Le second point concernera votre situation familiale… et
celle de la personne que vous pourriez rencontrer. Il est important là encore
de dresser un point de situation préalable afin d’affronter dans de bonnes
conditions les « événements » à venir…
Quand on se décide à refaire sa vie, il ne faut jamais
perdre de vue qu’en règle générale on ne repart jamais réellement de zéro et
qu’il peut se faire qu’on « traîne » derrière soi un passé affectif,
voire même un passif financier parfois lourd et handicapant lorsqu’il y a eu un
divorce difficile et coûteux... Mais pour autant, ce n’est pas parce qu’on a été
un peu cassé par la vie qu’il faut rentrer dans une nouvelle union blasé et
avec pessimisme, voire avec une aigreur décourageante pour sa nouvelle compagne…
surtout si cette dernière n’a jamais été mariée… quand ce n’est pas avec un
souci de revanche sur les femmes…
Un autre problème qu’on peut aussi rencontrer est le
« refus » de ses propres enfants, lorsqu’on en a, de voir la place de
leur mère occupée désormais par une autre femme, surtout quand cette dernière
est jeune… à plus forte raison si elle est plus jeune qu’eux…. et ça arrive… Ce
rejet de la nouvelle compagne, phénomène que connaissent bien un certain nombre
de ceux qui sont confrontés à la problématique des familles recomposées est
souvent accentué par le fait que les femmes asiatiques en général et thaïlandaises
en particulier, traînent derrière elles une aura quelque peu sulfureuse, drainée
autant par quelques émissions de télévision à sensation que par les ragots de
certains « beaufs » de retour de vacances au soleil... Dans ce domaine, à de rares exceptions près,
soyez certains que vous pourrez compter sur la rancœur de votre « ex »
et la jalousie ou la médisance des mauvaises langues pour alimenter le débat et
entretenir le feu ! Et sachez que même s’il n’y a pas médisance, votre choix de
vie en interpellera souvent plus d’un et d’une qui auront du mal à « comprendre »…
voire se demanderont si vous ne vous versez pas désormais vers la prostitution
tropicale, quand ce n’est pas vers la pédophilie… Une chose est certaine, ceci devrait
vous permettre peut être de faire un tri parmi vos « amis » ou vos
relations !
De la même façon, on peut soi même avoir du mal à s’intégrer
dans la famille de sa future compagne, surtout si cette dernière a elle-même
des enfants. Découvrir qu’on ne sera jamais qu’une pièce rapportée au sein d’une
famille souvent élargie et avoir du mal à y trouver une place peut s’avérer très
difficile à vivre… et je ne parle même pas des situations où on se rend compte parfois qu’on n’est toléré qu’en proportion du
soutien financier qu’on apporte à la communauté… Il faut donc en être conscient
et savoir si on aura la force de caractère suffisante pour faire face à ces
choses là …
Quoi qu’il en soit, si vous avez décidé de trouver l’âme
sœur quelque part au delà de la ligne d’horizon, il serait raisonnable aussi de
déterminer très vite lequel des deux partenaires va devoir migrer…
Si vous avez un emploi stable en France qui vous permet
de vivre, le problème ne se pose pas bien évidemment. Si vous approchez de la
retraite en revanche, il faut anticiper et ce n’est pas toujours chose aisée car
on a parfois dans notre pays des parents en fin de vie qu’il faut assister…
A l’usage, on constate très souvent que si la compagne
asiatique accepte de venir vivre quelques années en France, une fois l’époux arrivé
à la retraite, elle ne tarde pas à exercer une forte pression pour revenir dans
son pays en mettant en avant, à juste titre, la qualité et le coût de la vie au
plan local. Bien entendu, s’il y a eu entre temps l’arrivée d’enfants scolarisés
en France, si elle-même a trouvé un emploi, est parfaitement acculturée et maîtrise
bien la langue française, tout ceci sera moins marqué... Outre le mal du pays
bien légitime, il ne faudra toutefois pas négliger non plus la pression familiale
qui pèsera sur elle, l’incitant au retour pour prendre soin des parents
vieillissants… et soulager aussi les frères et sœurs ayant assumé cette charge
pendant des années. Là encore, il ne sert à rien de se voiler la face et quand
on se lance dans un tel projet de rencontre il faut bien intégrer le fait que tôt
ou tard on sera confronté à cette décision… Il faut donc s’y préparer.
N’oublions pas non plus la question du positionnement
social et des niveaux d’études respectifs qui vont fortement influer, d’une
part sur la nature et le degré de communication au sein du couple, d’autre part
sur l’intégration de ce dernier dans son environnement relationnel.
Exception faite sans doute des jeunes expatriés qui évoluent
dans un endogroupe relativement homogène, venir vivre en Thaïlande ou à
l’inverse en France, signifie que l’un des deux conjoints va devoir rompre avec
son milieu et avec un certain nombre d’habitudes de vie. La question est donc, êtes
vous prêts en ce qui vous concerne à accepter cette rupture et en mesure de
la supporter sur le long terme ?
De façon concrète, posez vous en particulier la question
de savoir si vous êtes capables par exemple d’accepter de passer un dimanche après
midi dans une arrière boutique chinoise, assis sur un sac de riz avec une
canette de bière à la main pour écouter des histoires que vous ne comprenez pas
en raison de la barrière de la langue… alors même qu’il y a quelques mois encore
vous étiez cravaté et exerciez peut être des responsabilités importantes en
France dans l’administration ou dans une entreprise… Exemple personnellement
vécu…
Quand je parle de différences de niveau d’études, il faut
aussi intégrer le fait qu’en Thaïlande l’enseignement dispensé dans les écoles
et à l’université est très ethnocentré et que l’ouverture au monde y est très limitée…
Par voie de conséquence, ceci signifiera que certains sujets de discussion avec
votre conjoint seront désormais impossibles faute de références culturelles communes,
voire même de connaissances historiques, géographiques suffisantes… certains
sujets notamment dans le domaine politique étant purement et simplement
inabordables car tabou. Une chose est certaine, si vous ne pouvez vous passer
du cinéma d’art et d’essai, des soirées au théâtre, des exposition de peinture,
des discussions sur le dernier Goncourt… vous risquez de trouver le temps long
car vous allez pénétrer dans ce que j’appelle un désert culturel, du moins
suivant la conception que nous autres Occidentaux nous faisons du terme
culture… Maintenant si vous aimez les soirées passées devant la télé à larmoyer
sur un téléfilm à l’eau de rose, pas de souci à avoir…
Indépendamment du changement de positionnement social, il
y a aussi la question de la barrière de la langue à affronter…
Si un jeune enfant est un buvard qui assimile une langue
nouvelle en quelques mois, il en va différemment pour un adulte à partir de la
cinquantaine, et ceci en dépit de la meilleure volonté ou des prédispositions éventuelles.
Il va donc sans dire qu’un minimum d’effort doit être conduit de part et
d’autre pour diminuer cette barrière sachant néanmoins que l’apprentissage de
la langue du pays de résidence par celui des deux conjoints qui se sera expatrié
sera bien évidemment rendue plus aisée du fait d’une immersion permanente que
par le biais d’une de ces méthodes intensives… Si le langage du cœur est
universel dit-on, il n’en reste pas moins que la compréhension des mentalités
locales passe par l’apprentissage, même réduit, de la langue… Si vous et votre future épouse
parlez anglais la communication devrait être d’emblée aisée sachant que le fait
de pratiquer une langue tonale rendra plus facile la remise à niveau de l'épouse, même si son
niveau est scolaire. Mais le recours à l’anglais est aussi une solution de
facilite qui peut s’avérer un cadeau empoisonné à terme car cela retardera
d’autant l’apprentissage du français et / ou du thaï. C’est le cas en ce qui
nous concerne mon épouse et moi et maintenant il est un peu tard pour réagir…
Un petit mot encore pour parler religion… car le rapport à
la foi conditionne fortement non seulement les mentalités mais aussi la vie
quotidienne, le bouddhisme interférant dans tous les domaines de l’existence.
En Thaïlande comme dans nombre de pays asiatiques, la
dimension spirituelle est une donnée à ne jamais négliger. Peu importe que vous
soyez chrétien, bouddhiste, musulman… une part non négligeable de la façon dont
vous serez perçu sera fonction de votre degré de spiritualité. Si vous ne
croyez en rien, mieux vaut éviter de trop l’afficher au risque de choquer. A l’inverse
dans un pays où 95 pour cent de la
population est bouddhiste, il faut savoir être tolérant vis-à-vis de pratiques
qui peuvent sembler incongrues et envahissantes dans un foyer familial
occidental. L’acceptation de la présence de statuettes, d’offrandes de
nourriture, voire d’une maison aux esprits devant le domicile, sans parler du
recours aux moines pour un certain nombre d’actes importants de la vie, constituent un facteur d’entente indéniable. N’oubliez donc pas qu’au delà
d’une religion et d’une philosophie, le bouddhisme débouche aussi sur un mode de
vie à part entière… Là encore, si vous faites preuve d’intolérance il est évident
que cela aboutira à des tensions ou à des malentendus… La question est donc de
savoir si vous avez ou pas une tolérance religieuse suffisante pour accepter
les croyances et surtout les pratiques de l’autre… en mettant parfois
vous-mêmes les vôtres de coté car il n’est pas
toujours évident de trouver un lieu de culte à proximité… surtout quand on se
retire dans un village perdu.
Terminons enfin cette revue de points à éclaircir, non
exhaustive, par une donnée toujours délicate à aborder mais qui s’avère vitale
pour l’équilibre d’un couple, à savoir la question de l’ouverture d’esprit réciproque
et de la souplesse de caractère…
Chacun d’entre nous est bien entendu intimement persuadé
de faire preuve d’ouverture d’esprit dans sa relation à l’autre. Pour décliner
correctement cette question de l’ouverture d’esprit il faudrait en écrire des
pages entières et encore… On se limitera donc à quelques uns des problèmes du
quotidien qui seront approfondis par la suite. Demandez-vous ainsi par exemple lorsque
vous souhaitez que votre compagne vous accompagne à un dîner en ville entre
farangs si vous-même vous êtes capable de vous joindre sans état d’âme
particulier à elle pour un repas sur la natte, le « sua », en
compagnie de ses amis ou de ses proches… même si la position est inconfortable
pour un Occidental… même si ce n’est pas précisément un bifteck frites qu’on
mange… et même si il est encore très loin de midi ou de 19 h…
Dans le même style de questionnement, êtes vous aussi
capable par exemple d’accepter dans votre maisonnée l’irruption parfois sans préavis
de parents et d’amis, voire leur hébergement prolongé dans le cadre de la mise
en œuvre du devoir d’assistance familiale… ou la fourniture d’une aide financière
à ceux qui sont dans le besoin… Si vous êtes viscéralement attaché à une
conception de la famille nucléaire et que la notion de famille élargie du fait
des contraintes qu’elle draine vous donne de l’urticaire, je crains que vous ne
vous exposiez à des déconvenues… et à des hausses de tension artérielle…
J’arrêterai là ma liste de points concernant ce sujet sachant
que je le développerai beaucoup plus longuement dans mon dernier article
consacré à la « vie à deux » sur la « Terre jaune »…
Une dernière question tout de même pour clore ce
chapitre, en fait la question qui tue… voire qui peut vous faire tuer si votre
moitié est jalouse et excessivement possessive… Vous sentez vous capable de
tenir bon en matière de séduction dans un pays où la beauté physique et le sourire sont souvent au coin de
la rue et où on peut toujours trouver
facilement une partenaire en quête de sécurité plus jeune, plus jolie que celle
sur qui on a arrêté son choix initial… ce qui ne signifie pas pour autant plus
fiable et plus attentionnée… ? D’aucuns et d’aucunes me rétorqueront à
juste raison que cette interrogation n’est pas seulement valable en Asie…
certes… mais dans notre cas, c’est là une donnée qu’il faut bien prendre en
compte car le démon de minuit… peut frapper à n’importe quelle heure de la journée
et n’importe où, plus spécialement dans
ce pays qu’ailleurs… et il faut avoir une certaine force de caractère ou de
sagesse pour y faire face…
Vous l’avez bien compris, toutes ces différentes interrogations
sont liées entre elles car en décidant de partir à la rencontre d’une femme de
culture différente c’est un autre mode de vie que vous allez devoir embrasser…
et ça ce n’est pas tout le monde qui est capable de le faire… Soyez en
certain !






