jeudi 26 novembre 2020

A la recherche de l’âme sœur en Asie… Connais toi, toi-même ! (2eme partie)


 


Le second point concernera votre situation familiale… et celle de la personne que vous pourriez rencontrer. Il est important là encore de dresser un point de situation préalable afin d’affronter dans de bonnes conditions les « événements » à venir…

Quand on se décide à refaire sa vie, il ne faut jamais perdre de vue qu’en règle générale on ne repart jamais réellement de zéro et qu’il peut se faire qu’on « traîne » derrière soi un passé affectif, voire même un passif financier parfois lourd et handicapant lorsqu’il y a eu un divorce difficile et coûteux... Mais pour autant, ce n’est pas parce qu’on a été un peu cassé par la vie qu’il faut rentrer dans une nouvelle union blasé et avec pessimisme, voire avec une aigreur décourageante pour sa nouvelle compagne… surtout si cette dernière n’a jamais été mariée… quand ce n’est pas avec un souci de revanche sur les femmes…

Un autre problème qu’on peut aussi rencontrer est le « refus » de ses propres enfants, lorsqu’on en a, de voir la place de leur mère occupée désormais par une autre femme, surtout quand cette dernière est jeune… à plus forte raison si elle est plus jeune qu’eux…. et ça arrive… Ce rejet de la nouvelle compagne, phénomène que connaissent bien un certain nombre de ceux qui sont confrontés à la problématique des familles recomposées est souvent accentué par le fait que les femmes asiatiques en général et thaïlandaises en particulier, traînent derrière elles une aura quelque peu sulfureuse, drainée autant par quelques émissions de télévision à sensation que par les ragots de certains « beaufs » de retour de vacances au soleil...  Dans ce domaine, à de rares exceptions près, soyez certains que vous pourrez compter sur la rancœur de votre « ex » et la jalousie ou la médisance des mauvaises langues pour alimenter le débat et entretenir le feu ! Et sachez que même s’il n’y a pas médisance, votre choix de vie en interpellera souvent plus d’un et d’une qui auront du mal à « comprendre »… voire se demanderont si vous ne vous versez pas désormais vers la prostitution tropicale, quand ce n’est pas vers la pédophilie… Une chose est certaine, ceci devrait vous permettre peut être de faire un tri parmi vos « amis » ou vos relations !

De la même façon, on peut soi même avoir du mal à s’intégrer dans la famille de sa future compagne, surtout si cette dernière a elle-même des enfants. Découvrir qu’on ne sera jamais qu’une pièce rapportée au sein d’une famille souvent élargie et avoir du mal à y trouver une place peut s’avérer très difficile à vivre… et je ne parle même pas des situations on se rend compte parfois qu’on n’est toléré qu’en proportion du soutien financier qu’on apporte à la communauté… Il faut donc en être conscient et savoir si on aura la force de caractère suffisante pour faire face à ces choses là …

 

Quoi qu’il en soit, si vous avez décidé de trouver l’âme sœur quelque part au delà de la ligne d’horizon, il serait raisonnable aussi de déterminer très vite lequel des deux partenaires va devoir migrer…

Si vous avez un emploi stable en France qui vous permet de vivre, le problème ne se pose pas bien évidemment. Si vous approchez de la retraite en revanche, il faut anticiper et ce n’est pas toujours chose aisée car on a parfois dans notre pays des parents en fin de vie qu’il faut assister…

A l’usage, on constate très souvent que si la compagne asiatique accepte de venir vivre quelques années en France, une fois l’époux arrivé à la retraite, elle ne tarde pas à exercer une forte pression pour revenir dans son pays en mettant en avant, à juste titre, la qualité et le coût de la vie au plan local. Bien entendu, s’il y a eu entre temps l’arrivée d’enfants scolarisés en France, si elle-même a trouvé un emploi, est parfaitement acculturée et maîtrise bien la langue française, tout ceci sera moins marqué... Outre le mal du pays bien légitime, il ne faudra toutefois pas négliger non plus la pression familiale qui pèsera sur elle, l’incitant au retour pour prendre soin des parents vieillissants… et soulager aussi les frères et sœurs ayant assumé cette charge pendant des années. Là encore, il ne sert à rien de se voiler la face et quand on se lance dans un tel projet de rencontre il faut bien intégrer le fait que tôt ou tard on sera confronté à cette décision… Il faut donc s’y préparer.

 

N’oublions pas non plus la question du positionnement social et des niveaux d’études respectifs qui vont fortement influer, d’une part sur la nature et le degré de communication au sein du couple, d’autre part sur l’intégration de ce dernier dans son environnement relationnel.

Exception faite sans doute des jeunes expatriés qui évoluent dans un endogroupe relativement homogène, venir vivre en Thaïlande ou à l’inverse en France, signifie que l’un des deux conjoints va devoir rompre avec son milieu et avec un certain nombre d’habitudes de vie. La question est donc, êtes vous prêts en ce qui vous concerne à accepter cette rupture et en mesure de la supporter sur le long terme ?

De façon concrète, posez vous en particulier la question de savoir si vous êtes capables par exemple d’accepter de passer un dimanche après midi dans une arrière boutique chinoise, assis sur un sac de riz avec une canette de bière à la main pour écouter des histoires que vous ne comprenez pas en raison de la barrière de la langue… alors même qu’il y a quelques mois encore vous étiez cravaté et exerciez peut être des responsabilités importantes en France dans l’administration ou dans une entreprise… Exemple personnellement vécu…

Quand je parle de différences de niveau d’études, il faut aussi intégrer le fait qu’en Thaïlande l’enseignement dispensé dans les écoles et à l’université est très ethnocentré et que l’ouverture au monde y est très limitée… Par voie de conséquence, ceci signifiera que certains sujets de discussion avec votre conjoint seront désormais impossibles faute de références culturelles communes, voire même de connaissances historiques, géographiques suffisantes… certains sujets notamment dans le domaine politique étant purement et simplement inabordables car tabou. Une chose est certaine, si vous ne pouvez vous passer du cinéma d’art et d’essai, des soirées au théâtre, des exposition de peinture, des discussions sur le dernier Goncourt… vous risquez de trouver le temps long car vous allez pénétrer dans ce que j’appelle un désert culturel, du moins suivant la conception que nous autres Occidentaux nous faisons du terme culture… Maintenant si vous aimez les soirées passées devant la télé à larmoyer sur un téléfilm à l’eau de rose, pas de souci à avoir…

 

Indépendamment du changement de positionnement social, il y a aussi la question de la barrière de la langue à affronter…

Si un jeune enfant est un buvard qui assimile une langue nouvelle en quelques mois, il en va différemment pour un adulte à partir de la cinquantaine, et ceci en dépit de la meilleure volonté ou des prédispositions éventuelles. Il va donc sans dire qu’un minimum d’effort doit être conduit de part et d’autre pour diminuer cette barrière sachant néanmoins que l’apprentissage de la langue du pays de résidence par celui des deux conjoints qui se sera expatrié sera bien évidemment rendue plus aisée du fait d’une immersion permanente que par le biais d’une de ces méthodes intensives… Si le langage du cœur est universel dit-on, il n’en reste pas moins que la compréhension des mentalités locales passe par l’apprentissage, même réduit, de la langue… Si vous et votre future épouse parlez anglais la communication devrait être d’emblée aisée sachant que le fait de pratiquer une langue tonale rendra plus facile la remise à niveau de l'épouse, même si son niveau est scolaire. Mais le recours à l’anglais est aussi une solution de facilite qui peut s’avérer un cadeau empoisonné à terme car cela retardera d’autant l’apprentissage du français et / ou du thaï. C’est le cas en ce qui nous concerne mon épouse et moi et maintenant il est un peu tard pour réagir…

 

Un petit mot encore pour parler religion… car le rapport à la foi conditionne fortement non seulement les mentalités mais aussi la vie quotidienne, le bouddhisme interférant dans tous les domaines de l’existence.

En Thaïlande comme dans nombre de pays asiatiques, la dimension spirituelle est une donnée à ne jamais négliger. Peu importe que vous soyez chrétien, bouddhiste, musulman… une part non négligeable de la façon dont vous serez perçu sera fonction de votre degré de spiritualité. Si vous ne croyez en rien, mieux vaut éviter de trop l’afficher au risque de choquer. A l’inverse dans un pays 95 pour cent de la population est bouddhiste, il faut savoir être tolérant vis-à-vis de pratiques qui peuvent sembler incongrues et envahissantes dans un foyer familial occidental. L’acceptation de la présence de statuettes, d’offrandes de nourriture, voire d’une maison aux esprits devant le domicile, sans parler du recours aux moines pour un certain nombre d’actes importants de la vie, constituent un facteur d’entente indéniable. N’oubliez donc pas qu’au delà d’une religion et d’une philosophie, le bouddhisme débouche aussi sur un mode de vie à part entière… Là encore, si vous faites preuve d’intolérance il est évident que cela aboutira à des tensions ou à des malentendus… La question est donc de savoir si vous avez ou pas une tolérance religieuse suffisante pour accepter les croyances et surtout les pratiques de l’autre… en mettant parfois vous-mêmes les vôtres de coté car il n’est pas toujours évident de trouver un lieu de culte à proximité… surtout quand on se retire dans un village perdu.

 

Terminons enfin cette revue de points à éclaircir, non exhaustive, par une donnée toujours délicate à aborder mais qui s’avère vitale pour l’équilibre d’un couple, à savoir la question de l’ouverture d’esprit réciproque et de la souplesse de caractère…

Chacun d’entre nous est bien entendu intimement persuadé de faire preuve d’ouverture d’esprit dans sa relation à l’autre. Pour décliner correctement cette question de l’ouverture d’esprit il faudrait en écrire des pages entières et encore… On se limitera donc à quelques uns des problèmes du quotidien qui seront approfondis par la suite. Demandez-vous ainsi par exemple lorsque vous souhaitez que votre compagne vous accompagne à un dîner en ville entre farangs si vous-même vous êtes capable de vous joindre sans état d’âme particulier à elle pour un repas sur la natte, le « sua », en compagnie de ses amis ou de ses proches… même si la position est inconfortable pour un Occidental… même si ce n’est pas précisément un bifteck frites qu’on mange… et même si il est encore très loin de midi ou de 19 h…

Dans le même style de questionnement, êtes vous aussi capable par exemple d’accepter dans votre maisonnée l’irruption parfois sans préavis de parents et d’amis, voire leur hébergement prolongé dans le cadre de la mise en œuvre du devoir d’assistance familiale… ou la fourniture d’une aide financière à ceux qui sont dans le besoin… Si vous êtes viscéralement attaché à une conception de la famille nucléaire et que la notion de famille élargie du fait des contraintes qu’elle draine vous donne de l’urticaire, je crains que vous ne vous exposiez à des déconvenues… et à des hausses de tension artérielle…

J’arrêterai là ma liste de points concernant ce sujet sachant que je le développerai beaucoup plus longuement dans mon dernier article consacré à la « vie à deux » sur la « Terre jaune »…

 

Une dernière question tout de même pour clore ce chapitre, en fait la question qui tue… voire qui peut vous faire tuer si votre moitié est jalouse et excessivement possessive… Vous sentez vous capable de tenir bon en matière de séduction dans un pays la beauté physique et le sourire sont souvent au coin de la rue et on peut toujours trouver facilement une partenaire en quête de sécurité plus jeune, plus jolie que celle sur qui on a arrêté son choix initial… ce qui ne signifie pas pour autant plus fiable et plus attentionnée… ? D’aucuns et d’aucunes me rétorqueront à juste raison que cette interrogation n’est pas seulement valable en Asie… certes… mais dans notre cas, c’est là une donnée qu’il faut bien prendre en compte car le démon de minuit… peut frapper à n’importe quelle heure de la journée et n’importe , plus spécialement dans ce pays qu’ailleurs… et il faut avoir une certaine force de caractère ou de sagesse pour y faire face…

 

Vous l’avez bien compris, toutes ces différentes interrogations sont liées entre elles car en décidant de partir à la rencontre d’une femme de culture différente c’est un autre mode de vie que vous allez devoir embrasser… et ça ce n’est pas tout le monde qui est capable de le faire… Soyez en certain !


A la recherche de l’âme soeur en Asie… Connais toi, toi-même ! (1ere partie)

 



« Divorcés, veufs, célibataires endurcis mais un brin fatigués du célibat… secouez-vous et prenez donc un vol pour l’Asie afin de sortir de votre solitude ! »… Tel pourrait être le slogan d’une agence matrimoniale ou d’un site de rencontre pourvoyeur de compagnes ou d’épouses pour tous ceux qui sont en quête de l’âme sœur. Bien entendu, pour suivre cette recommandation encore faudrait il que les aéroports de l’Asie puissent enfin s’ouvrir… mais ne doutons pas que cela finisse par se produire un jour et que cette pandémie de la COVID prenne fin…


Maintenant, il est certain que si vous êtes réfractaire au charme des yeux bridés et à la vie en Asie, si vous n’êtes pas touché par ce « mal jaune » auquel faisait allusion Jean Lartéguy dans un de ces romans que je lisais pendant mon adolescence, cette série de billets n’est bien évidemment pas faite pour vous... Le mieux que nous ayons à vous recommander dans ce cas c’est donc de continuer à méditer solitairement… sur votre solitude… quelque part du coté de Romorantin ou de Garges-lès-Gonesses… Après tout, des tas de gens vivent très heureux comme cela et sont parfaitement équilibrés, illustrant ainsi la chanson de Gilbert Bécaud, « La solitude ça n’existe pas… ».

Telle n’est toutefois pas mon approche de la vie cependant et c’est pour cela que j’ai un jour embarqué pour cet Orient souvent « compliqué »… et parfois même certains jours, un brin « extrême »……

Pour en revenir au sujet de cet article, voyant l’intérêt généralement suscité par le thème des rencontres féminines en Asie, j’ai donc eu l’idée de rédiger une série de billets un peu plus sérieux que d’habitude afin de m’exprimer sur un thème qui je n’en doute pas, en interpellera plus d’un... Bien évidemment il se trouvera encore des lecteurs pour dire que j’enfonce des porte ouvertes, que j’écris des banalités et des évidences sans nom car tout cela ils le savent déjà, que je généralise à l’excès… sauf que si je me fie au nombre de gens qui se sont fait « couillonner » ou ont échoué dans cette recherche de l’âme sœur par delà les frontières, je me dis qu’il y a encore beaucoup à faire en la matière…

Désolé mesdames, mais au risque d’être accusé de sexisme, ce billet s’adressera surtout aux hommes… encore que je connaisse des Occidentales qui ont-elles aussi franchi le pas et sont venues convoler ou vivre avec des partenaires asiatiques. Si vous voulez nous faire part de vos suggestions ou observations pour compléter mon article, elles seront donc les bienvenues…

Avec le recul que me procurent une dizaine d’années de vie de couple avec une femme asiatique… précédées tout de même de pas mal de « péripéties » antérieures vécues sous diverses latitudes du fait de mon précèdent métier… et ce que j’ai pu observer autour de moi en Thaïlande dans mon entourage relationnel... je vais donc vous livrer ici quelques réflexions qui bien entendu n’engagent que moi et que chacun pourra commenter à sa guise…


Mon premier billet sera consacré à illustrer une citation chère à Socrate, même si elle n’est pas de lui, à savoir « Connais toi, toi même… ». En effet, inutile de vous lancer dans la recherche d’une partenaire asiatique si vous n’avez pas commencé par dresser un point de situation, plus que sérieux, vous concernant… Dans le cas inverse, croyez moi, c’est l’échec quasi assuré et beaucoup de désillusions. Si on dit souvent pour savoir on va, encore faut il savoir d’où l'on vient… il faut aussi savoir qui on est et ce que l’on recherche…

Après cette première étape, j’aborderai la question du comment trouver cette âme sœur à travers un billet que j’intitulerai « L’improbable rencontre »… J’y passerai en revue quelques une des principales façons de rencontrer une personne inconnue vivant à des milliers de kilomètres, sachant que cette liste n’est bien entendu pas exhaustive et que mon propos à relativiser reposera sur les enseignements que j’ai retiré de ce ce que j'ai appelé ma phase de « prospection »…

Cet article sera suivi d’un troisième volet dont l’objet sera de préciser le point de vue de la partie, non pas adverse j’espère, mais conjointe, et dont le libellé sera « Et elle qu’attend t-elle ? ». Cet article sera rédigé en développant un certain nombre de points déjà abordés dans un précèdent article rédigé avec le concours de mon épouse, du moins sur le plan des idées, car question maîtrise de la langue française elle est encore loin, très loin… du niveau B1 du FLE…

Je terminerai enfin cette série de billets sérieux en abordant le thème de « La vie à deux dans un couple multiculturel », sujet particulièrement complexe en raison des différences existant entre les deux conjoints, différences encore accentuées par la problématique de l’expatriation et de l’éloignement géographique pour au moins un des deux, mais aussi du fait que chaque personne a sa propre personnalité et son propre vécu. Il ne s’agira donc pas, j’insiste sur ce point, de développer des stéréotypes mais de donner des points de référence, qu’il appartiendra à chacun de faire ou pas siens, en fonction de sa propre situation et de ses propres attentes…

 

Et puisqu’il faut commencer et bien débutons par cette petite introspection sans prétention ni exhaustivité, histoire de vous positionner correctement sur le « marché de la rencontre » en évitant le plus possible les erreurs de casting comme on dit…

Le premier point important avant toute recherche de partenaire en Asie c’est d’être bien conscient de son propre âge car c’est là une donnée à ne pas négliger... et pourtant combien ont tendance à le faire…

Le problème et partant la solution à lui apporter, ne seront en effet pas identiques suivant que vous êtes un jeune diplômé fraîchement émoulu d’une école de commerce et débutant une carrière en expatriation… ou un retraité en situation de célibat ou de post-divorce, venu réchauffer ses vieux os au soleil des tropiques… Pour le jeune plein d’avenir qui débarque en Asie il ne devrait pas y avoir trop de soucis pour rencontrer quelqu’un de même niveau social, intellectuel… et d’un âge voisin du sien que ce soit dans le travail ou dans le réseau relationnel lors des sorties. Je dirai simplement qu’il convient toutefois dans ce type de situation de rester prudent car à vingt cinq ans on n’a pas nécessairement ni le même recul sur la vie que quelqu’un de plus âgé, ni la même expérience des relations féminines, en particulier de la psychologie des partenaires qu’on va rencontrer… L’euphorie de la découverte d’un nouvel environnement géographique et humain, l’attrait nouveau d’un certain charme exotique… sans oublier le déficit affectif découlant de l’éloignement de l’entourage familial et des amis de France, font en effet qu’à cet âge là on est souvent sentimentalement « fragilisé » et qu’on a vite fait de s’attacher…

Pour quelqu’un de plus âgé et dont le cuir a été tanné par les péripéties de la vie, le principal problème sera surtout de ne pas céder de façon exagérée à la tentation de l’esthétique et de la jeunesse… En règle générale, tout célibataire qui débarque en Asie recherche une compagne plus jeune, sachant toutefois que jusqu'à un certain âge, cette dernière fera généralement dix ans de moins que son âge réel. Au risque d’irriter certains lecteurs et en demandant par avance pardon à mes amis mariés a des femmes parfois beaucoup plus jeunes qu’eux et qui sont pleinement heureux,  je vous confierai que j’ai pour habitude de dire de façon humoristique que jusqu'à dix ans d’écart c’est de la gourmandise, entre dix ans et vingt ans c’est de la gloutonnerie et qu’au delà de vingt ans on flirte avec la goinfrerie pour ne pas dire dans certains cas l’inconscience... Pourquoi une telle appréciation aussi dure de ma part même si c’est là bien évidemment un trait d’humour ? Et bien tout simplement parce que j’estime, mais ce n’est que mon point de vue personnel, d’une part que la différence d’age induit des besoins et des possibilités physiques différentes entre les deux conjoints, que la perception des choses de la vie n’est pas la même au sein du couple, que les aspirations à un style de vie donnée peuvent différer considérablement… d’autre part, que cela va entraîner lors du « grand départ », le notre bien évidemment, pas mal de difficultés pour le conjoint survivant. Malheureusement tout le monde n’anticipe pas suffisamment sur ce sujet… D’aucuns me rétorqueront que l’on ne sait pas qui des deux partira le premier et c’est exact, mais si on raisonne en termes statistiques, prendre un conjoint de vingt ans plus jeune revient à accepter le fait qu’il va devoir se débrouiller seul ou presque pendant un quart de siècle… Pour rester sur une note positive tout de même et me faire pardonner par mes camarades, je renvoie à cette citation d’un vieux philosophe de comptoir installé au pays du sourire qui disait sur un forum « Ce qu’il y a de bien en Thaïlande, c’est que la femme avec laquelle je finirai ma vie n’est pas encore née… » . A méditer…

Au delà de ce que je viens d’écrire, il faut aussi se rappeler que la jeunesse en soi n’est pas tout et elle s’accompagne souvent de certaines attentes psychologiques qu’on ne saurait décevoir… sauf à être parfois le dernier des « salauds ». Quand on se marie avec quelqu’un de beaucoup plus jeune qui nous apporte sa fraîcheur et nous permet parfois de reprendre goût à la vie, j’estime qu’il est exclu de lui demander de renoncer au besoin le plus légitime qui soit pour une femme, à savoir le besoin de maternité. Si l’on se sent la disponibilité d’esprit, les ressources physiques… et la capacité financière nécessaires pour assumer pas seulement la venue d’un enfant mais aussi et surtout la gestion de son éducation, de son adolescence et des premières années de sa vie d’adulte… pas de souci, en avant ! Mais pour devenir père à l’âge certains sont grand père, il ne faut pas perdre de vue qu’il faut avoir la santé, beaucoup de patience, accepter l’idée du retour aux couches, aux nuits écourtées et aux biberons… ce qui revient à tirer un trait sur certaines choses qui font le plaisir de la vie une fois arrivé à un certain moment de l’existence comme par exemple les voyages... A chacun toutefois de se positionner par rapport à tout ceci, sachant que même si on retarde l’échéance, il faudra un jour ou l’autre traiter le problème si la future épouse ou compagne n’a encore jamais eu d’enfant…


A suivre...


lundi 9 novembre 2020

La femme " aux colonies "… d’hier à aujourd’hui.


 

La vie des femmes dans ce qui était autrefois les « colonies » est un thème rarement abordé par l’historien ou le sociologue, alors même qu’il est loin d’être sans intérêt. Quelle que soit l’époque, dans un univers toujours dépaysant et parfois hostile, la femme occidentale partant sous les tropiques a été contrainte de s’adapter pour faire face aux aléas de la vie et parfois même… de lutter contre des rivales exotiques dont l’attrait sur les Occidentaux fut et reste encore indéniable…



De la femme « coloniale »...

Autrefois la « femme aux colonies » était épouse de planteur, de négociant, d’administrateur, de militaire… accompagnant son mari vers des horizons, certes exotiques mais souvent malsains, remplis d’imprévus en tous genres et de risques. Pour celles qui allaient vivre en ville, que ce soit à Dakar, à Hanoï, à Nouméa… les difficultés du séjour résidaient surtout dans le fait de devoir évoluer dans un univers clos ressemblant à une prison dorée, de lutter contre l’ennui en attendant le bal annuel du gouverneur et de résister aux inévitables cancans typiques des villes de garnison. Elles découvraient ainsi, pour reprendre les mots du général Némo, que « vivre outre-mer c’est vivre dans une maison de verre ». Pour celles qui partaient « en brousse », il fallait désormais apprendre à vivre dans la rusticité, la solitude, parfois le danger et subir même l’humiliation comme ce fut le cas pour beaucoup d’entre-elles le 9 mars 1945 en Indochine. Pour aider ces femmes à affronter cette vie difficile, Clotilde Chivas-Baron publia en 1929 un manuel d’initiation à la vie coloniale, très instructif, qui s’intitule « La femme aux colonies ». En dépit des recommandations formulées par cette écrivaine bien au fait de la vie « à la colonie », le quotidien ne fut pas toujours facile tant pour les intéressées… que pour leurs maris. Comme nous l’a rappelé Jacques Frémeaux dans « L’Afrique à l’ombre des épées », l’image de la femme sous les tropiques n’était pas toujours élogieuse puisqu’il se disait qu’une femme d’officier colonial « invaliderait de 80 % la valeur de son mari », qu’à quelques exceptions près, « le soleil les rendrait folles, faisant d’elles des dévergondées ou des neurasthéniques » voire même que « la jeune femme d’officier serait une des plaies de l’armée coloniale, l’autre étant l’alcool »… En dépit de cela, la littérature et le cinéma perpétuent cependant le souvenir de femmes courageuses et entreprenantes se dévouant au service des autres et des indigènes, comme par exemple cette femme-planteur hors du commun qu’était madame de la Souchère.


… à la femme « expatriée »…

Cette femme « coloniale » que je viens d’évoquer a aujourd’hui disparu. Elle a désormais cédé la place à celle qu’il convient d’appeler une expatriée et qui tout comme autrefois, soit accompagne son époux, soit de plus en plus choisi d’elle-même de troquer un avenir incertain en France pour partir en célibataire rechercher du travail à l’étranger. Tout comme la femme de colonial du siècle précédent, même si le confort est souvent au rendez-vous dans les grandes villes, sa vie n’est pas pour autant toujours facile et enrichissante. Il semblerait bien qu’en dépit d’internet, de la télé par satellite, des rémunérations confortables, beaucoup connaissent à leur façon nombre de problèmes de leurs aînées… Ainsi, aujourd’hui comme hier, pour celles qui « suivent », il faut apprendre à s’approprier le séjour, à fréquenter un milieu relationnel qu’elles n’ont pas choisi, à résoudre les petits soucis d’approvisionnement, à découvrir une langue et un environnement nouveaux, à vivre souvent en parallèle d’un conjoint submergé de travail… et surtout à faire face à l’inévitable choc culturel... Les échecs coûteux de bien des expatriations professionnelles, parfois suivis même de divorces, sont très souvent à mettre au compte de l’inadaptation d’un conjoint désœuvré ou en perte de repères, à un mode de vie par trop atypique. Faute à la fois d’une aptitude suffisante au départ et d’une bonne préparation intellectuelle, matérielle et surtout psychologique, le séjour peut ainsi parfois se transformer en drame humain et familial. Aujourd’hui plus qu’hier encore, l’expatriation constitue le révélateur de la solidité d’un couple, surtout quand on sait que ce nouveau cadre de vie dissimule bien des tentations…

 

… sans oublier l’omniprésente « rivale exotique ».

Parler de la femme « aux colonies » implique en effet d’évoquer aussi celles qui apportaient jadis aux coloniaux célibataires l’indispensable réconfort, autant affectif que physique, pour faire face à l’éloignement et à l’isolement, parfois au stress des combats… mais qui perturbaient aussi la stabilité conjugale des mariés. Conscient du caractère sensible et inévitable de ces rapprochements et reprenant à son tour sans trop y croire les propos du colonel Le Camus, figure de la coloniale du début du XX° siècle, le colonel Ferrandi, mettait d’ailleurs en garde les jeunes officiers dans son livre « L’officier colonial » en écrivant à leur attention : « Il y a quatre choses dont il faut se méfier en Afrique : l’eau, le soleil, les moustiques et les femmes ». Pour autant, du capitaine Massu en poste dans le Tibesti au Tchad au lieutenant Salan détaché au Laos, sans oublier le capitaine Broche affecté à Tahiti… nombreux sont ceux qui négligeant ces recommandations ont découvert un pays inconnu, un mode de vie original, une culture nouvelle… en grande partie grâce à ces compagnes exotiques qu’ils avaient prises pour la durée du séjour, compagnes ensuite léguées à leur successeur. Ces unions restaient généralement sans lendemain, car même s’il y avait parfois l’arrivée d’un enfant comme ce fut le cas pour le général Salan, un mariage civil n’intervenait que très rarement du fait de la pression sociale et des différences culturelles jugées alors insurmontables… Aujourd’hui, tout comme à l’époque des Lartéguy et des Bodard, ainsi que le montre Frédéric Amat dans son livre « La drôle de vie des expatriés français au Cambodge », la fascination de la « femme exotique » reste forte chez beaucoup de ceux qui ont décidé de partir « voir au-delà de l’horizon ». Même si les « congaï » vietnamiennes sont désormais remplacées par les « maids » philippines, voire les « bars girls » cambodgiennes ou thaïlandaises, et si les « taxi-girls » chinoises hautaines d’autrefois ont cédé la place aux « sarong party girls » singapouriennes, les unes et les autres évoluant aux deux extrémités de l’échelle sociale, l’Asie illustre à cet égard particulièrement bien la pérennité du mythe de la femme exotique.



A une époque où ce ne sont plus les amibes ou les épidémies qu’elle doit redouter, mais bien plutôt les effets du démon de midi, le devenir d’une Européenne sous les tropiques reste donc parfois aussi incertain que celui de ses aînées…



Illustration :  @ 


dimanche 8 novembre 2020

Le mythe de la « poupée asiatique » : entre fantasmes et réalité…




Se marier avec un étranger a ceci de bien que cela oblige à devenir particulièrement attentive aux clichés culturels dont on vous affuble avec votre conjoint dans vos nouveaux pays d’accueil respectifs... En tant que « femme asiatique », si tant est qu’on puisse parler de « femme asiatique » en raison de l’extrême diversité du continent et du caractère pluriel des femmes qui y vivent, j’ai ainsi constaté à de multiples reprises que je me trouvais au cœur d’un certain nombre de préjugés et de stéréotypes souvent agaçants… Irritée par certains propos entendus autour de moi dans les soirées ou les dîners, propos souvent accompagnés d’œillades plus ou moins discrètes dont le sens général est « Elle fait bien jeune… Mais où se sont-il rencontrés… », j’ai donc décidé d’écrire avec l’aide de mon mari un article rectificatif destiné à mettre en garde contre ces clichés. Pour me limiter aux plus courants de ces derniers, il semblerait que la « femme asiatique » soit généralement perçue tout à la fois comme un être docile et soumis à son époux, une miniature de luxe sophistiquée et hautaine, une briseuse de ménage, une créature vénale prête à se vendre au plus offrant quel que soit son physique et son age et pour parachever ce portrait peu flatteur, comme le pion avancé d’une inévitable famille nombreuse que tout époux occidental digne de ce nom se doit de secourir et d’assister… Mais qu’en est il au juste à propos de ces idées reçues ?

 

Sommes nous toutes réellement des « êtres dociles et soumis » à nos époux ?

Penser cela c’est méconnaître singulièrement l’histoire de notre civilisation… Quelle que soit notre nationalité, nous vivons depuis des générations dans un univers patriarcal où depuis près de quatre mille ans, pour vivre, voire simplement survivre, il nous a fallu apprendre à privilégier la diplomatie et la douceur par rapport à la force… Le souvenir de nos grand-mères, coréennes transformées en « femmes de confort » pendant la guerre, ou chinoises dont les pieds étaient mutilés au nom de critères esthétiques, est encore très vivace dans nos mémoires. Pour celles qui échappaient à l’infanticide, le mariage signifiait en outre le passage du joug d’un père ayant droit de vie et de mort sur elles à la férule d’une belle-mère dont elles deviendraient l’esclave… En Asie, bien souvent sous la docilité féminine se dissimule en fait un être ayant appris à jouer au mieux de ses intérêts d’un rapport permanent du faible au fort, rapport né dans les rizières et qui se perpétue aujourd’hui dans les usines, les comités de direction ou les salons commerciaux… S’il n’exclut pas le respect légitime dû au père ou à l’époux, accepté souvent plus âgé dans un but sécuritaire, ce pragmatisme souriant et onctueux qui nous anime fait de nous « une main de fer dans un gant de velours »…

 

Sommes nous vraiment des « poupées de luxe sophistiquées et hautaines » ?

Désolée de décevoir les nostalgiques de l’époque des concessions et du Bund de Shanghai mais contrairement à Maggie Cheung, l’héroïne du film « In the mood for love », nous ne passons pas nos journées en Cheongsam fendu, juchées sur des tabourets et nous n’avons pas toutes hélas la beauté naturelle et la classe d’une Shu Qi ou d’une Zhang Ziyi… Même si notre morphologie de « petit gabarit » et notre exotisme peuvent parfois donner à penser à tort que le temps n’a pas de prise sur nous, sans pour autant aller nécessairement jusqu’aux extrémités chirurgicales des vedettes siliconées de la K-pop coréenne, comme toutes les femmes nous sommes contraintes à quelques efforts de relooking… En fait, si nous sommes autant attentives à notre allure physique et vestimentaire, c’est que quel que soit notre pays nous appartenons toutes à une société où les apparences et l’image sont essentielles. Plus que partout ailleurs, c’est en effet par le regard des autres que nous nous positionnons sur l’échelle sociale et honorons en retour par la face, nos familles pour l’éducation reçue, nos époux pour les conditions de vie qu’ils nous procurent…. La couleur blanche de notre peau, le port de vêtements élégants et l’utilisation de produits de marque (ou de leurs copies) ne sont donc nullement une attitude de snobisme ou de fierté exacerbée, mais la manifestation de l’identité sociale que nous revendiquons tant au travail que dans notre vie de couple. Ces symboles de luxe dont nous sommes si friandes, ces cadeaux que nous affichons souvent avec ostentation, notamment sur les réseaux sociaux, ne sont donc que le témoignage public de la place que nous occupons et de l’affection qu’on nous porte.

 

Sommes nous toutes des « briseuses de ménage » ?

Je comprends bien qu’avec la jeune et souriante maid philipne employée à la maison ou la diplômée shanghaienne affectée comme assistante de leur mari, court vêtue et sexy en diable sur ses interminables escarpins, beaucoup de femmes d’expatriés puissent hésiter en période de vacances à revenir en France avec les enfants en laissant « monsieur » tout seul pendant deux mois… mais n’exagérons tout de même pas… Dites vous que même les « Sarong party girls » singapouriennes, pourtant fortement redoutées dans la « ville du lion », préfèrent traquer le fringant « golden boy » célibataire, plutôt que le « quadra » bedonnant chargé de famille… En fait, plutôt que de nous incriminer systématiquement en cas de « catastrophe conjugale », beaucoup de femmes pioccidentales feraient donc mieux souvent de se poser la question de la solidité de leur couple avant le départ en expatriation…

 

Sommes nous toutes réellement des « créatures intrigantes et vénales » ?

Même si en Asie le mariage a encore une finalité sociale très forte, les mariages d’amour progressent incontestablement par rapport aux mariages arrangés ou fondés sur des critères financiers, gage de sécurité… Il suffit d’ailleurs de regarder (au second degré) la place occupée par les intrigues amoureuses dans les innombrables séries télévisées pour s’en convaincre… Si vous aimez la lecture, oubliez donc le personnage de Maï, cette taxi girl chinoise, héroïne machiavélique du « Grand monde » de Guy des Cars qui aurait aussi pu inspirer Lucien Bodard… Si vous êtes un cinéphile averti, n’imaginez pas que votre interprète chinoise, mère célibataire ou divorcée, est nécessairement la réincarnation de Suzi Wong, cette entraîneuse un brin affabulatrice du Hong Kong des années cinquante… Enfin, si vous n’êtes qu’un noctambule effréné, abandonnez un peu les reportages télé à sensation de Bernard de la Villardière et les romans de Michel Houellebecq qui pourraient donner à penser qu’en dehors des quartiers chauds, nos villes asiatiques n’offrent aucun intérêt et que toute femme aux yeux bridés est une « fille facile » prête à se vendre au plus offrant...

 

Sommes nous toutes inévitablement la « représentante d’une multitude familiale » ?

Reste enfin le mythe de la famille chinoise « élargie »… Force est de constater que bien qu’en évolution, le fonctionnement de nos sociétés est encore largement communautariste ce qui nous soumet nous autres femmes à une pression morale que nous ne pouvons ignorer. Sachez qu’une vision trop nucléaire de la famille et le rejet de ces liens de solidarité nés du sang nous exposent à une accusation infamante d’égoïsme et d’irrespect vis à vis des anciens, des proches… S’il convient de relativiser l’importance de la contribution financière imposée par ces liens familiaux, il n’en reste pas moins que dans un couple multiculturel nos époux doivent comprendre cette obligation morale de soutien qui est la notre et dont nous ne pouvons nous affranchir sous peine de perdre la face et de la faire perdre à nos parents directs… Bien comprendre cela est d’ailleurs sans doute l’une des clés essentielles de réussite d’un mariage entre une Asiatique et un « long nez »…


Pour conclure, je dirai qu’il est donc grand temps de nuancer les idées reçues concernant les « femmes asiatiques » et les mises en garde proférées à leur égard… Ces préjugés et ces stéréotypes véhiculés par la littérature, le cinéma, la télévision, voire une observation superficielle de la société locale, s’avèrent en effet parfois très lourds à porter. Outre le fait qu’ils faussent le jugement des personnes que nous rencontrons, exacerbent les susceptibilités et génèrent des tensions inutiles, ils peuvent en effet à la longue perturber profondément autant l’équilibre conjugal d’un couple multiculturel que son intégration dans la société occidentale locale...


Nota : cet article écrit à quatre mains avec mon épouse a déjà été publié sur le site du cabinet de consultants en management interculturel " Regards interculturels " :  https://regards-interculturels.fr/2017/10/le-mythe-de-la-poupee-asiatique/

                                       



samedi 7 novembre 2020

Le piment c’est bon… mais n’en n’abusons pas…

 



Après quelques mois de présence et de participation active sur un site Facebook dédié aux retraités vivant en Thaïlande, site très riche au demeurant en informations de qualité, j’ai pris la décision de quitter celui-ci car j’avais du mal à supporter l’enthousiasme effréné pour le pays manifesté tant par son administrateur que par certains de ses adhérents, adeptes du toujours plus « épicé »…


On sait depuis longtemps qu’en arrivant dans un pays étranger, une fois achevée la découverte euphorisante d’un nouveau milieu et encaissé l’inévitable choc culturel qui suit la fin de la « phase touristique », la relation au pays et à sa population tend à se décliner globalement de trois façons…

Il y a en premier lieu les inévitables inconditionnels du pays et de ses habitants, de ses paysages, de sa gastronomie, de son mode de vie, de ses mentalités… pour qui aucune critique ou réserve ne saurait être admise sur ces sujets… Dans le cas précis de la Thaïlande, « le Royaume » comme disent d’aucuns qui visiblement pensent qu’il n’en n’existe qu’un seul au monde, certains flirtent même avec la quasi idolâtrie. En essayant de « manger encore plus épicé que les Thaïs », sans doute se donnent t-ils l’illusion d’une parfaite intégration locale… Ils oublient que tout ici n’est pas comme on le lit sur les guides touristiques… et que les règles de politesse en vigueur sont tout sauf de la courtoisie, que la violence qui pour être régulée ou canalisée comme presque partout en Asie, n’en n’est pas moins réelle… et que l’indifférence aux autres est généralement de mise en dehors du cercle relationnel direct. Minimisant les inégalités sociales, fermant pudiquement les yeux sur la corruption, le fonctionnement de la vie publique, la dangerosité de la conduite routière, la destruction environnementale avec ses décharges sauvages ou à ciel ouvert… pour ne citer que ces seuls thèmes… leur leitmotiv est « Les Thaïlandais font ce qu’ils veulent, ils sont chez eux… Si ça ne vous plait pas vous n’avez qu’à rentrer chez vous ! »… De tels propos qui ne font évidemment guère avancer le débat éclairent cependant parfaitement sur l’ouverture d’esprit de leurs auteurs, dont l’approche des mentalités locales semble souvent s’être limitée à une lecture en diagonale du chapitre culture du guide Michelin... ou à la vision du sourire mécano rivé de l’employée du « seven-eleven » voisin…

 

Il y a ensuite tous ceux qui après un passage éclair au pays de Siam n’ont visiblement pas vocation à revenir de sitôt en Asie, attendant selon les cas, soit de reprendre leur avion au terme de quelques semaines de vacances exotiques, soit la fin de leur contrat d’expatriation… Pour ces réfractaires au pays, qui peut être ne peuvent se faire au goût du riz ou qui s’imaginent que le poisson qui leur est servi dans cette gargote de street food provient du klong voisin dont les effluves circulent entre les tables… rien n’est bon. Ajoutons à cela le regard que portent nombre de ces réfractaires sur les couples mixtes, en particulier parmi sa composante féminine, qui tend souvent à assimiler toutes ces jeunes femmes asiatiques accortes qu’ils croisent comme étant nécessairement des prostituées mineures et ces messieurs occidentaux plus âgés qui les accompagnent, comme de vieux « cochons », limite pédophiles… Repartant définitivement dégoûtés vers d’autres latitudes, ils et elles n’ont pas leur pareil pour tailler ensuite un “costard sur mesure” à tous les mâles occidentaux qui vivent à l’année en Asie. Avec de tels témoignages, bien relayés dans les chaumières par ces émissions télévisées à sensation souvent diffusées avant le 20 h du week-end et par quelques livres qui pour être bien vendus ne dépareilleraient pas au rayon des romans de gare, comment s’étonner que l’on ne soit pas considéré par nos compatriotes de l’hexagone comme des potentiels « touristes sexuels » ou comme des potentiels « résidents sexuels »…

 

Enfin, il y a tous ceux qui se positionnent à un niveau intermédiaire entre les intégristes et les réfractaires, groupe dont je fais partie… Ceux là qui ont appris à démythifier le sourire sont les plus à plaindre car ils ont régulièrement des démêlés avec les deux catégories précédentes, tantôt pour inciter à la mesure les premiers en les invitant à retirer leurs lunettes roses, tantôt pour rappeler à la raison et à la tolérance les seconds… Respectueux des us et coutumes locaux, capables de prendre un repas local sur la natte avec les parents de leur conjoint en arrosant même leur riz – poisson ou leur Som Tam avec du whisky allongé de soda, ils sont aisés à reconnaître car lorsque l’occasion se présente, ils ne crachent pas plus sur le Ricard ou le vin rouge que sur la charcutaille ou le fromage… Je ne sais pas si pour eux le centre du monde est toujours la gare de Perpignan, à l’instar d’un Salvador Dali, mais une chose est certaine, il ne se limite pas nécessairement à un village perdu au milieu des rizières, à un condo peuplé à 49 % de farangs ou à un Mall… voire à un comptoir à bière entouré de tabourets garnis et accueillants…

 

Je l’ai dit, la vision idyllique qu’ont certains de la société locale et de son fonctionnement n’est absolument pas la mienne. Quinze années passées outre mer et à l’étranger, parfois en coopération et pleinement immergé dans le milieu local, auxquelles s’ajoutent une dizaine d’années de vie en Thaïlande, m’ont en effet conduit à relativiser beaucoup de choses en matière de vie et de travail à l’international. L’expérience, les lectures, les discussions et l’observation de la vie locale m’ont depuis longtemps convaincu que tout n’est jamais pour le mieux dans le meilleur des mondes, ceci quelle que soit la destination… quand bien même on l’appellerait « pays du sourire ». Il faut être soit un grand naïf, soit n’avoir jamais beaucoup voyagé pour le penser… Même si on apprécie un pays et sa population, car il y a de la gentillesse et de la générosité partout dans le monde, j’estime qu’on se doit de conserver un esprit critique, ce qui ne signifie pas pour autant faire du dénigrement systématique au motif qu’on n’aime pas certaines choses… Rester dans la réserve, notamment s’agissant des sujets en rapport avec la « vie de la cité », ne serait ce que pour des raisons de prudence légitime, respecter les us et coutumes d’un pays pour ne pas choquer et à l’inverse susciter la sympathie, essayer de comprendre un minimum les mentalités locales, ce qui implique de s’intéresser un peu à la langue, véritable clé de lecture des rapports humains, sont des évidences… En ce qui me concerne je me suis toujours efforcé dans mes responsabilités passées d’inculquer ces principes à mes collaborateurs ou à ceux que je formais en vue d’une expatriation ou d’une mission à l’étranger. Pour autant, j’estime qu’il ne faut pas en faire trop et verser comme le font certains dans l’idolâtrie naïve, voire dans la flagornerie pure et simple, oubliant qu’ils ne sont ici que des pièces rapportées, momentanément tolérées, ceci pour des raisons essentiellement culturelles. Ainsi, lorsque je vois par exemple l’administrateur d’un site Facebook présenter au nom des membres de son groupe ses vœux de prospérité et de longue vie aux plus hautes autorités ou les remercier pour leur politique sanitaire de fermeture du pays, je trouve que c’est aller un peu trop loin… et « oublier bien des choses »… d’autant que les destinataires de son message, parfois xénophobes, n’en n’ont strictement rien à faire de ses vœux ou de ses remerciements…

 

Je sais bien que certains ont le sentiment d’avoir trouvé le Saint Graal en arrivant ici mais il y a des limites à tout… C’est à se demander parfois si ces personnes ont un peu voyagé dans leur vie et ont vraiment pris le temps de réfléchir à ce qui se passait autour d’elles… à moins qu’elles n’aient été soit lobotomisées en franchissant les portiques de sécurité de l’aéroport à leur arrivée, soit intoxiquées par un abus de piment… Je m’interroge sérieusement parfois…


vendredi 6 novembre 2020

Au “¨Pays du sourire”... en matière vestimentaire, les goûts et les couleurs ne se discutent pas toujours...

 




             Ceux qui suivent l’actualité de la zone Asie-Pacifique savent qu’on célèbre ces jours ci le quatrième anniversaire de la disparition du roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej, décédé le 13 octobre 2016 au terme de plus de soixante-dix ans de règne, sa mort ayant plongé ce pays de 68 millions d’habitants gouverné par une junte militaire dans le plus grand désarroi. Quatre ans plus tard, à l’occasion de cet anniversaire, on peut revenir brièvement sur la façon dont cette période de deuil a été vécue en Thaïlande car elle fut particulièrement révélatrice de certaines tendances lourdes de la société… mais aussi de certaines aspirations…


Tout au long de sa vie, ce souverain qui exerçait une forte autorité morale sur ses sujets et qui était pratiquement considéré comme un demi-dieu, a fait l’objet d’un véritable culte de la part de la quasi-totalité des Thaïlandais au point qu’un deuil national d’une année a été décrété. Afin que chacun puisse témoigner son respect pour un monarque qui avait été très apprécié tout au long de sa vie par son comportement personnel, ses valeurs et son action en faveur du peuple, le pouvoir en place avait alors recommandé à chacun de se vêtir en noir pendant un mois. Pour comprendre les raisons de cette ferveur et la signification de la disparition du roi, il faut conserver à l’esprit le fait qu’en Thaïlande, comme ce fut le cas dans de nombreux pays tout au long de l’histoire, le monarque est traditionnellement considéré comme un personnage extra-ordinaire. Outre son rôle de garant de la cohésion nationale, dans les mentalités bouddhistes, cette position intermédiaire du souverain entre les humains et les divinités en fait par sa présence le garant de l’harmonie entre les éléments et de la prospérité pour le pays...

Me trouvant lors de l’annonce du décès en voyage à Singapour avec mon épouse Thaïlandaise, cette dernière après avoir publié ce jour là sur Facebook des photos de notre séjour, fut surprise de se voir reprocher par une de ses relations son manque de respect pour le roi. Le motif de cette remarque était qu’elle arborait sur ses photos un vêtement de couleur vive au lieu du noir… et qu’elle n’avait pas ensuite supprimé ces photos, une fois annoncée la mort du roi… En dépit de son acculturation réelle à la France où nous vivons une partie de l’année, mon épouse s’est alors empressée de s’excuser auprès de son contact avant de rectifier immédiatement son « affichage vestimentaire » pour les jours que nous avions encore à passer à Singapour… rentrant ainsi rapidement dans le rang… 

Par la suite, lors de notre retour en Thaïlande nous avons pu assister au cours des jours suivants au « spectacle » de personnes éplorées, vêtues de noir, parfois nuancé de blanc, se pressant en masse sur le passage du cortège royal puis stationnant aux abords du Palais royal pour rendre hommage au défunt en se lamentant publiquement… C’était là, chose exceptionnelle dans un pays où l’on masque toujours ses sentiments et ses états d’âme derrière un sourire de composition, ceci quelles que soient les circonstances... Certains s’en souviennent sans doute encore, en dépit de cette ferveur populaire, de nombreux incidents ont éclaté les jours suivants dans plusieurs villes où des personnes qui n’affichaient pas publiquement leur deuil ou avaient tenu des propos jugés irrévérencieux, voire qui s’étaient montrées simplement insuffisamment « affligées », étaient prises à partie et même physiquement agressées… Certains journalistes ont alors parlé de « chasse aux sorcières », de quasi « hystérie » collective... Ces incidents qui n’étaient absolument pas imputables à des menées d’éventuels ultra-royalistes, même si la junte au pouvoir avait donné comme consigne de « sanctionner socialement » ceux qui critiqueraient la monarchie, c’était du jamais vu dans un pays qui passe, en dépit d’une loi sur la lèse-majesté particulièrement sévère, pour être l’un des plus tolérants au monde...

 

Si plusieurs lectures de ces événements sont possibles, selon qu’on les aborde sous l’angle de la Politique, de l’Histoire, de la Sociologie, de la Religion… en restant dans le domaine de l’analyse interculturelle, je ferai trois observations…

 

En premier lieu, je dirais que dans ces sociétés asiatiques dites « de la honte », bien plus qu’en Occident où pourtant l’importance des apparences est de plus en plus grandissante, il est mal vu, voire inacceptable de se singulariser par rapport à ses pairs sous peine d’être mis à l’index. Il y a en effet chez la grande majorité des individus une grande fragilité face au regard et à l’opinion des autres et sous peine de perdre la face personne ne veut se faire remarquer de façon négative. En Thaïlande, parmi les critiques les plus infamantes qui soient et auxquelles personne ne veut s’exposer, il y a ainsi notamment les accusation de pingrerie, de malpropreté corporelle ou vestimentaire, de non respect du devoir d’assistance familiale, de comportement sans gêne vis à vis des autres, de manque de considération à l’égard des gens plus âgés, plus doctes... et bien entendu d’irrespect pour le souverain et sa famille... Ceci est en fait très révélateur du degré réel d’ouverture de cette société qu’on présente pourtant comme très tolérante, en témoigne par exemple la reconnaissance (quasi) officielle de l’existence d’un “troisième sexe”... Cette crainte vis à vis du jugement d’autrui a toutefois des effets pervers non négligeables car elle aboutit par exemple à limiter considérablement l’initiative dans le travail ou l’expression individuelle en matière de vie politique et sociale… Comme j’aime à le dire souvent, “pour vivre heureux en Asie, il faut vivre cachés au sein de son milieu”… du moins si l’on n’a rien d’exceptionnel à afficher comme par exemple des signes extérieurs de réussite sociale permettant de « se donner de la face ».

 

Ces incidents montrent par ailleurs qu’en matière d’orientation sociale, en dépit d’un apparent individualisme qui nous choque parfois, comme par exemple la non assistance aux blessés qu’on observe souvent dans la rue lors d’un accident ou cette indifférence aux autres lorsqu’on ne les connait pas, et malgré l’inévitable évolution des modes de vie et de consommation, les sociétés asiatiques continuent d’obéir encore et toujours à un fonctionnement communautariste. Bien que la taille de cette communauté soit toutefois variable suivant les circonstances, les individus réagissent beaucoup plus qu’en Occident en fonction de leur endo-groupe. Les liens unissant les personnes à cet endo-groupe sont en fait le plus souvent familiaux ou relationnels, parfois professionnels... exceptionnellement nationaux comme dans le cas présent, ceci indépendamment des divisions sociales et politiques. Quand on vit en Asie, si l’on ne veut pas faire d’erreur d’appréciation ou commettre d’impair tant dans le travail que dans la vie privée, il est donc essentiel de bien identifier « l’entité d’appartenance » de notre interlocuteur car les spécificités ou intérêts de cette dernière conditionneront souvent en partie la sensibilité et les réactions de l’intéressé...

 

Enfin, dernier point, s’agissant des modes de communication, dans une société où il est de coutume de ne pas extérioriser en public ses sentiments et ses affects, force est donc de constater, d’une part qu’il peut exister des espaces ou des moments d’exception, d’autre part que l’apparence vestimentaire et corporelle participe de l’expression individuelle, plus encore qu’en Occident. L’importance démesurée par rapport à nos pays de l’apparence physique s’explique par le fait qu’il s’agit la en effet d’une forme de langage à part entière. Dans une culture où le non dit et le silence sont au moins aussi si ce n’est plus importants que les mots, au delà du respect légitime dû à un défunt qui avait fait la quasi unanimité au sein de la population, ne pas s’habiller de noir revenait plus ou moins à prendre partie politiquement parlant et à remettre en cause un des fondements de la société... chose inacceptable pour beaucoup.

 

Pour autant, en dépit de cette chape de conformisme social et… vestimentaire... qui s’est abattue sur la société, nombre de Thaïlandaises ont rapidement réagi, affichant par la même un certain souci d’indépendance et d’émancipation vis-à-vis de l’ordre social établi… Appliquant certes les consignes de la junte en s’arrachant sur Bangkok des robes noires, parfois vendues à prix d’or, nombre d’entre elles se sont alors efforcées de démontrer que deuil et besoin de séduction n’étaient apparemment pas incompatibles... et que quelle que soit la gravité du moment, ce n’était pas là une raison suffisante pour s’habiller comme des épouvantails… Très rapidement, le look particulièrement « sexy » de certaines jeunes femmes, qui évoquait plus une soirée de réveillon qu’un deuil national, a donc finalement contraint les pouvoirs publics à définir officiellement des standards de longueur et de style de vêtement pour mettre un terme à la « fantaisie » de certaines… fantaisie pourtant bien agréable à regarder. Si ces événements conduisent à s’interroger légitimement quant aux parts respectives du conformisme social et du souci d’élégance en Asie, force est de constater qu’ils nous interpellent aussi concernant l’évolution des mentalités et le ressenti du devenir de l’organisation sociale et politique du pays… sujet sensible s’il en est.

 

Faute de pouvoir se prononcer sur l’avenir de la société et au vu de l’interprétation qui en a été faite de la notion de vêtement de deuil, ceci malgré la désapprobation de certains esprits rigides, on se contentera simplement de se dire que la « petite robe noire » a donc encore de beaux jours devant elle en Thaïlande… ceci pour notre plus grand plaisir des yeux bien évidemment…


jeudi 5 novembre 2020

Galeries de portraits : en arpentant le bitume, à la rencontre de “Noi la gagneuse”... (2)

 





Malgré ses extraordinaires capacités à communiquer avec les inconnus ainsi que nous l’avons vu précédemment, le gros souci de Noï en fait, c’est que comme elle a de l’ambition, elle commence à trouver le temps long dans son bastringue ou sur son coin de trottoir et qu’elle troquerait bien son short délavé un brin trop court et son rouge… pardon son vert à ongles agressif… contre la tenue rose bonbon d’une de ces poupées sophistiquées qu’on voit dans ces séries télévisées thaïlandaises hautement intellectuelles, diffusées aux heures de grande écoute féminine…

 

Difficile de la blâmer au demeurant à propos de ces aspirations, car après être restée pendant des heures à se faire bassiner par un groupe de conteurs du soir rivés à leur comptoir, on se doute que la perspective de partir arpenter le bitume une paire d’heures supplémentaires pour compléter son net n’est guère réjouissante… L’idée de Noï... qui a longtemps travaillé dans le “secteur économique dit primaire” avant de basculer vers le “secteur des services à la personne”... plus juteux... serait bien évidemment de se trouver un bon gros faisan d’élevage à ramener à la ferme familiale dans sa lointaine province d’Issan… Et les faisans, ce n’est pas cela qui manque dans Pattaya... Mais le problème avec la chasse au volatile c’est qu’il faut y aller avec discernement, ce qui ne signifie pas seulement en trouver un de bien dodu... ça pas de souci, ils le sont tous en règle générale... mais un qui ne soit pas précisément du genre trop “volatile”... Ce qu’il lui faut c’est en dégoter un tout à la fois stable et bien pourvu en espèces sonnantes et trébuchantes... encore qu’elle préfère largement le crissement du “bifton” au tintement des pièces... chose qu’on peut comprendre aisément... En même temps, il faut agir aussi avec prudence car il ne faut pas essayer d’en attraper plus d’un seul à la fois... Vu ce qui est arrivé récemment à une de ses “consœurs” qui chassait tous azimuts, ce serait dommage de finir elle aussi lardée de coups de couteaux par un soupirant jaloux et un peu trop possessif qui n’aurait pas apprécié ses demandes “d’amis” sur “Face de bouc”… Avouez que comme karma c’est pas terrible... Comme dirait une de mes connaissances, à trop vouloir essorer le farang on risque à la fin de finir par se “faire repasser”… Que les âmes sensibles ne soient tout de même pas exagérément inquiètes pour Noï, car même si elle n’a pas lu l’intégrale de Pagnol, notamment “La femme du boulanger”, elle ne tient pas à terminer dans le pétrin pour avoir voulu jouer à la multiplication des pains…

 

Mais, pour Noï, prudence ne signifie pas pour autant contemplation… car chaque passage pedibus jambus devant un ATM finit à la force par lui donner des idées… Pour faire simple, disons que dès qu’on prononce le mot argent, son cerveau commence à travailler à la vitesse de la fibre optique (celle-là même qui relie l’ATM à votre banque, histoire de lui faire suivre toutes vos éventuelles fantaisies exotiques en période de vacances tropicales)… Pour améliorer la condition du “petit peuple” et accessoirement se payer le dernier modèle de téléphone Apple permettant d’immortaliser le menu du jour... entre deux clichés de membres bienfaiteurs de son bar, tous adeptes de l’amicale de “Johnny le marcheur”... Noï sait parfaitement qu’un sponsor lui est indispensable. Le hic en période de COVID, c’est que la plupart des mecs qui sont sur la plage ou dans les magasins sont des “permanents” placés sous le contrôle étroit de leurs bonnes femmes, donc intouchables... Bien sur, il en reste quelques uns de disponibles ailleurs, notamment dans les bars ou dans la rue… mais ce sont souvent des seconds choix. Si c’est pour trouver un demi-sel qui sculpte la fumée, ça elle sait déjà faire et au demeurant c’est facile comme un Wai… Comme on dit couramment, pour en ramasser un de ceux-là, il suffit de se baisser… (avec une jupe un peu courte ça va sans dire…). Non, le problème c’est de trouver le bon mec, celui qui sait parler (longtemps et souvent) aux ATM, cette machine magique qui fait du cash… Si elle y arrive, elle aura raflé la mise, sans se crever la paillasse jusqu’à point d’heure à écouter des arsouilles en équilibre précaire sur un tabouret lui raconter leur vie en jouant un remake de “la caméra explore le temps”… Après plus de souci…

 

La première chose à déterminer, c’est donc où trouver le bon endroit pour rencontrer le perdreau de service en question... Certainement pas les bars ou le bitume… ça c’est sûr, on vient de le voir… A bien y réfléchir, le mieux serait peut être d’essayer l’hôpital… Pourquoi l’hôpital ? Et bien tout simplement parce que là c’est climatisé, qu’on peut y travailler assise (comme dans un bar mais avec des sièges plus confortables que le tabouret…), parce que tous les mecs non malades finissent par descendre à un moment donné dans le hall pour boire un coup pas cher… même ceux qui sont arrivés accompagnés... En outre, dans un tel décor il y a des chances que leur moral soit au plus bas et qu’ils aient besoin de réconfort… De plus, cerise sur le gâteau, dans un hosto il n’y pas de risque de faire ramasser pour un contrôle d’identité par les “archers du Roi” comme aurait dit en son temps ce bon commissaire San Antonio... Plus elle y pense et plus elle se dit que ça a l’air jouable… Par ailleurs, quand on veut se faire passer pour Cendrillon ou Cosette, reconnaissez que c’est quand même plus crédible que devant un comptoir de bar… pas vrai ? Il y a quand même un léger inconvénient dans cette affaire, c’est que dans ce genre d’endroit on y croise pas mal d’infirmières en tenue immaculée et coiffe blanche, fort jeunes et fort jolies, mais heureusement, la plupart sont plus en quête d’un médecin célibataire formé aux States et promis à un brillant avenir... que d’un cheval de retour retraité... et boiteux.

 

Après le lieu, la seconde chose importante, c’est de choisir le bon faisan à plumer… en définissant un cahier des charges qui tienne bien la route… ou le trottoir comme vous préférez…

 

Question âge ? 50 – 60 ans… pas moins… mais en vérifiant quand même que le loustic n’ait pas une prestation compensatoire ou une pension alimentaire à payer dans son pays d’origine à une “miss tsunami” l’ayant laissé sur la paille (de riz) après un divorce houleux… Question tsunami, merci, comme on a déjà donné pas mal dans le pays, pas la peine d’en affronter un second... En plus manquerait plus qu'elle se fasse refaire à cause d’une autre morue… et puis quoi encore… Avec la mama san le racket ça suffit déjà comme ça… Moins de cinquante balais, il y a comme qui dirait encore de la “ressource” mais dans ce cas c’est le mec qui a le contrôle de la loi de l’offre et de la demande… Là, c’est un choix pimenté, mais risqué… Plus de soixante ans, on approche de la date de péremption… Certes c’est un choix raisonné et sécurisé, mais à coup sûr certainement ennuyeux… En plus il lui faudrait gérer un planning pour éviter que “le vénérable” ne se retrouve un jour nez à nez avec l’inévitable petit ami thaï… ce qui l’obligerait alors à faire embaucher ce dernier pour pousser la chaise roulante… en le faisant passer pour un cousin... Tout ça pourrait devenir très, très compliqué à gérer… A voir donc…

 

Question nationalité ? Alors là tout… sauf du local, parce que la condition de “mia noï” en Thaïlande, c’est à dire de maîtresse d’un mec à pognon, c’est comme qui dirait encore plus précaire qu’un statut saisonnier d’ouvreur d’huîtres à Arcachon… Il y a des chances que ça dure moins longtemps que les impôts cette affaire... d’autant que la concurrence est dure dans ce milieu.

 

Question niveau intellectuel ? Il ne faut pas que le type soit une lumière vu qu’il faut qu’il ait impérativement le sentiment de venir en aide à une déshéritée qu’il sort du malheur, autrement dit de faire une bonne action… En gros, un mec qui croit que dans la vraie vie de tous les jours en Thaïlande, c’est comme dans le film “Lady bar” ou dans le roman “Le petit monde de Suzy Wong”… Maintenant, attention quand même, car si le type est vraiment trop idiot, il y a aussi le risque de se le faire piquer par une femme de ménage birmane qui aura su l’émouvoir autant par son châssis que par son discours à propos du manque de liberté dans son pays… En fait ça veut dire qu’il faudra penser à le faire surveiller dans les débuts par des copines (fiables)… contre une remise de dettes pour le fric qu’elles ont perdu aux cartes… Et oui, il n’y a pas que les banques qui doivent faire appel à des sociétés de protection !

 

Mais puisqu’une une célèbre maxime dit que « Tapiner c’est prévoir… », il faudra aussi qu’elle pense rapidement à organiser l’avenir… Donc si la pêche est bonne, il s’agira pour elle de prendre ses dispositions afin de protéger ses vieux jours… Jusqu’à présent, protection rimait généralement avec prélèvements monétaires… Dons à la caisse monacale pour s’acheter quelques mérites en vue des temps futurs, histoire d’améliorer un karma légèrement pourri…, passage sans reçu à la caisse des “œuvres sociales” des gardiens de l’ordre du commissariat local pour préserver son espace de travail et éviter de se retrouver à l’ombre… et même certains jours, carrément passage gratis à la casserole pour aider ces derniers à évacuer le stress lié à l’exercice de l’autorité sur la voie publique… Non désormais, si protection il doit y avoir, ce sera sous la forme d’un bon compte bancaire bien rempli et à son nom…

 

Comme vous pouvez le constater, gérer la crise économique liée au COVID pour une gogo girl c’est tout... sauf de l’improvisation… Mais comme je ne voudrais surtout pas que vous vous imaginiez que m’apitoyant sur le chômage des “animatrices de rue” en Thaïlande mon étude sociale pourrait déboucher sur un sponsoring actif, nous allons donc nous retirer et abandonner Noï à ses réflexions en la laissant dérouler toute seule son “business plan”... Espérons simplement que vous n’aurez pas à faire un passage dans les prochaines semaines du côté de l’hôpital de Pattaya… des fois qu’elle y serait déjà… Elle pourrait alors très bien vous confondre avec un distributeur de billets… Enfin vous voilà prévenus…


mercredi 4 novembre 2020

Galeries de portraits : en arpentant le bitume, à la rencontre de “Noï la gagneuse”... (1)

 





Faisant suite à mon récent article à propos des soirées nocturnes dans les bars, article écrit bien entendu à l’attention de tous ceux qui ont un jour voulu savoir ce qui s’y passait sans jamais oser le demander... et surtout sans rien payer... je poursuis donc mes élucubrations siamoises en dressant une série de portraits de gens que l’on peut croiser en sortant de chez soi car ici, faut il vous le rappeler, COVID ou pas, le confinement n’est pas de mise... Mais pouvoir sortir de chez soi ne signifie pas pour autant que la situation économique soit réjouissante, car dans un pays qui vit en partie du tourisme, bien des gens se retrouvent au chômage à commencer par ces “gogo girls” popularisées par les reportages à sensation de Bernard de la Villardiere sur Pattaya, Phuket ou sur certaines rues spécialisées de Bangkok..... Coup de projecteur sur une profession en danger...

 

Question impact économique de la COVID sur les gens vivant du tourisme, j’aurais bien entendu pu vous parler longuement du difficile devenir des hôteliers ou des guides touristiques spécialisés en visites de temples... Mais avouez quand même que cela risquerait d’être d’une banalité affligeante, d’autant plus, s’agissant des guides, que comme vous en avez en ce moment une palanquée de désœuvrés du coté du Louvre, autant aller leur poser la question vous même si vous êtes inquiet quant au devenir de la profession... Les “gogo girls” en revanche, c’est certainement plus attractif comme sujet d’étude car ça ne court pas les rues... du moins en France... tandis qu’ici en temps normal, c’est un peu comme un jour de soldes aux galeries Lafayette... ça se bouscule dans certains quartiers... En attendant la réouverture des frontières, faisons donc le point si vous le voulez bien sur cette question angoissante et angoissée que se posent tous les potentiels touristes saisonniers, esseulés et en quête de réconfort affectif, à savoir comment font en leur absence ces “ambianceuses” pour survivre par ces temps de disette... Pour être honnête, plusieurs mois après la fermeture du pays aux miasmes importés de l’étranger, le devenir de cette population, dont le pouvoir attractif sur le célibataire occidental au moins aussi fort que celui d’une étoile du guide Michelin sur le palais du gourmet de base, est encore plus sombre et plus préoccupant que celui des intermittents du spectacle du festival d’Avignon... Au risque, soit de me faire écharper par un collectif d’adeptes inconditionnels du pays du Sourire fortement en colère, car me faisant reproche de colporter encore une fois un cliché trompeur et réducteur de la Thaïlande, soit de choquer un patronage de bien pensant(es) qui n’ont visiblement jamais mis les pieds en dehors de leur hôtel climatisé et aseptisé lorsqu’ils voyagent au delà des frontières de l’hexagone, penchons nous sur cette profession qui travaille dans l’ombre... Enfin quand je dis dans l’ombre, c’est une façon de parler, car entre celles qui œuvrent dans la psychanalyse active et encadrée sous les spots des bars et celles qui, ayant opté pour un statut libéral, pratiquent la randonnée itinérante sous les réverbères, pas besoin de caméra thermique pour les repérer...

 

Comme dans toute étude... de mœurs... pour y voir clair concernant cette profession, il nous faut commencer par trouver un échantillon représentatif de la corporation... Pour ce faire, pas besoin d’aller très loin car nous avons à notre disposition celle que nous nommerons “Noï la gagneuse”… Pour la rencontrer, c’est super facile, il suffit de traverser la rue... sous réserve du moins que vous soyez du mauvais coté du trottoir... mais ça ce serait quand même étonnant dans une ville comme Pattaya où par définition le bon coté du trottoir pour ce genre de prise de contact, c’est des deux cotés de la rue... Si d’aventure le trottoir est vide, à mon avis, c’est que vous vous êtes trompé de ville... c’est la seule explication que je puisse raisonnablement envisager... et il ne vous reste plus alors qu’à remonter dans un bus pour poursuivre votre route en direction du “laboratoire”...

 

Précisons au passage quand même pour ceux qui n’ont pas encore lu “Plateforme” de Houellebecq... ou pour ceux qui n’ayant pas la télé n’ont encore jamais visionné un des reportages dits à sensation du sieur de la Villardiere à défaut d’être sensationnels... que la “gogo girl” est un personnage essentiel des cités balnéaires thaïlandaises et de quelques rues particulières de Bangkok, la “capitale des anges”, traduction littérale de son appellation dans le jargon local… Si d’aventure un jour, prenant votre courage à deux mains (ou votre solitude), vous vous risquez à aller explorer ces “walking streets”, littéralement ces rues piétonnes, ne soyez pas surpris avant même de rencontrer Noï, d’y croiser pas mal de“rentiers du 93” venus flamber les primes qu’ils ont grattées sur votre dos grâce aux aides multiples et variées versées aux nécessiteux par les contribuables français... ou les bénéfices tirés du “commerce des herbes de Provence”... Pour en revenir à Noï et à ses “consœurs”, pas d’inquiétude à avoir, vous ne pourrez pas les louper.... Comme signe distinctif, en plus d’être maquillées comme des voitures volées et d’afficher un des stigmates de la crise économique actuelle, à savoir un manque flagrant de tissu vestimentaire, elles sont toutes polyglottes et bien mieux qu’un agent de l’immigration, elles sont capable de vous interpeller dans la langue que votre mère vous a enseignée, ce avant même que vous n’ouvriez la bouche, pour vous indiquer le bon chemin à suivre... des fois que vous vous égareriez. A croire qu’elles donnent dans la divination... Quand on vous dit que c’est un métier !!! Une chose est d’emblée évidente, cette serviabilité et cette faculté à pratiquer les langues ne peuvent manquer de vous les rendre spontanément sympathiques car comme chacun sait, on est toujours bien contents de pouvoir communiquer avec quelqu’un quand on se retrouve seul en pays inconnu... Et ça ce n’est que le premier effet “kiss... cool”... Le second on en reparlera plus tard...

 

Pour en revenir à Noï, “gogo girl” professionnelle abonnée à un bar… mais un brin ascendant “tapineuse de l’asphalte” les jours de relâche du bastringue… il faut que vous sachiez qu’elle est venue comme beaucoup à Pattaya sur invitation d’une copine pour faire la “saison”... en gros, un peu comme chez nous en France quand on descend dans le midi pour faire la période des vendanges… Après seulement quelques semaines de travail, de l’avis général, force est de constater que pour “vendanger”, le moins qu’on puisse dire c’est que Noï se débrouille bien, vu qu’en matière de grappes elle n’est pas trop regardante sur l’origine du cépage... même si sa couleur préférée reste bien évidemment le vert sombre... la même couleur en fait que celle du billet de l’oncle Sam... Que les âmes prudes ne commencent surtout pas à lui faire un procès d’intention car Noï est un rouage central et indispensable de l’économie locale... voire du commerce équitable... En effet, sans elle il n’y aurait pas de “touriste en goguette”, sans “touriste en goguette” il n’y aurait pas de 13eme mois pour les représentants locaux de la “maison Royco”, généralement postés en embuscade à chaque coin de rue, et sans ces derniers... Arrêtons là cette énumération en cascade, autant pour faire bref que pour m’éviter de possibles ennuis ultérieurs en période de renouvellement de visa... En résumé, si Noï n’était pas là, ce serait le chaînon manquant de l’économie locale... Bien sûr, si on commence à s’interroger pour savoir qui de la “gagneuse” ou du client justifie la présence de l’autre, on en revient toujours à la même histoire, à savoir qui de la poule (sans jeu de mots…) ou de l’œuf (sans nécessaire référence autant à la calvitie de certains clients qu’à leur tour de taille…) était là en premier… Enfin, passons, car là n’est pas la vraie question... Ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est surtout la vision de l’homme... pardon, de la femme de la rue... sur la façon de lutter contre l’impact de la crise économique générée par la COVID...

 

Comme toujours en période de crise, il apparaît que pour survivre en ces temps de COVID rien ne vaut une bonne concertation entre tous les acteurs et une bonne communication entre les différentes parties prenantes... Je m’explique... Même si les occidentaux, les “farangs” comme on les appelle ici, sont beaucoup moins nombreux qu’autrefois, ceux qui restent ont tous une ressource essentielle et fortement enviée des “animatrices de rue” pour combattre les effets secondaires de la COVID... Cette ressource c’est un petit morceau de plastique doté d’une puce électronique qui leur permet de se faire entendre de leur banquier via le distributeur de billets, l’ATM, comme on dit ici... et lorsqu’ils parlent à l’ATM ce dernier leur répond sans problème... en crachant du cash... et ceci parfois plusieurs fois par jour si nécessaire... Noï qui n’est pas tombée de la dernière pluie a vite compris que si elle tombait sur un mec seul en cours de discussion avec cet ATM sa journée de turf aurait des chances d’être écourtée... Et effectivement, très rapidement Noï est vite devenue la femme qui sait parler à l’homme qui lui même sait parler à l’ATM, cet obscur objet du désir féminin asiatique... Disons pour élever le débat et ne pas donner aux esprits chagrins et pudiques le sentiment qu’on traîne un peu dans l’égout avec ce sujet, qu’on a alors vu s’opérer comme qui dirait une sorte de relation de transitivité entre la machine magique, le mec en attente de liquidités et elle... étant donné que les biftons n’ont pas vraiment le temps de trop moisir dans la poche du mec... Vous me suivez ?... Un dernier détail quand même... Quand je dis que Noï parle, ne croyez pas qu’elle ait besoin d’élever la voix pour faire couler le liquide... Un murmure accompagnant un sourire qui en dit long suffit en fait pour ça... Pour vous faire une idée de la scène, dites vous que c’est un peu comme dans le film “L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux” où Robert Redfort communique super bien avec les bourrins et les guéris de leurs angoisses... sauf que sur le front de mer de Pattaya il n’y a pas beaucoup de chevaux... mais des ânes ça pour sûr, ce n’est pas ce qui manque, même en période de COVID...

 

Pour résumer on pourrait dire en quelque sorte que Noï, c’est en fin de compte “la femme qui murmure à l’oreille des ânes”...


Bienvenue sur Sanuk...

Bonjour à toutes et à tous, puisque vous venez de vous prendre les pieds dans la toile et êtes venus buter sur mon blog, soyez donc les bien...