dimanche 10 janvier 2021

Et si on allait plutôt courir a la plage...

 



Phuket… avec ses cocotiers et ses plages dorées… comme dans la chanson… Pourrait-on rêver d’un cadre plus agréable que le bord de mer de Phuket pour courir ?…

 

Phuket, le bonheur absolu pour faire du sport… Oui, enfin sur les catalogues et dans les clips vidéo… parce que dans la réalité, ce serait plutôt l’enfer du joggeur… Non pas à cause des voitures, des camions... et de tout ce qui pourrait vous expédier dare dare à l’hôpital ou au frigo après vous être passé sur le corps… Pour tout dire, il y a là autant de véhicules fous qu’ailleurs… exception faite de ce bled de l’Issan, oublié même des "Phi", où je vous avais proposé précédemment d’aller vous dépenser…

Non, si je parle d’enfer du joggeur, c’est parce que celui qui a l’intention de se livrer à ce sport à Phuket a intérêt à avoir un moral à toute épreuve, vu la pression psychologique qu’il va subir de la part de l’environnement dans lequel il va se plonger… Commençons donc par le début…

Le premier point important pour aller faire un jogging sur cette île… qui n’en n’est pas réellement une comme chacun sait, quelque part du côté de Rawai beach par exemple, c’est de bien choisir l’heure à laquelle on veut courir…

Un conseil d’ami : si vous faites partie de ces « vieux de la vieille » (qui ont tendance à l’oublier un peu…) venus un jour se poser dans le secteur, surtout évitez soigneusement le petit matin et le crépuscule ! Pourquoi me direz-vous, puisque c’est à ce moment qu’il fait le plus frais ?... Certes, certes il fait frais… mais ça peut aussi devenir très chaud pour vous car c’est aussi à ce moment là que vous risquez de croiser de possibles copains que vous connaissez et qui ne manqueront pas de se fendre la poire en vous voyant affublé de votre short et de votre débardeur… Le crépuscule et le petit matin sont en effet les deux moments clé ou tous vos potes sont dans la rue… on pourrait même dire les seuls moments… vu que le reste du temps soit ils font la bamboula (la nuit) soit ils cuvent et ils roupillent (le jour)…

Le crépuscule, étant comme chacun sait l’heure où les « grands fauves » vont boire et partent chasser… ne soyez donc pas surpris de voir tous vos potes de comptoir, juchés sur leur scooter, lunettes noires sur les yeux, commencer à sortir de toutes les soï environnantes au fur et à mesure que le soleil baisse, un peu dans le style « début de journée d’un vampire », pour se diriger vers un de ces points « d’eau » que d’aucun(es) appellent des lieux de perdition (tout de suite les grands mots…) que vous fréquentiez aussi… souvenez-vous… il y a peu… Ne niez donc pas… D’aucuns disent même que vous en étiez le « poteau mitan » comme on dirait aux Antilles… et si vous ne vous étiez pas fait prendre un jour dans un « chalut » il est probable que vous y seriez encore…

Et oui, comme dirait l’autre, ce n’est pas parce que la mariée est aujourd’hui en blanc… qu’elle n’a pas bien vécu avant… n’est ce pas ?

Enfin, si malgré tout vous persistez à vous entraîner dans ce créneau horaire, vu votre carnet d’adresse et votre background, vous avez intérêt à vous équiper d’une paire de lunettes noires pour passer inaperçu, de rentrer le ventre, de poser une casquette sur votre calvitie bien affirmée… en un mot de raser les murs… ce qui vous permettra accessoirement de courir à l’ombre…

Quand à l’idée de partir dérouler au petit matin, laissez moi vous dire que ce n’est pas mieux vu que tous ceux qui se sont un peu « attardés » rentrent avec leurs « achats » de la veille en travers de la selle du scooter, « achats » qui je tiens à le préciser à l’attention des néophytes non pas été réalisés dans une épicerie locale, un seven – eleven, mais plutôt dans un autre type de commerce ouvert tard la nuit que je baptiserai par analogie de… eleven (pm) – seven (am)… les initiés me comprendront… Bien sûr, si vos potes sont suffisamment fumés pour ne pas vous reconnaître ça ira… mais ça, ce n’est pas certain…

Quoi qu’il en soit, si toutefois vous êtes parvenu à éviter de croiser des visages connus (on peut toujours rêver..), sachez que vous vous engagez à présent  dans un parcours qui va réellement se transformer en chemin de croix… et où votre moral sera mis à rude épreuve…

Le premier coup au moral que vous risquez de recevoir pendant votre jogging, c’est lorsqu’au moment précis où vous commencez à en baver comme une bête sur cette route écrasée par la canicule, vous entendez dans votre dos résonner une sorte de  cli-clap régulier qui va crescendo… bruit caractéristique d’une savate asiatique en train de claquer sur l’asphalte… En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, vous sentez… non pas un souffle chaud dans la nuque, je vous rassure… mais un regard narquois se poser sur vous au moment où un nain en tongs usagées vous dépasse allègrement dans la montée où vous êtes en train de cracher vos poumons... Aussi confortablement équipé avec cette paire de savates de compétition sans doute élaborée par Ho Chi Minh, que vous avec vos pompes à coussins d’air incorporés, le mec en question vous lance un « Hello farang ! » accompagné d’un sourire thaï (version Yim yo, signifiant « t’es nul vieux débris et je me fiche bien de ta gueule ») … avant de disparaître au loin dans la brume de chaleur…

Bien entendu, ce n’est pas l’envie qui vous manque de lui dire à cet ahuri ce que vous en pensez de son « Hello farang ! » mais même en situation d’apoplexie, vous gardez suffisamment de lucidité pour vous souvenir que cette zone est truffée d’écoles de Muai thaï, autrement dit de boxe thaïlandaise… et qu’il y a 99,99 % de chances que ce mec soit un stagiaire à l’entraînement, essayant de perdre les quelques grammes nécessaires à sa classification pour le prochain match… Comme un vulgaire coquillage à marée basse, vous la moulez et vous continuez votre chemin de croix tout en perdant autant de sueur qu’un camion thaïlandais rafistolé par un garagiste de brousse perd d’huile sur un chemin défoncé du lointain Issan.

Si vous pensez que vos malheurs vont se limiter à cette humiliation, vous vous trompez… Quand on a pris le calice en main, il faut le boire jusqu’au bout… autrement dit jusqu’à la lie… Je traduis à l’attention de tous ceux qui résident depuis très, très… trop longtemps sur Phuket et qui ne sont pas abonnés à « Témoignage chrétien » : quand on a une Sing dans la pogne, on se la tape jusqu’à la mousse !…

En effet, c’est précisément au moment où vous êtes en train de commencer à oublier ce gamin insolent qu’intervient le second coup du sort.

Précisons avant d’aller plus loin pour ceux qui ne le sauraient pas encore, que ce coin de route de Phuket sur lequel vous avez décidé de vous entraîner est bordé d’au moins autant de bars de nuit, (ouverts aussi de jour vu qu’on y pratique parfois les trois huit…) qu’il y a de platanes sur les bas côtés d’une nationale de France… Comment dans ces conditions, s’étonner qu’à un moment donné ne jaillisse d’une paillote devant laquelle vous passez, l’inévitable « Hello handsome man ! »... On a beau être un vieux routier de la nuit comme vous, le premier réflexe est de lever les yeux de l’asphalte brûlant pour regarder d’où vient la voix qui vous interpelle avec autant d’acuité et de… discernement… Bien évidemment, cette séquence intervient au moment précis où votre vitesse de progression commençait à s’apparenter à celle de la tectonique des plaques… Avouez quand même que pour résister à la tentation de quitter ce qui est devenu une nouvelle colline du Golgotha, il faudrait avoir une force de caractère de titan…

Bien que je m’en lave les mains, car ce n’est pas mon affaire, permettez moi à ce stade de l’épreuve, car c’en est une, de repréciser les données du problème ou plutôt du dilemme pour vous aider à prendre votre décision :

- soit vous continuez à « courir » et vous finirez inévitablement en vous desséchant au soleil sur cette route comme un vieux chameau sur les pistes de Tamanrasset : c’est sûr que vous aurez perdu des calories mais pas que ça…

- soit vous répondez à l’appel qui vous a été lancé et vous rejoignez l’ombre rafraîchissante de la paillote où déjà deux ou trois gogo girls juchées sur leurs tabourets ont commencé à s’agiter à votre vue comme des perroquets sur leur perchoir…

Ne soyons pas obtus quand même… et faisons preuve d’un minimum d’ouverture d’esprit… Une solution intermédiaire pourrait certes être envisageable, une sorte de compromis… Vous pourriez, par exemple, vous contenter de ne faire qu’une halte technique dans ce havre de paix et de fraîcheur et reprendre votre périple après une ou deux bières glacées dégustées en charmante compagnie…

Le seul problème, et tous ceux qui sont un jour entrés dans un de ces débits de boisson, ne serait ce que pour y boire une limonade, ne me contrediront pas… c’est que si l’on sait quand on y entre… on ne sait jamais quand on va en sortir… et dans quel état… J’en connais un comme ça dans le muban où je vis, qui parti un matin pour dérouler quelques kilomètres n’est revenu que... le lendemain aux aurores après un arrêt qui ne devait durer au départ que le temps de descendre une mousse ou deux… Je sais que c’était aux aurores qu’il est rentré parce que quand j’ai entendu gueuler sa femme pour lui souhaiter la bonne arrivée, le jour se levait à peine… Et oui, on part pour un jogging et c’est le début des emmerdes…

Vues les conséquences graves de la décision à laquelle vous êtes confronté, je ne peux me permettre de décider à votre place… En plus comme je ne tiens pas à me retrouver impliqué moi aussi dans le coup de vent qui accompagnera « le retour du mari prodigue » au bercail je préfère vous abandonner à votre libre arbitre sur cette route de la tentation, en espérant simplement que vous ne serez parti qu’avec une liasse de billets en poche et non pas avec votre carte bancaire… Si tel était le cas, vous êtes alors vraiment très, très mal barré… car pour reprendre les termes de quelqu’un que je connais, vous avez toutes les chances de vous retrouver pris dans un processus d’essorage lancé à la vitesse maximum… dont on risque de parler longtemps dans la chaumière (la vôtre bien évidemment...)…

Et oui, vous le voyez, que ce soit à Phuket comme à Bangkok ou au milieu de nulle part, courir n’est pas une sinécure… et même sur une petite route tranquille comme celle de Rawai beach… Estimez vous heureux encore que notre bon joggeur ne soit pas parti traîner ses baskets le long de Patong beach parce qu’en plus il aurait fallu que je le fasse slalomer entre les jet-ski qu’on décharge, sauter par-dessus les poubelles qui dégueulent sans oublier de zigzaguer en tentant d’éviter le maillage de câbles tendus sur le sable par tous les fanatiques du parachute ascensionnel… Quand je vous disais que c’était un sport complet…

 

C’est donc sur cette dramatique fin que je vais clore cette série de billets consacrés à la pratique du jogging au royaume de Siam… en espérant ne pas trop vous avoir sapé le moral…


Et si le bonheur était dans la riziere…

 

 

Après le joggeur « urbi »… penchons donc nous à présent sur le cas du joggeur « orbi », qui a choisi pour débarrasser ses poumons des miasmes et des fumées de Bangkok, de faire une cure en sanatorium dans l’Est de la Thaïlande, plus précisément dans un village coincé entre rizière et … rizière…

 

Notre bon expat aurait peut être aimé faire sa « cure » ailleurs, mais que voulez-vous, vu que sa compagne était du coin, il n’a pas tellement eu le choix… et quand il s’est réveillé de la cuite à laquelle il a eu droit pour fêter son arrivée, il était bien trop tard pour revenir sur les engagements (ou les promesses d’ivrogne) pris au cours de la nuit… Et pour une cuite cela en a été une sacrée !… Qu’est ce que vous voulez, l’arrivée dans un village perdu de l’Issan d’un distributeur de billets, d’un ATM comme on dit ici, c’est comme l’installation de l’eau et de l’électricité au fin fond de l’Auvergne… Ca se fête…

Cet expatrié là, précisons qu’en général lorsqu’il en vient à se tourner vers le sport, ce n’est pas seulement à cause de la balance… C’est aussi parce qu’il commence à en avoir sa dose du gardiennage des buffles, du ravalement des façades de la plupart des maisons du quartier à prix coûtant (pour lui bien évidemment…), maisons qui appartiennent toutes à des parents de sa douce, parents naturellement confrontés à un mauvais karma et qu’il faut aider…

Lorsqu’il se décide à faire du jogging, les premiers temps notre expat est un peu la vedette dans le village, étant donné qu’on n’a jamais vu personne oser se trimballer fringué comme il l’est et partir courir sous le soleil à l’heure où en principe on se pose… Pour être clair, au départ comme à l’arrivée de son jogging, avec le public sur les côtés de la rue principale (et unique) c’est un peu l’ambiance disons… des derniers kilomètres de l’Alpe d’Huez… avec en prime les commentaires de la course assurés par un parent de sa moitié… Se sentir la vedette du jour, cela a au moins un avantage, c’est que ça aide à oublier qu’il fait chaud… et surtout là où on est venu atterrir…

Finalement, au bout d’un certain temps notre expat en arrive à se dire que courir sur une piste ou le long des rizières, en fin de compte c’est bon pour la forme car cela lui permet de décompresser, d’évacuer le stress… ainsi que tout ce qu’il picole avec les mecs du village… Tout se passerait donc très bien… jusqu’au jour où se produit une mauvaise rencontre…

La première rencontre désagréable qu’il peut faire sur une piste herbeuse, en pleine cambrousse, c’est bien sûr celle d’un bestiau de 2 mètres de long qui va brusquement se dresser sur son chemin, en l’occurrence un cobra royal… Rien que cela s’il vous plait…

La plupart du temps, même s’il en est à la fin de sa boucle de 8 kilomètres… même si les maisons du village sont en vue… même s’il en a plein les baskets… notre homme fait alors naturellement demi-tour parce que les cobras, croyez-moi, ça ne rigole pas beaucoup et c’est reparti aussi sec en sens inverse en allongeant la foulée… Ce qui est certain, c’est que ce genre de rencontre cela vaut toutes les séances de résistance concoctées par les Mickeys en fluo des salles de fitness… vu que ça fait grimper le palpitant dans les tours comme c’est pas permis… Moralité, pour notre farang qui était parti évacuer le stress…  c’est un peu manqué...

Le plus fort c’est que quand au retour, après avoir retrouvé son souffle et un visage normal, notre expat entreprend de raconter ses mésaventures en avalant pour se remettre de ses émotions, verre sur verre de ce whisky mékong auquel étrangement il trouve un goût excellent aujourd’hui, il se rend compte que tout le monde se marre comme des bossus autour de lui... Mai pen rai !

Finalement quelqu’un entreprend de lui expliquer qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter vu que la bestiole qu’il a croisé n’est probablement que la réincarnation d’un lointain cousin… Certains même, un peu en avance de quelques bières sur les autres, après avoir fait travaillé leur mémoire rajoutent que le cousin en question était même un mec vachement bien, la preuve c’est qu’il est revenu en cobra… Bon d’accord, c’est sûr c’était pas un « Dieu » sinon ce serait un éléphant que notre bon expat aurait croisé sur la piste, mais un cobra c’est déjà pas mal comme réincarnation… D’accord, il a toujours été un peu facétieux et aimé surprendre les gens « le cousin », c’est entendu… mais enfin, bon si on sait le prendre, pas de souci… Pour tout dire, si on n’en n’avait pas parlé au farang avant son jogging c’est simplement parce qu’on pensait qu’il l’aurait deviné tout seul… cela va sans dire voyons… Si notre bon expat n’avait pas encore compris le sens de ce que veut dire vivre dans une société à « fort contexte de communication », on peut à présent estimer que c’est fait maintenant…

Mais là où notre expat finit par craquer littéralement, c’est quand quelqu’un en vient à lui demander s’il n’a pas fait de mal au cobra au moins… parce que si tel était le cas, cela serait embêtant … et ça pourrait finir par mettre « le cousin » en rogne… vu qu’il était aussi un peu caractériel dans sa jeunesse…

Mais quand on court autour d’un village du profond Issan, il n’y a pas que les serpents qu’on peut rencontrer quand on est un expat joggeur… Il y a aussi les chiens… Et là, n’en déplaise aux amis des chiens, je vais être obligé de dire un peu de mal des canidés…

En règle générale, le chien thaïlandais n’est pas en soi très impressionnant… car il n’est embarrassé ni par ses muscles (tout comme l’expat retraité moyen)… ni par ni sa graisse (là, c’est moins vrai pour l’expat retraité…)... Le seul problème quand on rencontre un clebs, c’est qu’il faut le décliner… au pluriel. Et oui, tout comme les trains, un chien peut en cacher un autre… et même à vrai dire plusieurs autres, certes tous plus faméliques et déplumés les uns que les autres mais ils sont une « tétra-chiée plus quinze »… Et là, mauvaise limonade… Il y a intérêt à prendre tout cela très au sérieux… Vous vous marrez ? Et bien regardez le grand Rambo qui pourtant en connaît un bout en matière de baston dans le sud est asiatique… Et bien il n’a jamais osé se fritter avec une horde de chiens asiatiques… Comme quoi…

Serait ce l’odeur du farang, la vue de son long nez, le fluo de ses fringues, la « grâce » de sa course… difficile à dire mais une chose est certaine, alors qu’il roupillait depuis des heures, voilà notre chien galeux et famélique qui se réveille brusquement à l’approche du coureur et se met à gueuler. Tous les autres qui étaient postés le long de la route, bien évidemment se réveillent à leur tour et au fur et à mesure que notre sportif avance, d’autres chiens commencent à se profiler à chaque tournant… L’embuscade, la vraie… Pour s’en sortir plusieurs possibilités s’offrent alors à lui… Si cela doit vous arriver aussi un jour, alors notez bien  ce que je vais vous dire…

La première option c’est bien entendu celle de la négociation… mais le farang nouvellement arrivé en Issan parle rarement le thaï du nord-est… En plus, vu le nombre de clébards qui traînent sur la route, ce sont des sacs complets de barbaque ou de royal canin qu’il faudrait trimbaler dans le Camel back pour les convaincre de céder le passage… Pas la peine d’essayer le riz, le poulet ou le poisson pour les appâter, comme tout bon expat, ils en ont un peu marre de ce régime… mettez vous un peu à leur place… C’est déjà fait ?... Bon, alors je passe à l’autre option…

La seconde option, c’est celle de la dissuasion… Concentrez-vous et suivez bien mon raisonnement car c’est un peu tordu, même franchement déjanté… Mais je peux vous assurer que ça marche… Le but c’est que les chiens en arrivent à penser que vous n’êtes pas un farang venu de l’ouest mais un Vietnamien en voyage de prospection… Vous me suivez ? Si un des chiens, à votre allure, à votre façon de parler se dit « Mef, ce type là il vient d’Hanoï ou de Saïgon … il y a de la restauration collective en préparation dans l’air… » c’est gagné… car chacun sait à travers tout le sud est asiatique que les Vietnamiens sont friands de brochettes et de cuisseaux de chien. Là, l’effet est immédiat… Les cabots taillent la route dare-dare et vous pouvez continuer à courir…

Ne me demandez surtout pas comment les clebs sont au courant… ou alors c’est que vous n’avez rien, mais alors rien compris à la technique de la réincarnation… et le mieux que vous ayez alors à faire c’est de commencer par aller suivre un bon stage chez Ricard (pas Paul le concurrent du pastis 51, non l’autre Mathieu, celui qui cause riche…).

Une chose est certaine, le moins qu’on puisse dire c’est qu’avec cette histoire de karma et de réincarnation ça aide la tradition orale à se perpétuer dans le temps, la preuve avec les chiens…

Si malheureusement vous ne parlez ni le thaï, ni le vietnamien vu que vous n’avez pas fait les langues O (ou alors vous ne seriez pas à traîner là au milieu des rizières, vous seriez plutôt en train de bosser à l’IRASEC ou à l’ambassade…), si vous êtes incapable de courir sur huit kilomètres déguisé en paysan du delta du Fleuve rouge avec un chapeau pointu sur la tête, il ne vous reste plus alors que la troisième option : l’action brutale autrement dit, le passage en force grâce à la mandoline à ours…

Nanti d’un solide bâton de palabre, que vous aurez préalablement taillé avant votre mise en route dans un bois dur et noueux, et trimbalé jusque là tel un Moïse moyen pendant la traversée du désert, il ne vous restera plus qu’à vous ouvrir un chemin dans la masse canine à grand renfort de moulinets, un peu comme Roland à Roncevaux ou pour faire plus local, du roi Mengraï face aux hordes birmanes… C’est certain que ça va gueuler sur votre passage mais croyez moi, ça marche… en un mot, pas de mollesse avec les molosses… surtout qu’en plus ça permet de faire travailler les bras… Après ça il vous sera difficile de dire que le jogging n’est pas un sport complet…

Inutile de vous préciser qu’à l’arrivée ce n’est pas la peine de vous vanter de ce type d’exploits… Outre le fait qu’à l’heure d’Internet cela viendrait rapidement aux oreilles de la SPA, il est probable que cela générerait aussi des histoires de famille dans le village… Pour sûr, parmi les obstacles que vous aurez « « caressés » du plat de votre gourdin, il y aura probablement des proches de gens que vous connaissez… Certes dans leur vie antérieure ce ne devaient pas être des cadors et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ne se sont pas vraiment défoncés pour accumuler des mérites vu que leur karma les a fait revenir sous une enveloppe de chien… mais quand même… ce sont des parents… Faut pas charrier… Si ça se sait c’est encore un sac d’embrouilles en perspective… Donc motus et bouche cousue et l’harmonie du village sera préservée… c’est l’essentiel... Que voulez-vous, le sens de la famille c'est encore une réalité en Thaïlande !


Mais bien entendu, si le sport en milieu rural n’est pas réellement votre passion, il vous reste encore la plage de Phuket pour essayer de perdre un peu de poids…

 

 

(à suivre…)

Jogging dans les rues de Bangkok... Tout ce qu'on ne vous a pas dit...

 



          Puisque vous avez décidé de vous mettre au jogging, sachez dès à présent que courir en Thaïlande peut très rapidement s’avérer être une aventure à rebondissements… et ceci dans tous les sens du terme, croyez moi… Suivant que vous vivez dans la jungle urbaine de Bangkok, au fondus de l’Isaan dans un village tellement pommé que même les phi s’en sont barrés ou sur une plage dorée comme Phuket, votre jogging n’y sera pas tout à fait le même… Mais quel que soit le cadre, il y a aura pourtant toujours un point commun : votre vie va désormais connaître une série « d’emmerdes » dont vous n’avez même pas idée… C’est bien pour cela qu’il vaut mieux que nous en parlions dès à présent… Sinon vous en viendriez à me le reprocher…

 

Commençons si vous le voulez bien par le premier cas de figure, à savoir l’expatrié retraité vivant à Bangkok…

Pour cet expatrié là, dont la pointe d’effort physique journalière se limitait jusqu’à peu à l’ascension de l’escalier du métro aérien… et encore en faisant une halte technique à mi parcours… chausser des chaussures de sport pour aller courir dehors représente un vrai défi... Plutôt que de parler à son égard de séance de remise en forme, il conviendrait mieux de requalifier cela en « parcours de survie en jungle urbaine »… Si vous ne me croyez pas, laissez moi vous faire part d'une indiscrétion recueillie de la bouche même d’un vendeur (désœuvré) d’équipements sportifs (bon marché) d'un grand magasin européen nouvellement ouvert sur Bangkok, dont les dirigeants n'ont peur de rien (vu la conjoncture, une aventure encore plus balèze que la traversée à pied à 18 heures de Sukhumvit road…) : Il se murmurerait que Bear Grylls... le mec qui dans « Man Vs Wild » a une semaine pour rejoindre seul la civilisation dans un environnement sauvage et désertique, avec pour tout équipement un couteau, une gourde et une pierre à feu... aurait préféré se faire licencier par Discovery Chanel ... plutôt que de venir courir dans les rues de Bangkok… C'est vous dire si ça craint !

On peut d’ailleurs le comprendre, car il faut dire à sa décharge que là où il va, en règle générale, il ne risque tout au plus que de se faire bouffer par un croco ou mordre par un serpent venimeux, voire dévisser d’une paroi rocheuse… La belle affaire !… Tout cela on l’a déjà à Bangkok avec les bestiaux pas recommandables dans les rues en période de crue de la Chao Phraya, les trous sans fond qui s’ouvrent sans crier gare dans la chaussée…

Beer Grylls, lui au moins à la différence de notre expat téméraire, ne risque pas pendant son parcours sur un trottoir plus qu’incertain, de se faire ébouillanter par la bassine d’eau chaude d’une Phôuu-ying (qui en plus l’engueulera…), de glisser sur la flaque d’huile de vidange d’un garagiste de trottoir ou de terminer en figure de calandre d’un 4 x 4 de luxe qui a serré de trop près le bord de la chaussée… avant de finir dans l’anonymat d’un frigo vu qu’on lui aura tiré son « larfeuille » entre le moment de l’accident et l’arrivée des secours… Et oui, c’est la version adaptée des gestes de premier secours où la finalité reste avant tout la survie du… spectateur…

A ma connaissance, à part deux illuminés qui s'amusent à traverser la ville en droite ligne, il n’y a qu’un mec qui passe là où Beer Grylls a rendu son baudrier et son mousqueton… C’est « Philippe le photographe », celui qui a choisi comme terrain de jeu China Town… Mais pour accéder à ce « plateau sportif » il lui a fallu au préalable connaître tous les garçons bouchers, tous les marchands de poisson… et un certain nombre « d’intermédiaires »… Enfin, pour être tout à fait honnête, précisons que lui il marche… Peut être qu’il court après avoir pris sa photo jusqu’à un motosai qui l’attend au coin de la rue… mais ça il ne le raconte jamais sur son blog… A vérifier… Il faudra que je m’intéresse de plus près à lui dans quelques temps…

Alors, puisque les rues de Bangkok ne sont pas très sures, où aller me direz-vous ?

Bien sûr, si vous vous sentez un potentiel de sportif de haut niveau en devenir… où si dans votre précédente vie bouddhique vous étiez dans l’enveloppe corporelle d’un hamster… vous pouvez vous rendre dans un club de remise en forme pour aller courir sur un tapis… Mais si comme moi vous n’êtes pas un fervent adepte de ces lieux où l’on passe deux heures à transpirer dans une salle décorée par un jeu de miroirs que madame Claude aurait aimés, entourés de types qui vous reluquent bizarrement en se trimbalant avec une « ficelle dans la raie » en guise de short de sport, il vous faut aller en extérieur…

Les rues de Bangkok étant suicidaires ainsi qu’on on l’a vu, la seule solution qui tienne le pavé… si j’ose dire… c’est de vous rendre dans un des quelques parcs de la ville comme Lumphini ou Chatuchak. Le cadre y est verdoyant, on y croise fréquemment de jolies jeunes femmes élancées en tenue fluo… et même quelques éphèbes (et oui, il en faut pour tous les goûts…)…

Bref à première vue l’endroit idéal… Idéal, vite dit… Ce serait l’idéal s’il n’y avait pas tous ces varans à enjamber, ces gosses zigzagant dans tous les sens et qu’il faut éviter sans même parler du risque de télescopage avec un vélo fou, piloté par un type dont l'horizon se limite à la roue avant … Si vous n’avez jamais vu à quoi ressemble le sport de masse un dimanche soir à Lumphini ou à Chatukak… imaginez vous l’ouverture d’un grand magasin britannique un jour de soldes… Vous voilà prévenus… Bonne chance !

Un dernier point enfin… Si vous tenez vraiment à courir sur Bangkok et que vous arriviez à échapper à tout ce dont j’ai parlé, il y a un truc que vous n’éviterez pas… La silicose... avec en prime une paire de poumons dignes d’un mineur polak, qui en sortant du trou à charbon, aurait occupé ses soirées de libres à cloper avec Serge Gainsbourg…

 

De quoi allez s’installer à la campagne, pas vrai ?

 

 

(à suivre…)

Galeries de portraits : chronique d’un début de journée normale avec “Momo l’expat”... (1)

 



A l'attention de ceux qui se demanderaient ce que peut faire de ses dix doigts tout au long d'une sainte journée sous les tropiques l'expatrié français moyen vivant en Thaïlande, ce transfuge régulièrement mis à l'index par les ayatollah de Bercy, voici quelques éléments de réponse, sachant néanmoins que toute ressemblance avec ma propre existence serait bien entendu purement fortuite...


La vie quotidienne d’un expat retraité moyen pourrait à première vue sembler au départ généralement assez banale… et très routinière. Pourtant, à y regarder de plus près, en dépit des apparences, chacune des journées de notre homme commence régulièrement par un drame… dans l’odeur du café frais qui monte dans l’air… Pour comprendre les ressorts de ce drame, rendons-nous si vous le voulez bien chez celui de mes voisins que j'ai choisi comme modèle et que nous appellerons désormais « Momo l’expat »… afin de l'observer débuter une journée qui va s’avérer fertile en émotions...

 

Parmi les premiers rituels auxquels se livre notre expatrié retraité, chaque matin au réveil, il y a une séquence incontournable : le passage sur la balance en revenant d’aller faire un tour « au fond du couloir »… D’un pas alerte, curieux de savoir comment a évolué son indice de masse corporelle depuis... hier matin... notre homme se juche sur cet « équipement de précision » (dixit le vendeur... bien que made in China, donc condamné à une espérance de vie limitée...)...  A peine est-il monté dessus que la réaction ne se fait pas attendre : une bordée de jurons remplit la maison… Cet engin diabolique, dont les résultats sont probablement faussés par l’humidité ambiante accuse encore 500 grammes de plus que la veille ! … Humidité, peut être... mais il faut quand même réagir se dit notre homme en descendant, réalisant en son for intérieur, dans un sursaut de lucidité, que l’hygrométrie ambiante n’explique peut être pas tout…

 

Et à partir de ce moment là, débute dans son esprit la valse des mesures à prendre pour perdre du poids : alléger les repas, picoler un peu moins, se lever plus tôt… la seule limite à ces contre-mesures étant comme chacun sait,  le manque d’imagination…

Malheureusement, le problème des résolutions d'un expat retraité… pas vraiment débordé par le travail… c’est qu’il y a en général peu de chances qu’elles aillent plus loin que l’apéro du midi… sauf à faire preuve d'une volonté d'acier (je préfère dire d'acier et pas de fer vu que le fer ne résiste pas trop au climat local...). En fait il y a tellement de sollicitations au sein de ce village gaulois qu’est la communauté des retraités français que notre homme est quand même excusable à bien des égards… Tenez, pas plus tard que ce matin, en se connectant sur le blog d'un copain, que voit – on ?... Une alléchante série de photos concernant les produits maison d’un traiteur alsacien qui vient d’ouvrir… Vous vous doutez bien qu'entre un bol de riz blanc (version gluante ou non gluante, suivant que votre compagne ou épouse thaïlandaise est du Nord-est du pays ou pas) et une assiette de charcutaille bien de chez nous, il n’y a pas photo… 

En plus, s’asseoir sur la natte à 17 heures pour manger un brouet local accompagné d'un poisson desséché dont même un chat ne voudrait pas, c’était marrant et exotique un temps… mais comme toutes les « bonnes choses » il fallait que ça s'arrête et qu'on passe rapidement à d’autres réjouissances… Plus qu’un problème de gastronomie cela devenait au fil des jours une question de survie… sans parler du regard des copains installés dans le pays depuis beaucoup plus longtemps et qui se marraient comme des bossus en saucissonnant allègrement depuis leur terrasse… Et en plus je ne vous parle même pas des crampes dans les « guitares » à la fin des « agapes » locales parce que la position en tailleur, il faut s'appeler Bouddha pour la tenir sans problème... Il y a des jours où il lui fallait presque un palan à notre bon Momo pour l'aider à se relever...


Poursuivant ses réflexions notre homme en vient alors à entamer le second rituel de la matinée, à savoir la consultation sur son ordinateur, une cigarette (hors taxes) à la main, du cours du dollar pour voir comment a évolué la parité bath / euro… Là aussi, à nouveau… action, réaction…
L’affichage des résultats, confirmant la tendance générale passée des dernières semaines, à savoir la baisse inexorable de son pouvoir d’achat, génère instantanément une seconde bordée de jurons qui pour le coup finit de réveiller vraiment la maisonnée…

En proie à ce que nous appellerons pudiquement une légère « contrariété » pour ne pas employer les grands mots et parler de « fracture de moral », notre homme, tirant sur les bretelles de son « marcel », jette sa première « clope » à peine entamée de la journée et traînant ses savates sur le carrelage (savates d’intérieur je précise parce quand on est bien éduqué dans ce pays on laisse ses « pompes » dehors…), commence à arpenter la maison dans tous les sens en gueulant comme un putois d’une voix de stentor qu’on doit entendre aux quatre coins du lotissement… Tout y passe… Pêle-mêle la mondialisation, la crise européenne, ces escrocs de traders qui s’enrichissent sur le dos des autres, Sarko, Hollande et leurs gouvernements d’incapables (… désolé mais comme on est dans un processus d’automatismes, il lui faudra un certain temps d’adaptation avant que le nom de Macron vienne naturellement à sa bouche…)… j’en passe et des meilleures…

Sa compagne, réveillée en sursaut, apparaît un bref instant… la « gueule enfarinée » comme on dit… au propre pour cause de poudre de riz (et oui encore et toujours le  riz...) et au figuré…  puis comprenant très vite que « le bois est en train de se mouiller », disparaît subrepticement avant qu’on ne songe à lui rappeler le rôle clé qu’elle joue (avec l'aide de sa nombreuse parenté proche, moyenne, éloignée...) dans la diminution du pouvoir d’achat de la maisonnée… Comme quoi, en Thaïlande comme partout ailleurs, on a beau être dans une société où on contrôle ses sentiments et ses réactions chacun sait que « quand la mer est mauvaise faut pas faire ch…. le marin ! ».

 

Un certain nombre de jurons plus tard, le calme revient progressivement dans la maison, au fur et à mesure que notre homme, jamais à court d’idées, commence déjà à envisager un plan B pour faire face à l’érosion de son capital, en l’occurrence « plier ses gaules » et aller s’installer au Cambodge voisin où si l’on se fie aux chroniques des magazines francophones locaux, « les cailles tomberaient encore rôties du ciel »… comme au bon vieux temps en Thaïlande…

 

Mais le fait d’avoir gueulé, c’est bien connu, ça ouvre l’appétit… alors direction le frigo… Quand je vous disais que les résolutions chez un expat français retraité ça ne va jamais très loin… Et on est encore loin, très loin de l’apéro ! … Le point positif de cette affaire c'est qu'au fur et à mesure que l'estomac se remplit, le cerveau commence à reprendre le contrôle de la bête… Et c’est là précisément que notre expat retraité, abandonnant pour un temps ses projets de migration au delà du Mékong, se remet à penser progressivement à la balance… Et si je me mettais à faire un peu de sport… se dit notre homme, au beau milieu d’une bouchée de pain recouvert de cette excellente terrine qu’on lui a envoyé de la lointaine France… mais dont ce « salaud » a soigneusement négligé de faire état à ses copains expats… Plus perso que ça ce n'est pas possible… comme quoi la solidarité nationale et gastronomique a ses limites…


Et oui, après tout, le sport ne semble pas une si mauvaise chose dans ce contexte déprimant où d’un côté on assiste à l’effondrement du cours de l’euro, et partant des économies de ce bon Momo, ce qui est générateur de stress… de l’autre on ne peut qu’observer une croissance lente mais inexorable de l’indice de masse corporelle de l’intéressé… génératrice de surpoids… bon allez, n’ayons pas peur des mots… d’un début d’obésité… Vous avez compris : stress plus obésité, notre homme n'est pas clair... car voici réunis tous les ingrédients de l’accident cardio-vasculaire… Il ne manque plus à ça que le facteur déclencheur, à savoir le besoin de… « fantaisie » de madame… pour transformer ce bon Momo en légume en « deux temps trois mouvements » ou pour être tout à fait précis en « deux temps, trois mouvements… et deux cris… »… le second cri étant bien entendu le râle de celui dont la pompe vient de claquer à vide...

En effet, la situation est grave et il y a vraiment intérêt à réagir rapidement et si l’on veut tout à la fois évacuer ce stress, faire chuter ce poids… et maintenir un ratio « Offre (de monsieur) / Demande (de madame) »… disons acceptable… Et là sur ce dernier point, c’est pas gagné, car j’ai omis de vous faire part d'un détail qui a son importance : si ce bon Momo est gourmand en matière de gastronomie, disons qu’en ce qui concerne les fréquentations féminines, il frise avec la gloutonnerie… vu l’âge de sa compagne… Vous voyez ce que je veux dire... Mais nous aurons l’occasion d’aborder ultérieurement la question de la cure de jouvence entreprise au péril de leur vie (et de leurs économies) par nombre de retraités étrangers dans ce pays… Donc concentrons nous un peu sur l'essentiel et revenons en au sport…

 

Suite à cette brutale prise de conscience, le spectre du déambulateur, voire du fauteuil à roulettes qui couinent… commençant à faire son chemin dans son esprit, ce bon Momo, quelques gouttes de sueur au front, finit par reposer délicatement sa tartine de confit d’oie et repousse son verre de rosé frais… ne pensant plus qu’à une seule chose : faire de l’exercice physique. Il faut impérativement qu’il parvienne à « se dépenser et éliminer »… J’ai bien dit « se dépenser et éliminer » et pas « boire et éliminer » comme le suggère une marque d’eau minérale bien connue… chose que Momo savait déjà faire depuis longtemps… mais pas avec de l’eau minérale, vous vous en doutiez un peu…

 

Mais quand on a moins de 85 balais, âge normal de péremption des expatriés retraités (au regard des statistiques), que reste t-il comme dérivatif raisonnable que l’on puisse pratiquer en Thaïlande ?

Le vélo ? Non merci… vu le trafic et le style de conduite locale, notre homme n’a pas vraiment envie de rejouer un remake du film « Duel » de Spielberg et de toutes façons il a passé l'âge de jouer aux coursiers new-yorkais zigzaguant entre les pick-up et les vans fous… Finir en tête de calandre d’un pick-up façon Victoire de Samothrace sur les Rolls, ce n’est pas précisément à ce quoi il aspire…

Le tennis ? Pour ça, il faudrait avoir de la coordination et du souffle… et il y a bien longtemps que Momo n’a plus ni l’une…ni l’autre…

Le golf ? Même si c'est très à la mode c’est juste bon pour passer un peu de temps à dire du mal des autres expats… en attendant de se retrouver au bar… Un cercle vicieux en somme…

La natation ? Ne me faites pas rire, vous ne trouvez pas qu'il y a déjà assez d'eau dans le Ricard pour vouloir aller en ingurgiter un peu plus dans une piscine... et je ne parle même pas des amibes…

Non, la seule bonne réponse c’est… le jogging !

Mais si se remettre à la course est une excellente chose, croyez moi, ainsi qu’on va le voir, c’est toutefois loin d’être aisé au Royaume de Siam et ceci, quelque soit l’endroit où l’on vit…

 

- A suivre -



NB : pour ceux qui en douteraient encore, Momo ce n'est pas moi la preuve, je ne porte pas de "Marcel"... 

Bienvenue sur Sanuk...

Bonjour à toutes et à tous, puisque vous venez de vous prendre les pieds dans la toile et êtes venus buter sur mon blog, soyez donc les bien...