aller partager le sort du feu frère Raspoutine en faisant une plongée enchaînée sous glace dans les eaux de la Neva, soit partir en Thaïlande pour représenter leurs intérêts… histoire de les rembourser… Ne jamais désespérer du genre humain donc… Peu soucieux de renouveler une expérience malheureuse déjà vainement tentée dans le passé par Raspoutine et par Houdini afin d’essayer de prouver que l’esprit est plus fort que la matière, inutile de vous dire que le choix a vite été fait… ce qui explique maintenant pourquoi Boris a donc pris sans délai la direction des mers chaudes, comme on dit du coté de l’Oural, et bosse aujourd’hui sur Pattaya… et il vous attend avec impatience pour faire fructifier vos économies et le produit de la vente de votre maison familiale… ou tout au moins ce qu’il en reste après le passage des racketteurs de Bercy.

Comme un certain nombre d’autres « rézidents » Boris a donc ouvert une de ces agences qui proposent toutes sortes d’affaires immobilières en or aux farangs, avec notamment la promesse d’un rapport locatif qui aurait donné le tournis à Madoff, l'arnaqueur de Wall Street lui même… c’est vous dire… Spécialisée dans la vente de condos et la location saisonnière, son agence annonce pouvoir faire un millionnaire en puissance de chaque client (…sous réserve qu’il soit arrivé milliardaire comme chacun sait…). Jamais à cours d’idée, son empathie naturelle pousse même Boris à mettre en garde l’acheteur contre tous les dangers locaux depuis les vendeurs de billets de loterie jusqu’aux intermédiaires véreux dont je tairai par prudence la profession officielle… en passant par les femmes de petite vertu, tous ces parasites en somme qui pourrait générer chez le chaland une perte de pouvoir d’achat conséquente… Et oui, comme chacun sait, le décalage horaire associé à un abus brutal de piment et à quelques verres de bière ou de wisky mekong dans une ambiance « chaleureuse » peut facilement générer une euphorie naturelle, certes favorable au petit commerce de rue, mais pas à l’investissement dans une valeur sure comme la pierre…

On en revient en fait toujours au vieux dilemme entre consommer et investir, vaste débat sans fin s’il en est…

 

- A suivre -

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