samedi 5 décembre 2020

Galeries de portraits : investissez dans l’immobilier, une valeur sure, avec “Boris le moujik”... (2)

  


 


Passés les premiers jours et parfaitement conscient du fait qu’il avait intérêt à se bouger les moignons s’il ne voulait pas voir débarquer par un vol Aéroflot le porte parole (accessoirement aussi porte flingue) d’un collectif d’actionnaires moscovites en colère venu solder les comptes, Boris a commencé à broyer du noir… car par les temps qui courent, le moins qu’on puisse dire, c’est que le client tend à se faire rare. Et comme apparemment ses créanciers n’ont étonnamment jamais entendu parler de la crise de la COVID et de son impact sur le tourisme, ''l’ardoise'' reste suspendue sur le mur au dessus de sa tête, juste entre les portraits de « qui vous savez » et la copie ''légalisée localement'' de ses diplômes et patentes attestant de ses compétences et de sa probité, documents payés non pas à la sueur de son front mais à prix d’or… Pour ceux qui ont un peu de religion je dirais que c’est un peu comme dans l’histoire de Cain dans la tombe et de l’œil qui le regarde… sauf que là c’est l’ardoise qui le regarde… Quand à la tombe inutile de développer, le mec Boris y est déjà à moitié dedans depuis un certain soir de méprise… En un mot, l’avenir semble devenir sombre… au moins aussi sombre que les eaux du Chao Praya le mec Boris risque d’aller faire trempette…

 

Bien sur, pour payer plus rapidement sa dette à l’équipe des trois « rustiques », notre ami pourrait renouer avec le jeu mais au vu de son passif et du fait que de ce coté-là c’est un peu bouché pour lui dans ce milieu professionnel… la prudence recommande quand même de s’abstenir… Faut le comprendre, quand on se prend une danse comme celle que lui ont mis les trois susceptibles, on devient prudent avant d’entamer une reconversion professionnelle non prévue par les accords de branche… Et Boris est devenu un homme prudent, croyez moi ! Certes pas prudent au point de porter bretelles et ceinture comme votre banquier… ou comme ses créanciers… mais prudent quand même… Et puis, vue sa tronche de faux témoin, de toutes façons ce ne serait pas sûr que ça marche le jeu car je ne sais pas s’il y aurait beaucoup de partenaires disponibles prêts a jouer avec quelqu’un qui de toute évidence a été pris la main (et la tête) dans le sac… et qui visiblement n’est pas arrivé à les retirer à temps…

 

Il y a donc des jours Boris en vient à se demander dans un moment de lucidité (ou de sobriété, comme vous préférez, vu que ces deux termes sont synonymes pour nombre d’amateurs de vodka…) s’il n’y a pas eu une erreur de casting lors de son « embauche »… De là à solliciter un nouvel entretien à ses employeurs en vue d’une redéfinition de sa fiche de poste… faut pas exagérer quand même… Ne jamais confondre audace et témérité… même avec 5 gammes d’alcool dans le sang…

Ce qui aggrave aussi la situation, c’est qu’en plus de la raréfaction du client, notre homme ne semble pas avoir spécialement le profil de l’emploi… Et oui, vu qu’il s’agit quand même d’une activité pour vendre il faut aussi savoir séduire le client par ses bonnes manières et par son look… inutile de vous dire qu’entre sa gueule édentée et ses moignons, pour rassurer les investisseurs on fait mieux… Et je ne vous parle même pas de l’effet produit dans la rue, vu qu’on est dans un pays il faut sourire de toutes ses dents en toutes circonstances et saluer les autres en joignant ses doigts pour avoir l’air poli… Même les moines, adeptes de la non violence, changent de trottoir lorsqu’ils l’aperçoivent et préfèrent jeûner plutôt que de taper l’incruste chez lui pour casse-crouter… Pour le coup, c’est sûr qu’en matière de distanciation sociale on ne peut rien lui reprocher… Quand à son agence elle est devenue facile à trouver vu qu’elle se situe désormais dans la seule rue de Pattaya  du fait de sa seule présence, on ne trouve plus de street food… les restaurants de rue faisant faillite les uns après les autres pour cause de désaffection. Seul le « seven eleven » local semble faire de la résistance mais faut dire qu’on a du bâtir en catastrophe devant la porte un lotissement complet de maisons aux esprits… histoire de conjurer le sort…

 

Pour un homme qui aurait souhaité se faire oublier et rester dans l’ombre, devenir agent immobilier, on en conviendra c’est quand même un peu voyant… d’autant que dans ce genre d’investissement, la seule chose que le client risque de voir c’est simplement l’agent immobilier… L’immeuble lui, c’est parfois plus difficile de le voir et des fois on l’attend longtemps, longtemps… avant de le voir… et quand on le voit c’est même parfois une illusion d’optique… une maquette pour être plus précis… Le seul truc rassurant pour le moral du client en cas de problème, c’est que celui-ci peut quand même se dire qu’il n’est pas le seul à être victime d’un mirage… Cela lui évite ainsi par la même occasion de se poser des questions à propos de son acuité visuelle et ça lui fait économiser du même coup des dépenses inutiles chez l’ophtalmo… parce que vu les acomptes déjà versés à l’agent immobilier, il va lui falloir commencer à mettre sérieusement de l’argent de coté s’il veut durer dans le pays, boire frais et continuer à sourire… Malheureusement, comme tous les clients n’ont pas forcement le sens de l’humour, le mec Boris se dit que si en plus des usuriers moscovites il faut se préparer à affronter aussi les investisseurs étrangers adeptes des placements à haute rentabilité mais un brin irascibles, la vie va devenir rapidement… invivable… d’autant que même sans être physionomiste il y a peu de chance que ces derniers l’oublient…

Un malheur ne venant jamais seul, quand on est un mec venu tout droit de la steppe, la vie de bureau ça devient en outre vite lassant et pénible… surtout quand on ne lit pas Tolstoï entre deux clients… et même carrément quand on n’a pas appris à lire du tout comme c’est le cas de notre homme… Remarquez que vu ce qu’on sait de l’écriture thaïe, avoir lu Tolstoï ou pas, ça ne fait guère avancer les choses pour rédiger un contrat… surtout bidon…

 

Le mètre de trottoir linéaire devenant disponible depuis le déménagement des street foods et la nature ayant horreur du vide, c’est donc naturellement que quelques arpenteuses de rues sont venues l’occuper gracieusement… ce qui ne veut pas dire forcement avec grâce étant donné que dans le lot il n’est pas impossible que se soient glissés quelques détenteurs du service trois pièces… L’oisiveté étant comme chacun sait la mère du vice et vu que son bureau donne directement sur le bout du trottoir déambulent à longueur de journée Noi et ses copines, on comprendra sans problème qu’en restant assis sans rien faire si ce n’est regarder par sa fenêtre, le spectacle offert et les sourires engageants de ses voisines finissent par donner des idées au mec Boris… ainsi que des fourmis dans les jambes… et pas que là d’ailleurs aussi… le démon de minuit remplaçant le démon du jeu…

 

Au fil des jours le mec Boris a donc commencé à se demander sérieusement s’il ne faudrait pas qu’il envisage une diversification de ses activités vers le secteur du « tapin », domaine incontestablement plus sûr que le jeu et surtout beaucoup plus rentable et discret que la gestion de l’immobilier… La meilleure preuve que le « tapin » c’est discret, c’est que même les gardiens de l’ordre à Pattaya semblent douter de son existence quand on évoque devant eux ce sujet… c’est vous dire… D’abord on travaille souvent la nuit et puis ce que les clients voudront voir dans ce commerce, ce n’est pas forcément la tronche à Boris… et c’est mieux comme ça d’ailleurs… Et comme à vrai dire ils ne tiennent pas non plus nécessairement à ce qu’on voit aussi toujours la leur… ce serait en quelque sorte comme qui dirait exercer une activité professionnelle par procuration… avec comme devise « Pour vivre heureux vivons cachés »… en particulier des services de l’immigration parce que question « work permit » il y aurait comme qui dirait un certain flou dans la définition de l’activité… Une option possible serait, tout en conservant son agence et en respectant les distances de sécurité, de gérer son petit turbin complémentaire depuis son bureau qui a pignon sur rue comme on dit…

 

Poursuivant activement ses réflexions, performance peu aisée avec un cerveau légèrement endommagé suite à une surconsommation de vodka frelatée dans sa jeunesse, l’idée de faire de l’argent pour rembourser son ardoise en montant une écurie de « Marie-madeleine » et en devenant « julot » à temps partiel fait donc son chemin…

Le seul problème, c’est qu’entre le rêve de Boris et la réalité, il y a comme qui dirait une grande steppe désolée à parcourir, parsemée de plein « d’emmerdes » possibles et de malfaisants en tous genres aux aguets…

Le premier gros problème à résoudre c’est de déterminer où installer ses « collectrices de billets »… autrement dit de façon pratique, trouver un endroit où il ne « vexera » personne… Si le flambeur russe est parfois un brin susceptible comme on l’a vu, il y a fort à parier que ce ne soit rien à coté de ce que le « chaopo » thaïlandais pourrait lui infliger en cas de malentendu à propos d’une erreur de bornage de pas de porte… Terminer au fond du fleuve ou en « tout venant » de fondation d’immeuble, même quand on a vocation à bosser dans l’immobilier, ce n’est pas vraiment ce à quoi il aspire… Pour tout dire, Boris est un homme qui ne veut plus entendre parler de jeux de hasard… Si je vous disais que même la vue de vendeurs ambulants de billets de loterie nationale lui déclenche des cauchemars… Mettez-vous donc à sa place… Non vous n’y tenez pas ? Bon passons…

Un autre souci c’est que pour ouvrir son « commerce », il va lui falloir entreprendre pas mal de « formalités »… et dieu sait si c’est compliqué les « formalités administratives » en Thaïlande… presque autant que dans sa Russie natale… Il y a tellement de « timbres fiscaux » à acheter qu’on s’y perd un peu… et en plus il faut trouver les bons « bureaux » pour les payer… Et comme tout se fait par bouche à oreille dans cette ville, c’est du boulot, croyez moi… Quand vous imaginez que même pour ouvrir une gargotte de street food il faut « arroser » les moines pour conjurer le sort… et éviter sans doute ainsi une possible rupture de la chaîne du froid ou un retard d’approvisionnement… vous pouvez imaginer ce que ça donne pour une activité nocturne dans un secteur fortement concurrentiel…

Et puis surtout, il y a intérêt à ouvrir l’œil parce qu’en ce qui concerne les malfaisants ou les mauvais payeurs, là il y en a une « tetra chiée plus quinze” dans une ville comme Pattaya. Vu le public, il va falloir se préparer à montrer les dents… mais là, force est de reconnaître que le mec Boris n’est plus vraiment crédible après la blague de ses copains… Plus démuni que lui, on a du mal… Heureusement que la Thaïlande est le paradis des cliniques dentaires parce qu’il faut bien dire qu’un « mac » qui en plus ne pourrait plus embobiner des « gagneuses » avec sa belle gueule… ça ne ferait pas très sérieux…

 

En dépit de ces petits problèmes à résoudre, l’objectif de Boris serait donc d’avoir une dizaine de filles à lui et d’arrondir ses fins de mois un peu comme font ses camarades dans les rues de Moscou… Vu le plan d’amortissement qu’on lui a concocté avant de quitter le pays, Boris serait bien tenté de faire bosser ses filles au profit des étrangers, pour mieux tirer profit du pouvoir d’achat de ces derniers, mais c’est un homme prudent comme nous l’avons dit… Dans son for intérieur il se dit quand même qu’avec ce type de clients, si les filles sont un brin intelligentes, elles vont « vite fait bien fait » se barrer dans la nature avec un micheton de passage, un brin friqué et plein d’illusions, qu’elles auront levé… pendant que lui restera gros jean… Bilan des courses, la facture sera pour lui car il aura arrosé tous les intermédiaires pour rien… payé le bus pour faire venir sur place ses pouliches, leurs fringues et leurs pompes, le maquillage, les piaules et les agapes riz-poisson-poulet… sans parler des « taxes », « timbres fiscaux » à régler aux intermédiaires et des inévitables « amendes » supplémentaires rajoutées pour retard de paiement… S’il n’a rien à mettre sur la table, bonjour l’ambiance… et le montant des agios à verser à la « banque du Nord »… Rien que d’y penser il en claquerait des dents… enfin s’il le pouvait… Tout, sauf revivre à nouveau le même tête à tête qu’à Moscou avec ces mecs un peu trop manuels à son goût…

En plus, s’agissant du cheptel, va falloir ouvrir l’oeil … Imaginez qu’il recrute une dizaine de filles du gabarit de Noï… c’est sûr qu’il ne fera pas longtemps illusion face à elles, le moujik, vu leurs potentiels de réflexion respectifs… Dans un match entre un boulier chinois et un microprocesseur on sait d’avance qui va gagner… Et s’il ne peut même pas les tenir en mains ou surtout les payer, il y a même des chances que ce soient elles qui le mettent un jour au turf… et qu’il se retrouve à Bangkok dans la Soï 4 de Patpong, au milieu des « mignons » en short et débardeur blanc, à tapiner pour elles… Comme aurait dit en son temps Henri Charrière alias Papillon, quand on est mac, passer du statut de « pointeur » à celui de « pointé », pour une promotion… y a pas a dire c’est une sacré promotion…

Donc, pas de doute à avoir, s’il se lance dans ce boulot il lui faudra se tourner vers une clientèle locale… ce qui veut dire installer ses « collectrices de billets » sur un chantier ou dans une zone industrielle… D’accord, les baraques en planches avec la file d’attente des clients devant ça manque un peu de poésie et de romantisme et on est loin, très loin des salons feutrés de madame Claude, j’en conviens, mais là au moins, il y a peu de chances que les nanas se tirent en sautant les palissades… C’est sûr… et en plus pas besoin de recruter des surdouées qui connaissent toutes les langues et le cours du dollar ou du yen pour les clients n’ayant pas encore eu le temps de passer au bureau de change… L’ennui, c’est que le tarif des prestations ne sera pas terrible… et comme le cheptel risque d’être un peu du deuxième, voire du troisième choix, il ne pourra même pas avoir de quoi se payer en nature pour se remonter le moral les jours où ça ne va pas fort…

 

Quelle galère… s’il ne se traînait pas cette casserole du remboursement, il y en aurait presque pour repartir au pays… mais là le comité d’accueil l’attend à bras ouverts et… à poings fermés…

Alors autant rester dans l’immobilier, pas vrai… et vous attendre pour vous proposer des investissements juteux… ?


mercredi 2 décembre 2020

Galeries de portraits : investissez dans l’immobilier en Thaïlande, une valeur sure... avec “Boris le moujik”... (1)

 


 


S’il vous est arrivé de passer un jour par « Pattaya la sulfureuse », plus communément appelée « Vice-city » par les âmes sensibles et pieuses, vous savez déjà que cette cité ne serait pas ce qu’elle est sans la présence en temps normal, c'est-à-dire hors période COVID, d’une faune cosmopolite qui traîne dans ses rues et qui au fil des ans a transformé un tranquille village de pêcheurs d’autrefois en une ville de pécheurs… Vous saisissez la différence entre ces deux types de bourgades ?... Si oui, pas de souci… si non, rendez-vous sur Bescherelle.com à la page qui va bien, à savoir celle des accents… ou bien allez faire un tour en ville dans les « rues piétonnes » pour comprendre, ça sera peut être plus rapide et surtout plus drôle…

Quoi qu’il en soit, comme chacun sait, qui dit faune dit mammifères, insectes, oiseaux, mollusques, reptiles, amphibiens et bien entendu… poissons… ce qui est normal après tout pour une ville de bord de mer. Dans cette dernière catégorie, après avoir donné la semaine passée un coup de projecteur sur la morue (…ou un coup de lamparo comme diraient des estafiers méditerranéens…), nous allons nous arrêter un moment sur une autre espèce particulière de poiscaille, j’ai nommé le barbeau russe…


Pour présenter brièvement notre « ami », que nous appellerons Boris le moujik, sachez que c’est un homme qui vient du froid et qui comme bien d’autres margoulins, a fait un jour escale à Pattaya pour y faire un peu d’oseille au soleil… l’hiver russe n’étant pas spécialement la bonne période pour traîner le soir dans les rues. Sous ses airs rustres, du fait d’un faciès un brin néanderthalien, pour ne pas dire simiesque, qui l’a doté d’un doigt d’os frontal, « l’Alphonse » en question a toujours été un mec assez simple... Ses buts dans l’existence sont en effet somme toute assez basiques, car depuis des années la vie pour lui se résume à trouver le moyen de faire la grasse matinée après avoir traîné dehors une partie de la nuit en compagnie de quelques belettes pas trop farouches et d’une poignée de potes flambeurs, de rouler dans une belle bagnole, de porter des fringues de marque sur la peau complétées par quelques gri-gri autour du cou… et accessoirement de boire une vodka qui ne soit pas fabriquée uniquement avec des épluchures de patates mélangées à de la sciure et à de l’alcool à brûler… Voilà en somme, vous le reconnaîtrez aisément, une existence assez saine… pour ne pas dire bio au regard de ses goûts en matière de rafraîchissements… Mais pour pouvoir vivre cette existence, un brin contemplative et sans souci, encore faut il pour cela en avoir les moyens, ce qui signifie disposer d’un « fond de roulement » conséquent pour faire face aux menues dépenses du quotidien.

Pour cela, spécialement quand on sort à peine de son isba et que l’alphabet cyrillique reste aussi mystérieux que les hiéroglyphes égyptiens… ou pour nous que l’alphabet thaï…, un moyen pratique et rapide de s’assurer rapidement un « fond de caisse », c’est soit le braquage direct de fourgons ou de banques, soit la protection de « faibles femmes s’acquittant de tâches d’utilité publique », soit enfin le jeu et ses dérivés du style blanchiment de roubles… Les gardiens russes de l’ordre public n’étant pas spécialement des adhérents à la ligue des droits de l’homme, le mec Boris a très vite intégré le fait qu’il était plus raisonnable de se spécialiser dans le jeu ou les activités de marlou, que dans le monte-en-l’air ou les visites surprises à la banque du quartier, activités réputées « à risque » comme disent les assureurs… Et c’est donc comme ça qu’un soir, non pas de désœuvrement comme vous pourriez le penser, mais de travail au regard de son activité principale, que Boris a accepté une partie entre deux portes avec des inconnus… et c’est aussi comme ça que les emmerdes ont vraiment débuté pour lui…

 

Si pour la majorité d’entre nous le voyage aller vers la Thaïlande a été assez simple à monter, en ce qui concerne notre « ami » cela a été en effet un brin… plus sportif… Au départ de son voyage vers les mers chaudes, il n’y a pas eu comme pour vous et moi un achat de billet dans une agence de voyage ou une réservation sur Internet mais juste une banale partie de poker… qui a mal fini… c’est le moins qu’on puisse dire… Tout avait bien pourtant bien commencé ce soir là… Pour un peu on se serait cru dans la partie de cartes de Pagnol… Galéjades en tous genres (à la russe…), embrassades et apéro de mise (devinez quoi…)… Mais comme dans la partie de cartes de Pagnol, ça a fini par déraper à cause d’un très léger malentendu… et la grosse différence, c’est qu’au lieu de voir partir maître Panisse à la fin de l’acte, là c’est un jeu complet de doigts de Boris qu’on a vu tailler la route et pas mal de chicots rouler sur le tapis vert… A se demander si c’était du poker ou du craps… Bon d’accord, ce n’étaient pas vraiment des dés qui roulaient, mais il n’en demeure pas moins que le « boxman » et le « stickman », étaient présents pour aider comme c’est l’usage dans ce jeu… l’un cognant et l’autre s’assurant que Boris ne risquait pas de fuir ses « responsabilités »… On ne pouvait pourtant pas vraiment dire que Boris n’avait pas de jeu ce jour là… A vrai dire il en avait même… un peu trop… vu que jusqu’à preuve du contraire il n’y a que quatre As dans un paquet de cartes… Bien sûr, si ses copains de rencontre avaient bu suffisamment, peut-être qu’ils n’auraient rien remarqué mais il faut croire que la vodka qui leur avait été servie devait être une contrefaçon qui les a laissés suffisamment conscients pour pouvoir compter jusqu’à cinq… Et cinq, c’est exactement le nombre de phalanges et de dents laissées en dépôt – vente sur la table… Si certains doutaient qu’il y ait un humour russe, j’espère que les voilà rassurés…

La mauvaise qualité de la vodka n’est pourtant pas la seule responsable de cette prise de conscience collective de la libre et personnelle interprétation faite par notre « ami » des règles du Poker… Ce qui a décuplé la contrariété de ses partenaires ça surtout été le fait que ce jour là coïncidait avec l’arrivée du printemps russe dans le calendrier orthodoxe… Pourquoi est-ce que je vous parle du calendrier et du printemps ? Tout simplement parce que le caractère russe est ainsi fait qu’il se caractérise par une alternance de périodes de profond abattement moral, généralement pendant la saison froide, et de périodes de surexcitation lorsque la chaleur revient… Manque de pot pour Boris, vous l’avez compris, le jour où il a entrepris de modifier de façon unilatérale et sans préavis les règles du poker, c’était le début du printemps russe et ses « copains » entraient juste dans leur phase de réveil cérébral… Je ne vous dis pas la masse d’énergie accumulée pendant leurs longs mois d’hibernation qui s’est brutalement libérée en quelques secondes… Pour prendre la foudre, ça il l’a prise le Boris… Un bon exemple valant toujours mieux qu’un long discours, si vous voulez avoir une idée de ce qu’il a pu ressentir, allez donc tripatouiller un compteur électrique avec une fourchette sans couper le jus… et vous comprendrez… sa surprise…

Comme toujours, soucieux d’élever une nouvelle fois le niveau du débat au dessus du caniveau… là précisément Boris a fini prématurément la partie… je dirais que notre homme a d’une certaine façon fait brutalement connaissance à cette occasion avec Einstein et avec sa théorie de la relativité… C’est en effet ce jour là que le bougre a découvert une autre interprétation possible de la formule magique E = mc2… E représentant dans le cas présent l’énergie accumulée et déployée par les trois mongols énervés, M la masse musculaire qu’ils ont appliquée sur le faciès de Boris et le c2…renvoyant à la notion  de « tête au carré »… De là à se demander si la formule de la relativité ne devrait pas plutôt être c2 = Em, puisque la tête au carré de Boris s’avère être le résultat de l’énergie (ou de l’énervement si vous préférez...) multipliée par la masse musculaire des trois caractériels… vous en conviendrez, il n’y a pas loin… disons la longueur d’un bras… Enfin, passons… Quoi qu’il en soit, si en ce qui vous concerne vous avez gardé de mauvais souvenirs de vos cours de physique, imaginez un peu l’impact que laissera dans la mémoire de Boris sa brutale découverte de la physique nucléaire en mode cours du soir intensifs…

Le malheur dans cette affaire, c’est qu’il n’y a pas réellement de justice car le mec Boris était quand même un peu excusable… Que voulez-vous, à la force de faire des aller – retour entre les pays froids et les pays chauds entre deux parties pour trimbaler des valises de billets pour le compte de ses copains tatoués, comment vouliez – vous qu’il ne finisse pas par s’y perdre en termes de saisons… Maintenant, c’est sûr aussi que quand on accepte de jouer aux cartes avec des bègues sibériens, il ne faut pas être surpris de les voir à la première contrariété se mettre à parler avec les mains… vieille habitude chez eux destinée à se réchauffer par temps froid… L’atavisme, c’est quand même quelque chose…

Bref, ce qui est certain, c’est que lorsque Boris s’est réveillé après la discussion animée qui a suivi l’interruption de la partie, du fait d’une perte d’image et de son involontaire de sa part, soyez certain qu’il s’en serait mordu les doigts s’il l’avait pu, d’avoir accepté de taper le carton avec des mecs de rencontre… Avouez qu’il était quand même un peu tard pour cela… surtout vu ce qu’il lui restait comme chicots… et comme phalanges… Et oui, ce qui fait tout le suspens d’une partie de cartes avec des Russes de rencontre trouvés un brin désœuvrés au coin d’un comptoir c’est que ça commence par des embrassades sur la bouche et que ça peut se terminer par un barbecue… façon marseillaise… si vous voyez ce que je veux dire… ou éventuellement des brochettes de doigts s’ils font preuve d’un zeste d’humanité… Comme il faut en toutes circonstances rester optimiste, sachez qu’en se réveillant avec un léger goût de gueule de bois (cassée), Boris a quand même éprouvé un profond soulagement du fait que les trois frères Karamazov, même s’ils lui avaient raccourci des doigts jugés un peu trop crochus à leur goût, lui avaient quand même laissé l’intégralité de ses attributs masculins, attention qu’on pourrait assimiler à un geste de faiblesse si cela venait à s’ébruiter dans leur milieu... Encore heureux au passage, qu’après cette initiation aux fondements de la physique les trois furieux n’aient pas eu envie de poursuivre vers une séance de chimie, histoire de tester la dissolution des corps dans l’acide… la physique et la chimie étant comme chacun sait des disciplines indissociables… Comme quoi il faut toujours positiver dans la vie…

Autre fait notable, même si de toute évidence les compagnons de jeu de notre homme venaient de prouver dans cette affaire qu’ils n’étaient pas des sympathisants de Gandhi, adeptes de la non violence, il faut bien reconnaître une fois leur irritation passagère oubliée qu’ils n’étaient pas non plus des gens à se comporter comme des animaux… La preuve en est qu’ils lui ont offert une porte de sortie pour oublier ses fantaisies… avec un choix simple à résoudre… et pas vraiment cornélien… Soit aller partager le sort du feu frère Raspoutine en faisant une plongée enchaînée sous glace dans les eaux de la Neva, soit partir en Thaïlande pour représenter leurs intérêts… histoire de les rembourser… Ne jamais désespérer du genre humain donc… Peu soucieux de renouveler une expérience malheureuse déjà vainement tentée dans le passé par Raspoutine et par Houdini afin d’essayer de prouver que l’esprit est plus fort que la matière, inutile de vous dire que le choix a vite été fait… ce qui explique maintenant pourquoi Boris a donc pris sans délai la direction des mers chaudes, comme on dit du coté de l’Oural, et bosse aujourd’hui sur Pattaya… et il vous attend avec impatience pour faire fructifier vos économies et le produit de la vente de votre maison familiale… ou tout au moins ce qu’il en reste après le passage des racketteurs de Bercy.

Comme un certain nombre d’autres « rézidents » Boris a donc ouvert une de ces agences qui proposent toutes sortes d’affaires immobilières en or aux farangs, avec notamment la promesse d’un rapport locatif qui aurait donné le tournis à Madoff, l'arnaqueur de Wall Street lui même… c’est vous dire… Spécialisée dans la vente de condos et la location saisonnière, son agence annonce pouvoir faire un millionnaire en puissance de chaque client (…sous réserve qu’il soit arrivé milliardaire comme chacun sait…). Jamais à cours d’idée, son empathie naturelle pousse même Boris à mettre en garde l’acheteur contre tous les dangers locaux depuis les vendeurs de billets de loterie jusqu’aux intermédiaires véreux dont je tairai par prudence la profession officielle… en passant par les femmes de petite vertu, tous ces parasites en somme qui pourrait générer chez le chaland une perte de pouvoir d’achat conséquente… Et oui, comme chacun sait, le décalage horaire associé à un abus brutal de piment et à quelques verres de bière ou de wisky mekong dans une ambiance « chaleureuse » peut facilement générer une euphorie naturelle, certes favorable au petit commerce de rue, mais pas à l’investissement dans une valeur sure comme la pierre…

On en revient en fait toujours au vieux dilemme entre consommer et investir, vaste débat sans fin s’il en est…

 

- A suivre -

mardi 1 décembre 2020

Le paradis et l’enfer en Europe… et ailleurs...

 



                 « Heureux comme Dieu en France » dit un proverbe allemand bien connu… Pourtant, à en croire certains « Philosophes de comptoir » qui s’expriment sur les réseaux sociaux, l’hexagone ne serait apparemment pas ce paradis qui a justifié les nombreuses « visites musclées » que nos amis d’outre-Rhin nous ont rendues tout au long des siècles passés… La meilleure des preuves en est que de plus en plus de retraités songent à déserter ce soi disant "pays de cocagne" pour rejoindre des contrées plus accueillantes afin d'y vivre sans souci le reste de leurs jours...  A l'usage donc de ceux qui n'ont pas encore franchi le pas mais qui n'envisagent pas pour autant une expatriation en dehors de l'espace Schengen et afin de les aider à déterminer le pays où il fait le mieux « bon vivre »... et partant celui qu’il faut éviter, voici un petit article humoristique... 

Pour mener à bien cette démarche, inutile disent nos « experts » de s’encombrer la tête avec les grandes théories bien connues des professionnels du management interculturel : les quatre critères pertinents pour dissocier en Europe le paradis de l’enfer seraient en effet selon eux, l’action de la police, l’art culinaire, la mécanique auto, l’organisation du travail et… l’art d’aimer. Il n’y a pas à chercher plus loin…  

Voyons donc ce qu’il en est à propos de ces clichés… avant de situer tout de même la Thaïlande par rapport à ces pays qu'il convient d’éviter ou pas...

 

 

1 - Le paradis ce serait là où la police est britannique et l’enfer... là où elle est allemande…

Si l’on fait le tour des polices européennes, il semblerait effectivement que le « Bobby » britannique véhicule une image d’éducation et de politesse inégalable… Outre le fait qu’il pousse la courtoisie jusqu’à ne pas être armé, sans doute pour ne pas effrayer ses concitoyens, chacun sait en outre qu’il ne lui viendrait pas à l’esprit de venir sonner chez vous à des heures indues pour un contrôle d’identité ou une perquisition. Ce privilège de pouvoir « déranger » les gens avant sept heures du matin ne saurait être toléré, si l’on en croît Churchill, que pour le laitier londonien et… pour les « voyous » de la Gestapo dont l’impolitesse notoire due à un manque flagrant d’éducation expliquerait sans doute l’image défavorable véhiculée encore aujourd'hui par la police d’outre-Rhin. Même si le souriant inspecteur Derrick nous offre désormais une image conviviale des policiers allemands, il semblerait bien qu’en France le souvenir de ceux de ses prédécesseurs qui œuvraient pendant la période 1940 - 1945 ou en Europe de l’Est des VOPO qui sévissaient le long du mur de Berlin soit apparemment encore présent dans les mémoires… 

 

2 - Le paradis ce serait là où les mécaniciens sont allemands et l’enfer... là où ils sont français…

Visiblement le souvenir de la 2 Cv Citroën qui a transporté des générations de Français moyens (avec ou sans un cageot d’œufs) ou de la 404 Peugeot qui a parcouru toutes les pistes d’Afrique et du Maghreb semble aujourd’hui se dissiper par rapport au prestige croissant des BMW et des Benz, comme on dit en Asie… sans oublier bien évidemment le combi Volkswagen qui après avoir convoyé les amateurs « d’herbes aromatiques » des années 60-70 sur les chemins de Katmandou revient aujourd’hui en force dans une livrée écolo… Si j’étais Carlos Ghosn, entre deux soucis d'ordre judiciaire..., après tous ces efforts faits pour remonter Renault, une telle conception du paradis automobile m’agacerait quand même un brin…  Ce qui est certain c'est qu'il est difficile de faire oublier aux gens que la « voiture du peuple » a traversé en son temps l’Europe dans les deux sens... le voyage retour ayant été assurément plus apprécié par les populations locales que l'aller…, et ceci sans nécessiter le recours aux réparations du système D français… preuve indéniable de sa robustesse et de sa fiabilité.

 

3 - Le paradis ce serait là où les cuisiniers sont français et l’enfer... là où ils sont britanniques…

En matière culinaire, inutile de développer… Si le bon Dieu a localisé le fois gras et toutes ces variétés de fromage en France… mais la panse de brebis farcie ainsi que la viande bouillie outre-Manche, c’est bien pour que les choses soient parfaitement claires… Voyons, si la France n’était pas le pays de la gastronomie pourquoi voudriez vous qu’un marchand de pneumatiques donne dans les guides culinaires ?... Avez-vous déjà entendu parler d’un guide gastronomique Dunlop ou Firestone ? Moi pas... D’ailleurs, si Peter Mayle, ce transfuge britannique qui a émigré vers le Luberon pour des raisons essentiellement gustatives, a intitulé son best-seller « Une année en Provence » et pas « Une année au Pays de Galles », c’est bien pour une raison, non ?… Ceux qui en douteraient encore n’ont donc qu’à se plonger dans ce livre et ils comprendront… en salivant... ou à défaut à regarder "La cuisine des mousquetaires " de l'inénarrable Maïte, la "serial killer" qui assassine en un tour de main les canards et les poulets pour notre plus grand plaisir, maîtresse femme encore plus redoutée dans les basse-cours que le "colonel" Sanders, lui même, le fondateur de Kfc...

 

4 - Le paradis ce serait là où les amants sont italiens et l’enfer... là où ils sont suisses…

Dans le domaine de l’amour, pour « être bien vu » de sa partenaire, il semblerait pour reprendre le langage des spécialistes en management interculturel qu’il faille avoir une conception du temps à la fois cyclique et polychronique, en d’autres termes qu’il faille savoir vivre dans l’instant présent en oubliant planning et horloge, tout en étant capable de mener plusieurs actions à la fois… et sans oublier de privilégier bien évidemment la personne par rapport à la « tâche »… A ma connaissance, un seul pays est effectivement capable de produire des individus présentant toutes ces aptitudes et c’est précisément l’Italie, qui nous a donnés « L’art d’aimer » d’Ovide et le « latin lover » par excellence, j’ai nommé Rudolf Valentino… Nous autres Français qui jalousons toujours quelque peu les Italiens, nous nous doutions quand même un peu de leur supériorité sur ce plan là, n'est-ce-pas ?... Mais au lieu de râler de notre seconde position, plaignions donc plutôt nos amis helvètes qui eux ne sauront jamais à côté de quoi ils passent en gardant en toutes circonstances un œil sur leur chronomètre de précision et l’autre sur leur portefeuille… encore qu’on puisse les comprendre un peu s’ils sont en compagnie d'une personne de « mauvaise vie » comme disent les âmes prudes... Quand aux Allemands et aux Anglo-saxons, sans être suspectés de « stakhanovisme » comme les Suisses, inutile de dire que leur conception monochronique du temps et leur culture du résultat les mettent définitivement hors jeu dans ce domaine là… petite satisfaction pour nous après mai 40 ou Waterloo...

 

5 - Le paradis ce serait enfin là où les choses sont organisées par des Suisses et l’enfer... là où ce sont des Italiens qui s’en chargent…

Evidemment, quand on est un homme, il vient un moment où il faut quitter la chambre à coucher conjugale (ou de passage…) pour aller gagner sa vie en œuvrant dans l’ordre et la bonne humeur… et c’est là que sonne la revanche des Suisses dont le sens pratique, le culte du secret et l’organisation dans le travail ridiculisent depuis des générations ces Italiens fantaisistes, beaux parleurs et peu fiables… Et oui, si vous ne saviez pas pourquoi la papauté préfère depuis cinq siècles confier sa sécurité à des gardes recrutés dans les cantons suisses plutôt qu’à des Sardes ou des Piémontais et bien vous avez la réponse maintenant… Certes, le Saint-Père aurait bien entendu pu recourir aux Calabrais et aux Siciliens, « Italiens un peu à part » comme chacun sait et qui en matière de maniement d’armes passent pour être assez « habiles », mais c’était là une question d’image, car pour garder le Vatican, les Suisses présentaient mieux, reconnaissons-le… et ceci pas uniquement pour une question de taille ou de foi religieuse…

 

6 - Et la Thaïlande dans tout cela, où se situe t-elle…

Si ce classement laissera sans doute quelque peu indifférent tous ceux qui ont décidé d'aller vivre un jour quelque part à "l'Est de Suez", pour parler comme les Britanniques, il peut quand même s’avérer intéressant de voir où se se situe la Thaïlande par rapport à tout ça... ne serait ce que pour mieux en apprécier les conditions de vie locales...

Si pour commencer on se penche sur l'image des gardiens de l'ordre public du "pays du sourire", force est de constater qu'en règle générale ce sont des gens ouverts au dialogue et à la "conciliation"... enfin surtout à l'approche de l'heure des repas quand ils commencent à avoir la dalle, ce qui les pousse à s'agiter fébrilement et à scruter la rue à la recherche d'un éventuel contrevenant... Question look, si le "bobby" londonien en plus d’être aimable fait très classe avec son chapeau noir, il n'en reste pas moins qu'il peut toujours s'accrocher par rapport à nos archers locaux au sourire mécanorivé et au costard littéralement taillé sur la peau. Je crois qu'exception faite du flic des Village people, il est difficile de faire plus moulant que ça comme fringues... et plus sexy parait-il aux dires des dames retraitées farangs... Mais oui, il en existe dans ce pays...

En matière de mécanique auto, au vu de ce qui roule sur certaines routes thaïlandaises... mais qui échappe visiblement à la détection visuelle de notre ami en uniforme...  mon sentiment est que les mécanos allemands peuvent se rhabiller pour la longévité et la robustesse des véhicules... Quant à MacGyver, question démerde et savoir-faire, en comparaison de ce que peut faire un garagiste de trottoir local avec un marteau, un bout de fil de fer et une tenaille... le mieux qu'il ait à faire pour ne pas se ridiculiser, c'est de retourner jouer dans sa chambre avec sa panoplie du parfait petit bricoleur...

S'agissant de l'art culinaire, avant de vous ruer sur les petits plats de Maïte, je tiens à vous rappeler que la cuisine thaïlandaise passe pour être l'une des plus succulentes et des plus saines qui soit... La meilleure des preuves en est qu'elle vous permet de perdre des kilos plus rapidement qu'en ingurgitant les recettes que cette plaie de Bernard Canetti, le fondateur de "Comme j'aime", s’évertuait à nous vanter sur les chaines télévisées françaises à l'heure  les sexto, septua, octo et nonogeneres français passaient à table dans les maisons de retraite... J'emploie délibérement l'imparfait, car force est de constater que le bougre est moins présent depuis un certain temps sur le petit écran... sans doute en raison d'une disparition récente et non prévue dans son business plan d'une partie de son "fan club"... pour cause de pandémie. Soucieux moi aussi d'entretenir mon audimat, je ne développerai pas plus avant ce thème que j'aurai l'occasion d'aborder un jour prochain en vous parlant de la street food... et de son inimitable goût, issu d'une association harmonieuse de plomb et de pesticides sur ses productions... 

En ce qui concerne l'amour... avec un petit a... je crois qu'il est inutile de faire un dessin sur les avantages procurés par une migration au-delà des frontières de l'espace Schengen, en direction de l'Est... Dans ce domaine et au vu des possibilités offertes, incontestablement la Thaïlande relègue l'Italie au rang de désert sexuel. Non seulement il y en a pour tous les goûts vous diraient certains journaleux, écrivains ou critiques littéraires... un brin ambigus et équivoques... mais en plus on y a créé une troisième option pour ceux qui ont du mal à se positionner sur l’échelle des préférences... Allez donc trouver çà ailleurs...

Reste enfin la question de l'organisation, et là c'est vraiment un vaste débat... Pour être organisé c'est certain que dans ce pays on l'est... mais il n'y a que les Thaïlandais eux-mêmes qu'y semblent s'y retrouver... Heureusement qu'ils ont inventé la formule magique du "men pai rai", le sourire et... les "arrangements"... pour résoudre les blocages car sinon on pourrait penser qu'on est au pays de Kafkha... N'ayant pas encore trouvé le mode d'emploi du système il faudra que je revienne sur ce sujet... 

Vu le sérieux de tous ces thèmes de réflexion, vous conviendrez avec moi qu'une étude approfondie de chacun d'entre eux s'impose car je ne voudrais pas que vous restiez sur votre faim...

 

Donc en résumé, si l’on se fie aux clichés des « Philosophes de comptoir », « l’Européen heureux » serait un Italien, marié à une Française cordon bleu, conduisant une puissante berline allemande, vivant à Londres et… disposant d’un compte bancaire en Suisse… donnée essentielle quand on sait le prix des loyers outre-Manche… Quand à « l’Européen malheureux », vous n’avez que l’embarras du choix car toutes les combinaisons et gradations sont possibles, aussi je vous laisse juge de déterminer où vous vous situez… sauf bien entendu, si vous êtes un Suisse alémanique marié à une Anglaise et possédant une Renault ou une Peugeot… auquel cas votre cas est bien évidemment désespéré… 

Dans une telle éventualité, il ne vous reste plus alors qu'à prendre vos valises et à nous rejoindre très vite sur les bords du golfe de Siam... histoire de vous refaire une santé physique et mentale... Croyez moi, c'est là une question de survie... d'autant que le temps presse...


Nota : cet article a déjà été publié sur le site du cabinet de consultants en management interculturel " Regards interculturels " sous une forme légèrement différente et plus succincte.

jeudi 26 novembre 2020

A la recherche de l’âme sœur en Asie… Connais toi, toi-même ! (2eme partie)


 


Le second point concernera votre situation familiale… et celle de la personne que vous pourriez rencontrer. Il est important là encore de dresser un point de situation préalable afin d’affronter dans de bonnes conditions les « événements » à venir…

Quand on se décide à refaire sa vie, il ne faut jamais perdre de vue qu’en règle générale on ne repart jamais réellement de zéro et qu’il peut se faire qu’on « traîne » derrière soi un passé affectif, voire même un passif financier parfois lourd et handicapant lorsqu’il y a eu un divorce difficile et coûteux... Mais pour autant, ce n’est pas parce qu’on a été un peu cassé par la vie qu’il faut rentrer dans une nouvelle union blasé et avec pessimisme, voire avec une aigreur décourageante pour sa nouvelle compagne… surtout si cette dernière n’a jamais été mariée… quand ce n’est pas avec un souci de revanche sur les femmes…

Un autre problème qu’on peut aussi rencontrer est le « refus » de ses propres enfants, lorsqu’on en a, de voir la place de leur mère occupée désormais par une autre femme, surtout quand cette dernière est jeune… à plus forte raison si elle est plus jeune qu’eux…. et ça arrive… Ce rejet de la nouvelle compagne, phénomène que connaissent bien un certain nombre de ceux qui sont confrontés à la problématique des familles recomposées est souvent accentué par le fait que les femmes asiatiques en général et thaïlandaises en particulier, traînent derrière elles une aura quelque peu sulfureuse, drainée autant par quelques émissions de télévision à sensation que par les ragots de certains « beaufs » de retour de vacances au soleil...  Dans ce domaine, à de rares exceptions près, soyez certains que vous pourrez compter sur la rancœur de votre « ex » et la jalousie ou la médisance des mauvaises langues pour alimenter le débat et entretenir le feu ! Et sachez que même s’il n’y a pas médisance, votre choix de vie en interpellera souvent plus d’un et d’une qui auront du mal à « comprendre »… voire se demanderont si vous ne vous versez pas désormais vers la prostitution tropicale, quand ce n’est pas vers la pédophilie… Une chose est certaine, ceci devrait vous permettre peut être de faire un tri parmi vos « amis » ou vos relations !

De la même façon, on peut soi même avoir du mal à s’intégrer dans la famille de sa future compagne, surtout si cette dernière a elle-même des enfants. Découvrir qu’on ne sera jamais qu’une pièce rapportée au sein d’une famille souvent élargie et avoir du mal à y trouver une place peut s’avérer très difficile à vivre… et je ne parle même pas des situations on se rend compte parfois qu’on n’est toléré qu’en proportion du soutien financier qu’on apporte à la communauté… Il faut donc en être conscient et savoir si on aura la force de caractère suffisante pour faire face à ces choses là …

 

Quoi qu’il en soit, si vous avez décidé de trouver l’âme sœur quelque part au delà de la ligne d’horizon, il serait raisonnable aussi de déterminer très vite lequel des deux partenaires va devoir migrer…

Si vous avez un emploi stable en France qui vous permet de vivre, le problème ne se pose pas bien évidemment. Si vous approchez de la retraite en revanche, il faut anticiper et ce n’est pas toujours chose aisée car on a parfois dans notre pays des parents en fin de vie qu’il faut assister…

A l’usage, on constate très souvent que si la compagne asiatique accepte de venir vivre quelques années en France, une fois l’époux arrivé à la retraite, elle ne tarde pas à exercer une forte pression pour revenir dans son pays en mettant en avant, à juste titre, la qualité et le coût de la vie au plan local. Bien entendu, s’il y a eu entre temps l’arrivée d’enfants scolarisés en France, si elle-même a trouvé un emploi, est parfaitement acculturée et maîtrise bien la langue française, tout ceci sera moins marqué... Outre le mal du pays bien légitime, il ne faudra toutefois pas négliger non plus la pression familiale qui pèsera sur elle, l’incitant au retour pour prendre soin des parents vieillissants… et soulager aussi les frères et sœurs ayant assumé cette charge pendant des années. Là encore, il ne sert à rien de se voiler la face et quand on se lance dans un tel projet de rencontre il faut bien intégrer le fait que tôt ou tard on sera confronté à cette décision… Il faut donc s’y préparer.

 

N’oublions pas non plus la question du positionnement social et des niveaux d’études respectifs qui vont fortement influer, d’une part sur la nature et le degré de communication au sein du couple, d’autre part sur l’intégration de ce dernier dans son environnement relationnel.

Exception faite sans doute des jeunes expatriés qui évoluent dans un endogroupe relativement homogène, venir vivre en Thaïlande ou à l’inverse en France, signifie que l’un des deux conjoints va devoir rompre avec son milieu et avec un certain nombre d’habitudes de vie. La question est donc, êtes vous prêts en ce qui vous concerne à accepter cette rupture et en mesure de la supporter sur le long terme ?

De façon concrète, posez vous en particulier la question de savoir si vous êtes capables par exemple d’accepter de passer un dimanche après midi dans une arrière boutique chinoise, assis sur un sac de riz avec une canette de bière à la main pour écouter des histoires que vous ne comprenez pas en raison de la barrière de la langue… alors même qu’il y a quelques mois encore vous étiez cravaté et exerciez peut être des responsabilités importantes en France dans l’administration ou dans une entreprise… Exemple personnellement vécu…

Quand je parle de différences de niveau d’études, il faut aussi intégrer le fait qu’en Thaïlande l’enseignement dispensé dans les écoles et à l’université est très ethnocentré et que l’ouverture au monde y est très limitée… Par voie de conséquence, ceci signifiera que certains sujets de discussion avec votre conjoint seront désormais impossibles faute de références culturelles communes, voire même de connaissances historiques, géographiques suffisantes… certains sujets notamment dans le domaine politique étant purement et simplement inabordables car tabou. Une chose est certaine, si vous ne pouvez vous passer du cinéma d’art et d’essai, des soirées au théâtre, des exposition de peinture, des discussions sur le dernier Goncourt… vous risquez de trouver le temps long car vous allez pénétrer dans ce que j’appelle un désert culturel, du moins suivant la conception que nous autres Occidentaux nous faisons du terme culture… Maintenant si vous aimez les soirées passées devant la télé à larmoyer sur un téléfilm à l’eau de rose, pas de souci à avoir…

 

Indépendamment du changement de positionnement social, il y a aussi la question de la barrière de la langue à affronter…

Si un jeune enfant est un buvard qui assimile une langue nouvelle en quelques mois, il en va différemment pour un adulte à partir de la cinquantaine, et ceci en dépit de la meilleure volonté ou des prédispositions éventuelles. Il va donc sans dire qu’un minimum d’effort doit être conduit de part et d’autre pour diminuer cette barrière sachant néanmoins que l’apprentissage de la langue du pays de résidence par celui des deux conjoints qui se sera expatrié sera bien évidemment rendue plus aisée du fait d’une immersion permanente que par le biais d’une de ces méthodes intensives… Si le langage du cœur est universel dit-on, il n’en reste pas moins que la compréhension des mentalités locales passe par l’apprentissage, même réduit, de la langue… Si vous et votre future épouse parlez anglais la communication devrait être d’emblée aisée sachant que le fait de pratiquer une langue tonale rendra plus facile la remise à niveau de l'épouse, même si son niveau est scolaire. Mais le recours à l’anglais est aussi une solution de facilite qui peut s’avérer un cadeau empoisonné à terme car cela retardera d’autant l’apprentissage du français et / ou du thaï. C’est le cas en ce qui nous concerne mon épouse et moi et maintenant il est un peu tard pour réagir…

 

Un petit mot encore pour parler religion… car le rapport à la foi conditionne fortement non seulement les mentalités mais aussi la vie quotidienne, le bouddhisme interférant dans tous les domaines de l’existence.

En Thaïlande comme dans nombre de pays asiatiques, la dimension spirituelle est une donnée à ne jamais négliger. Peu importe que vous soyez chrétien, bouddhiste, musulman… une part non négligeable de la façon dont vous serez perçu sera fonction de votre degré de spiritualité. Si vous ne croyez en rien, mieux vaut éviter de trop l’afficher au risque de choquer. A l’inverse dans un pays 95 pour cent de la population est bouddhiste, il faut savoir être tolérant vis-à-vis de pratiques qui peuvent sembler incongrues et envahissantes dans un foyer familial occidental. L’acceptation de la présence de statuettes, d’offrandes de nourriture, voire d’une maison aux esprits devant le domicile, sans parler du recours aux moines pour un certain nombre d’actes importants de la vie, constituent un facteur d’entente indéniable. N’oubliez donc pas qu’au delà d’une religion et d’une philosophie, le bouddhisme débouche aussi sur un mode de vie à part entière… Là encore, si vous faites preuve d’intolérance il est évident que cela aboutira à des tensions ou à des malentendus… La question est donc de savoir si vous avez ou pas une tolérance religieuse suffisante pour accepter les croyances et surtout les pratiques de l’autre… en mettant parfois vous-mêmes les vôtres de coté car il n’est pas toujours évident de trouver un lieu de culte à proximité… surtout quand on se retire dans un village perdu.

 

Terminons enfin cette revue de points à éclaircir, non exhaustive, par une donnée toujours délicate à aborder mais qui s’avère vitale pour l’équilibre d’un couple, à savoir la question de l’ouverture d’esprit réciproque et de la souplesse de caractère…

Chacun d’entre nous est bien entendu intimement persuadé de faire preuve d’ouverture d’esprit dans sa relation à l’autre. Pour décliner correctement cette question de l’ouverture d’esprit il faudrait en écrire des pages entières et encore… On se limitera donc à quelques uns des problèmes du quotidien qui seront approfondis par la suite. Demandez-vous ainsi par exemple lorsque vous souhaitez que votre compagne vous accompagne à un dîner en ville entre farangs si vous-même vous êtes capable de vous joindre sans état d’âme particulier à elle pour un repas sur la natte, le « sua », en compagnie de ses amis ou de ses proches… même si la position est inconfortable pour un Occidental… même si ce n’est pas précisément un bifteck frites qu’on mange… et même si il est encore très loin de midi ou de 19 h…

Dans le même style de questionnement, êtes vous aussi capable par exemple d’accepter dans votre maisonnée l’irruption parfois sans préavis de parents et d’amis, voire leur hébergement prolongé dans le cadre de la mise en œuvre du devoir d’assistance familiale… ou la fourniture d’une aide financière à ceux qui sont dans le besoin… Si vous êtes viscéralement attaché à une conception de la famille nucléaire et que la notion de famille élargie du fait des contraintes qu’elle draine vous donne de l’urticaire, je crains que vous ne vous exposiez à des déconvenues… et à des hausses de tension artérielle…

J’arrêterai là ma liste de points concernant ce sujet sachant que je le développerai beaucoup plus longuement dans mon dernier article consacré à la « vie à deux » sur la « Terre jaune »…

 

Une dernière question tout de même pour clore ce chapitre, en fait la question qui tue… voire qui peut vous faire tuer si votre moitié est jalouse et excessivement possessive… Vous sentez vous capable de tenir bon en matière de séduction dans un pays la beauté physique et le sourire sont souvent au coin de la rue et on peut toujours trouver facilement une partenaire en quête de sécurité plus jeune, plus jolie que celle sur qui on a arrêté son choix initial… ce qui ne signifie pas pour autant plus fiable et plus attentionnée… ? D’aucuns et d’aucunes me rétorqueront à juste raison que cette interrogation n’est pas seulement valable en Asie… certes… mais dans notre cas, c’est là une donnée qu’il faut bien prendre en compte car le démon de minuit… peut frapper à n’importe quelle heure de la journée et n’importe , plus spécialement dans ce pays qu’ailleurs… et il faut avoir une certaine force de caractère ou de sagesse pour y faire face…

 

Vous l’avez bien compris, toutes ces différentes interrogations sont liées entre elles car en décidant de partir à la rencontre d’une femme de culture différente c’est un autre mode de vie que vous allez devoir embrasser… et ça ce n’est pas tout le monde qui est capable de le faire… Soyez en certain !


A la recherche de l’âme soeur en Asie… Connais toi, toi-même ! (1ere partie)

 



« Divorcés, veufs, célibataires endurcis mais un brin fatigués du célibat… secouez-vous et prenez donc un vol pour l’Asie afin de sortir de votre solitude ! »… Tel pourrait être le slogan d’une agence matrimoniale ou d’un site de rencontre pourvoyeur de compagnes ou d’épouses pour tous ceux qui sont en quête de l’âme sœur. Bien entendu, pour suivre cette recommandation encore faudrait il que les aéroports de l’Asie puissent enfin s’ouvrir… mais ne doutons pas que cela finisse par se produire un jour et que cette pandémie de la COVID prenne fin…


Maintenant, il est certain que si vous êtes réfractaire au charme des yeux bridés et à la vie en Asie, si vous n’êtes pas touché par ce « mal jaune » auquel faisait allusion Jean Lartéguy dans un de ces romans que je lisais pendant mon adolescence, cette série de billets n’est bien évidemment pas faite pour vous... Le mieux que nous ayons à vous recommander dans ce cas c’est donc de continuer à méditer solitairement… sur votre solitude… quelque part du coté de Romorantin ou de Garges-lès-Gonesses… Après tout, des tas de gens vivent très heureux comme cela et sont parfaitement équilibrés, illustrant ainsi la chanson de Gilbert Bécaud, « La solitude ça n’existe pas… ».

Telle n’est toutefois pas mon approche de la vie cependant et c’est pour cela que j’ai un jour embarqué pour cet Orient souvent « compliqué »… et parfois même certains jours, un brin « extrême »……

Pour en revenir au sujet de cet article, voyant l’intérêt généralement suscité par le thème des rencontres féminines en Asie, j’ai donc eu l’idée de rédiger une série de billets un peu plus sérieux que d’habitude afin de m’exprimer sur un thème qui je n’en doute pas, en interpellera plus d’un... Bien évidemment il se trouvera encore des lecteurs pour dire que j’enfonce des porte ouvertes, que j’écris des banalités et des évidences sans nom car tout cela ils le savent déjà, que je généralise à l’excès… sauf que si je me fie au nombre de gens qui se sont fait « couillonner » ou ont échoué dans cette recherche de l’âme sœur par delà les frontières, je me dis qu’il y a encore beaucoup à faire en la matière…

Désolé mesdames, mais au risque d’être accusé de sexisme, ce billet s’adressera surtout aux hommes… encore que je connaisse des Occidentales qui ont-elles aussi franchi le pas et sont venues convoler ou vivre avec des partenaires asiatiques. Si vous voulez nous faire part de vos suggestions ou observations pour compléter mon article, elles seront donc les bienvenues…

Avec le recul que me procurent une dizaine d’années de vie de couple avec une femme asiatique… précédées tout de même de pas mal de « péripéties » antérieures vécues sous diverses latitudes du fait de mon précèdent métier… et ce que j’ai pu observer autour de moi en Thaïlande dans mon entourage relationnel... je vais donc vous livrer ici quelques réflexions qui bien entendu n’engagent que moi et que chacun pourra commenter à sa guise…


Mon premier billet sera consacré à illustrer une citation chère à Socrate, même si elle n’est pas de lui, à savoir « Connais toi, toi même… ». En effet, inutile de vous lancer dans la recherche d’une partenaire asiatique si vous n’avez pas commencé par dresser un point de situation, plus que sérieux, vous concernant… Dans le cas inverse, croyez moi, c’est l’échec quasi assuré et beaucoup de désillusions. Si on dit souvent pour savoir on va, encore faut il savoir d’où l'on vient… il faut aussi savoir qui on est et ce que l’on recherche…

Après cette première étape, j’aborderai la question du comment trouver cette âme sœur à travers un billet que j’intitulerai « L’improbable rencontre »… J’y passerai en revue quelques une des principales façons de rencontrer une personne inconnue vivant à des milliers de kilomètres, sachant que cette liste n’est bien entendu pas exhaustive et que mon propos à relativiser reposera sur les enseignements que j’ai retiré de ce ce que j'ai appelé ma phase de « prospection »…

Cet article sera suivi d’un troisième volet dont l’objet sera de préciser le point de vue de la partie, non pas adverse j’espère, mais conjointe, et dont le libellé sera « Et elle qu’attend t-elle ? ». Cet article sera rédigé en développant un certain nombre de points déjà abordés dans un précèdent article rédigé avec le concours de mon épouse, du moins sur le plan des idées, car question maîtrise de la langue française elle est encore loin, très loin… du niveau B1 du FLE…

Je terminerai enfin cette série de billets sérieux en abordant le thème de « La vie à deux dans un couple multiculturel », sujet particulièrement complexe en raison des différences existant entre les deux conjoints, différences encore accentuées par la problématique de l’expatriation et de l’éloignement géographique pour au moins un des deux, mais aussi du fait que chaque personne a sa propre personnalité et son propre vécu. Il ne s’agira donc pas, j’insiste sur ce point, de développer des stéréotypes mais de donner des points de référence, qu’il appartiendra à chacun de faire ou pas siens, en fonction de sa propre situation et de ses propres attentes…

 

Et puisqu’il faut commencer et bien débutons par cette petite introspection sans prétention ni exhaustivité, histoire de vous positionner correctement sur le « marché de la rencontre » en évitant le plus possible les erreurs de casting comme on dit…

Le premier point important avant toute recherche de partenaire en Asie c’est d’être bien conscient de son propre âge car c’est là une donnée à ne pas négliger... et pourtant combien ont tendance à le faire…

Le problème et partant la solution à lui apporter, ne seront en effet pas identiques suivant que vous êtes un jeune diplômé fraîchement émoulu d’une école de commerce et débutant une carrière en expatriation… ou un retraité en situation de célibat ou de post-divorce, venu réchauffer ses vieux os au soleil des tropiques… Pour le jeune plein d’avenir qui débarque en Asie il ne devrait pas y avoir trop de soucis pour rencontrer quelqu’un de même niveau social, intellectuel… et d’un âge voisin du sien que ce soit dans le travail ou dans le réseau relationnel lors des sorties. Je dirai simplement qu’il convient toutefois dans ce type de situation de rester prudent car à vingt cinq ans on n’a pas nécessairement ni le même recul sur la vie que quelqu’un de plus âgé, ni la même expérience des relations féminines, en particulier de la psychologie des partenaires qu’on va rencontrer… L’euphorie de la découverte d’un nouvel environnement géographique et humain, l’attrait nouveau d’un certain charme exotique… sans oublier le déficit affectif découlant de l’éloignement de l’entourage familial et des amis de France, font en effet qu’à cet âge là on est souvent sentimentalement « fragilisé » et qu’on a vite fait de s’attacher…

Pour quelqu’un de plus âgé et dont le cuir a été tanné par les péripéties de la vie, le principal problème sera surtout de ne pas céder de façon exagérée à la tentation de l’esthétique et de la jeunesse… En règle générale, tout célibataire qui débarque en Asie recherche une compagne plus jeune, sachant toutefois que jusqu'à un certain âge, cette dernière fera généralement dix ans de moins que son âge réel. Au risque d’irriter certains lecteurs et en demandant par avance pardon à mes amis mariés a des femmes parfois beaucoup plus jeunes qu’eux et qui sont pleinement heureux,  je vous confierai que j’ai pour habitude de dire de façon humoristique que jusqu'à dix ans d’écart c’est de la gourmandise, entre dix ans et vingt ans c’est de la gloutonnerie et qu’au delà de vingt ans on flirte avec la goinfrerie pour ne pas dire dans certains cas l’inconscience... Pourquoi une telle appréciation aussi dure de ma part même si c’est là bien évidemment un trait d’humour ? Et bien tout simplement parce que j’estime, mais ce n’est que mon point de vue personnel, d’une part que la différence d’age induit des besoins et des possibilités physiques différentes entre les deux conjoints, que la perception des choses de la vie n’est pas la même au sein du couple, que les aspirations à un style de vie donnée peuvent différer considérablement… d’autre part, que cela va entraîner lors du « grand départ », le notre bien évidemment, pas mal de difficultés pour le conjoint survivant. Malheureusement tout le monde n’anticipe pas suffisamment sur ce sujet… D’aucuns me rétorqueront que l’on ne sait pas qui des deux partira le premier et c’est exact, mais si on raisonne en termes statistiques, prendre un conjoint de vingt ans plus jeune revient à accepter le fait qu’il va devoir se débrouiller seul ou presque pendant un quart de siècle… Pour rester sur une note positive tout de même et me faire pardonner par mes camarades, je renvoie à cette citation d’un vieux philosophe de comptoir installé au pays du sourire qui disait sur un forum « Ce qu’il y a de bien en Thaïlande, c’est que la femme avec laquelle je finirai ma vie n’est pas encore née… » . A méditer…

Au delà de ce que je viens d’écrire, il faut aussi se rappeler que la jeunesse en soi n’est pas tout et elle s’accompagne souvent de certaines attentes psychologiques qu’on ne saurait décevoir… sauf à être parfois le dernier des « salauds ». Quand on se marie avec quelqu’un de beaucoup plus jeune qui nous apporte sa fraîcheur et nous permet parfois de reprendre goût à la vie, j’estime qu’il est exclu de lui demander de renoncer au besoin le plus légitime qui soit pour une femme, à savoir le besoin de maternité. Si l’on se sent la disponibilité d’esprit, les ressources physiques… et la capacité financière nécessaires pour assumer pas seulement la venue d’un enfant mais aussi et surtout la gestion de son éducation, de son adolescence et des premières années de sa vie d’adulte… pas de souci, en avant ! Mais pour devenir père à l’âge certains sont grand père, il ne faut pas perdre de vue qu’il faut avoir la santé, beaucoup de patience, accepter l’idée du retour aux couches, aux nuits écourtées et aux biberons… ce qui revient à tirer un trait sur certaines choses qui font le plaisir de la vie une fois arrivé à un certain moment de l’existence comme par exemple les voyages... A chacun toutefois de se positionner par rapport à tout ceci, sachant que même si on retarde l’échéance, il faudra un jour ou l’autre traiter le problème si la future épouse ou compagne n’a encore jamais eu d’enfant…


A suivre...


lundi 9 novembre 2020

La femme " aux colonies "… d’hier à aujourd’hui.


 

La vie des femmes dans ce qui était autrefois les « colonies » est un thème rarement abordé par l’historien ou le sociologue, alors même qu’il est loin d’être sans intérêt. Quelle que soit l’époque, dans un univers toujours dépaysant et parfois hostile, la femme occidentale partant sous les tropiques a été contrainte de s’adapter pour faire face aux aléas de la vie et parfois même… de lutter contre des rivales exotiques dont l’attrait sur les Occidentaux fut et reste encore indéniable…



De la femme « coloniale »...

Autrefois la « femme aux colonies » était épouse de planteur, de négociant, d’administrateur, de militaire… accompagnant son mari vers des horizons, certes exotiques mais souvent malsains, remplis d’imprévus en tous genres et de risques. Pour celles qui allaient vivre en ville, que ce soit à Dakar, à Hanoï, à Nouméa… les difficultés du séjour résidaient surtout dans le fait de devoir évoluer dans un univers clos ressemblant à une prison dorée, de lutter contre l’ennui en attendant le bal annuel du gouverneur et de résister aux inévitables cancans typiques des villes de garnison. Elles découvraient ainsi, pour reprendre les mots du général Némo, que « vivre outre-mer c’est vivre dans une maison de verre ». Pour celles qui partaient « en brousse », il fallait désormais apprendre à vivre dans la rusticité, la solitude, parfois le danger et subir même l’humiliation comme ce fut le cas pour beaucoup d’entre-elles le 9 mars 1945 en Indochine. Pour aider ces femmes à affronter cette vie difficile, Clotilde Chivas-Baron publia en 1929 un manuel d’initiation à la vie coloniale, très instructif, qui s’intitule « La femme aux colonies ». En dépit des recommandations formulées par cette écrivaine bien au fait de la vie « à la colonie », le quotidien ne fut pas toujours facile tant pour les intéressées… que pour leurs maris. Comme nous l’a rappelé Jacques Frémeaux dans « L’Afrique à l’ombre des épées », l’image de la femme sous les tropiques n’était pas toujours élogieuse puisqu’il se disait qu’une femme d’officier colonial « invaliderait de 80 % la valeur de son mari », qu’à quelques exceptions près, « le soleil les rendrait folles, faisant d’elles des dévergondées ou des neurasthéniques » voire même que « la jeune femme d’officier serait une des plaies de l’armée coloniale, l’autre étant l’alcool »… En dépit de cela, la littérature et le cinéma perpétuent cependant le souvenir de femmes courageuses et entreprenantes se dévouant au service des autres et des indigènes, comme par exemple cette femme-planteur hors du commun qu’était madame de la Souchère.


… à la femme « expatriée »…

Cette femme « coloniale » que je viens d’évoquer a aujourd’hui disparu. Elle a désormais cédé la place à celle qu’il convient d’appeler une expatriée et qui tout comme autrefois, soit accompagne son époux, soit de plus en plus choisi d’elle-même de troquer un avenir incertain en France pour partir en célibataire rechercher du travail à l’étranger. Tout comme la femme de colonial du siècle précédent, même si le confort est souvent au rendez-vous dans les grandes villes, sa vie n’est pas pour autant toujours facile et enrichissante. Il semblerait bien qu’en dépit d’internet, de la télé par satellite, des rémunérations confortables, beaucoup connaissent à leur façon nombre de problèmes de leurs aînées… Ainsi, aujourd’hui comme hier, pour celles qui « suivent », il faut apprendre à s’approprier le séjour, à fréquenter un milieu relationnel qu’elles n’ont pas choisi, à résoudre les petits soucis d’approvisionnement, à découvrir une langue et un environnement nouveaux, à vivre souvent en parallèle d’un conjoint submergé de travail… et surtout à faire face à l’inévitable choc culturel... Les échecs coûteux de bien des expatriations professionnelles, parfois suivis même de divorces, sont très souvent à mettre au compte de l’inadaptation d’un conjoint désœuvré ou en perte de repères, à un mode de vie par trop atypique. Faute à la fois d’une aptitude suffisante au départ et d’une bonne préparation intellectuelle, matérielle et surtout psychologique, le séjour peut ainsi parfois se transformer en drame humain et familial. Aujourd’hui plus qu’hier encore, l’expatriation constitue le révélateur de la solidité d’un couple, surtout quand on sait que ce nouveau cadre de vie dissimule bien des tentations…

 

… sans oublier l’omniprésente « rivale exotique ».

Parler de la femme « aux colonies » implique en effet d’évoquer aussi celles qui apportaient jadis aux coloniaux célibataires l’indispensable réconfort, autant affectif que physique, pour faire face à l’éloignement et à l’isolement, parfois au stress des combats… mais qui perturbaient aussi la stabilité conjugale des mariés. Conscient du caractère sensible et inévitable de ces rapprochements et reprenant à son tour sans trop y croire les propos du colonel Le Camus, figure de la coloniale du début du XX° siècle, le colonel Ferrandi, mettait d’ailleurs en garde les jeunes officiers dans son livre « L’officier colonial » en écrivant à leur attention : « Il y a quatre choses dont il faut se méfier en Afrique : l’eau, le soleil, les moustiques et les femmes ». Pour autant, du capitaine Massu en poste dans le Tibesti au Tchad au lieutenant Salan détaché au Laos, sans oublier le capitaine Broche affecté à Tahiti… nombreux sont ceux qui négligeant ces recommandations ont découvert un pays inconnu, un mode de vie original, une culture nouvelle… en grande partie grâce à ces compagnes exotiques qu’ils avaient prises pour la durée du séjour, compagnes ensuite léguées à leur successeur. Ces unions restaient généralement sans lendemain, car même s’il y avait parfois l’arrivée d’un enfant comme ce fut le cas pour le général Salan, un mariage civil n’intervenait que très rarement du fait de la pression sociale et des différences culturelles jugées alors insurmontables… Aujourd’hui, tout comme à l’époque des Lartéguy et des Bodard, ainsi que le montre Frédéric Amat dans son livre « La drôle de vie des expatriés français au Cambodge », la fascination de la « femme exotique » reste forte chez beaucoup de ceux qui ont décidé de partir « voir au-delà de l’horizon ». Même si les « congaï » vietnamiennes sont désormais remplacées par les « maids » philippines, voire les « bars girls » cambodgiennes ou thaïlandaises, et si les « taxi-girls » chinoises hautaines d’autrefois ont cédé la place aux « sarong party girls » singapouriennes, les unes et les autres évoluant aux deux extrémités de l’échelle sociale, l’Asie illustre à cet égard particulièrement bien la pérennité du mythe de la femme exotique.



A une époque où ce ne sont plus les amibes ou les épidémies qu’elle doit redouter, mais bien plutôt les effets du démon de midi, le devenir d’une Européenne sous les tropiques reste donc parfois aussi incertain que celui de ses aînées…



Illustration :  @ 


Bienvenue sur Sanuk...

Bonjour à toutes et à tous, puisque vous venez de vous prendre les pieds dans la toile et êtes venus buter sur mon blog, soyez donc les bien...