samedi 5 décembre 2020

Galeries de portraits : investissez dans l’immobilier, une valeur sure, avec “Boris le moujik”... (2)

  


 


Passés les premiers jours et parfaitement conscient du fait qu’il avait intérêt à se bouger les moignons s’il ne voulait pas voir débarquer par un vol Aéroflot le porte parole (accessoirement aussi porte flingue) d’un collectif d’actionnaires moscovites en colère venu solder les comptes, Boris a commencé à broyer du noir… car par les temps qui courent, le moins qu’on puisse dire, c’est que le client tend à se faire rare. Et comme apparemment ses créanciers n’ont étonnamment jamais entendu parler de la crise de la COVID et de son impact sur le tourisme, ''l’ardoise'' reste suspendue sur le mur au dessus de sa tête, juste entre les portraits de « qui vous savez » et la copie ''légalisée localement'' de ses diplômes et patentes attestant de ses compétences et de sa probité, documents payés non pas à la sueur de son front mais à prix d’or… Pour ceux qui ont un peu de religion je dirais que c’est un peu comme dans l’histoire de Cain dans la tombe et de l’œil qui le regarde… sauf que là c’est l’ardoise qui le regarde… Quand à la tombe inutile de développer, le mec Boris y est déjà à moitié dedans depuis un certain soir de méprise… En un mot, l’avenir semble devenir sombre… au moins aussi sombre que les eaux du Chao Praya le mec Boris risque d’aller faire trempette…

 

Bien sur, pour payer plus rapidement sa dette à l’équipe des trois « rustiques », notre ami pourrait renouer avec le jeu mais au vu de son passif et du fait que de ce coté-là c’est un peu bouché pour lui dans ce milieu professionnel… la prudence recommande quand même de s’abstenir… Faut le comprendre, quand on se prend une danse comme celle que lui ont mis les trois susceptibles, on devient prudent avant d’entamer une reconversion professionnelle non prévue par les accords de branche… Et Boris est devenu un homme prudent, croyez moi ! Certes pas prudent au point de porter bretelles et ceinture comme votre banquier… ou comme ses créanciers… mais prudent quand même… Et puis, vue sa tronche de faux témoin, de toutes façons ce ne serait pas sûr que ça marche le jeu car je ne sais pas s’il y aurait beaucoup de partenaires disponibles prêts a jouer avec quelqu’un qui de toute évidence a été pris la main (et la tête) dans le sac… et qui visiblement n’est pas arrivé à les retirer à temps…

 

Il y a donc des jours Boris en vient à se demander dans un moment de lucidité (ou de sobriété, comme vous préférez, vu que ces deux termes sont synonymes pour nombre d’amateurs de vodka…) s’il n’y a pas eu une erreur de casting lors de son « embauche »… De là à solliciter un nouvel entretien à ses employeurs en vue d’une redéfinition de sa fiche de poste… faut pas exagérer quand même… Ne jamais confondre audace et témérité… même avec 5 gammes d’alcool dans le sang…

Ce qui aggrave aussi la situation, c’est qu’en plus de la raréfaction du client, notre homme ne semble pas avoir spécialement le profil de l’emploi… Et oui, vu qu’il s’agit quand même d’une activité pour vendre il faut aussi savoir séduire le client par ses bonnes manières et par son look… inutile de vous dire qu’entre sa gueule édentée et ses moignons, pour rassurer les investisseurs on fait mieux… Et je ne vous parle même pas de l’effet produit dans la rue, vu qu’on est dans un pays il faut sourire de toutes ses dents en toutes circonstances et saluer les autres en joignant ses doigts pour avoir l’air poli… Même les moines, adeptes de la non violence, changent de trottoir lorsqu’ils l’aperçoivent et préfèrent jeûner plutôt que de taper l’incruste chez lui pour casse-crouter… Pour le coup, c’est sûr qu’en matière de distanciation sociale on ne peut rien lui reprocher… Quand à son agence elle est devenue facile à trouver vu qu’elle se situe désormais dans la seule rue de Pattaya  du fait de sa seule présence, on ne trouve plus de street food… les restaurants de rue faisant faillite les uns après les autres pour cause de désaffection. Seul le « seven eleven » local semble faire de la résistance mais faut dire qu’on a du bâtir en catastrophe devant la porte un lotissement complet de maisons aux esprits… histoire de conjurer le sort…

 

Pour un homme qui aurait souhaité se faire oublier et rester dans l’ombre, devenir agent immobilier, on en conviendra c’est quand même un peu voyant… d’autant que dans ce genre d’investissement, la seule chose que le client risque de voir c’est simplement l’agent immobilier… L’immeuble lui, c’est parfois plus difficile de le voir et des fois on l’attend longtemps, longtemps… avant de le voir… et quand on le voit c’est même parfois une illusion d’optique… une maquette pour être plus précis… Le seul truc rassurant pour le moral du client en cas de problème, c’est que celui-ci peut quand même se dire qu’il n’est pas le seul à être victime d’un mirage… Cela lui évite ainsi par la même occasion de se poser des questions à propos de son acuité visuelle et ça lui fait économiser du même coup des dépenses inutiles chez l’ophtalmo… parce que vu les acomptes déjà versés à l’agent immobilier, il va lui falloir commencer à mettre sérieusement de l’argent de coté s’il veut durer dans le pays, boire frais et continuer à sourire… Malheureusement, comme tous les clients n’ont pas forcement le sens de l’humour, le mec Boris se dit que si en plus des usuriers moscovites il faut se préparer à affronter aussi les investisseurs étrangers adeptes des placements à haute rentabilité mais un brin irascibles, la vie va devenir rapidement… invivable… d’autant que même sans être physionomiste il y a peu de chance que ces derniers l’oublient…

Un malheur ne venant jamais seul, quand on est un mec venu tout droit de la steppe, la vie de bureau ça devient en outre vite lassant et pénible… surtout quand on ne lit pas Tolstoï entre deux clients… et même carrément quand on n’a pas appris à lire du tout comme c’est le cas de notre homme… Remarquez que vu ce qu’on sait de l’écriture thaïe, avoir lu Tolstoï ou pas, ça ne fait guère avancer les choses pour rédiger un contrat… surtout bidon…

 

Le mètre de trottoir linéaire devenant disponible depuis le déménagement des street foods et la nature ayant horreur du vide, c’est donc naturellement que quelques arpenteuses de rues sont venues l’occuper gracieusement… ce qui ne veut pas dire forcement avec grâce étant donné que dans le lot il n’est pas impossible que se soient glissés quelques détenteurs du service trois pièces… L’oisiveté étant comme chacun sait la mère du vice et vu que son bureau donne directement sur le bout du trottoir déambulent à longueur de journée Noi et ses copines, on comprendra sans problème qu’en restant assis sans rien faire si ce n’est regarder par sa fenêtre, le spectacle offert et les sourires engageants de ses voisines finissent par donner des idées au mec Boris… ainsi que des fourmis dans les jambes… et pas que là d’ailleurs aussi… le démon de minuit remplaçant le démon du jeu…

 

Au fil des jours le mec Boris a donc commencé à se demander sérieusement s’il ne faudrait pas qu’il envisage une diversification de ses activités vers le secteur du « tapin », domaine incontestablement plus sûr que le jeu et surtout beaucoup plus rentable et discret que la gestion de l’immobilier… La meilleure preuve que le « tapin » c’est discret, c’est que même les gardiens de l’ordre à Pattaya semblent douter de son existence quand on évoque devant eux ce sujet… c’est vous dire… D’abord on travaille souvent la nuit et puis ce que les clients voudront voir dans ce commerce, ce n’est pas forcément la tronche à Boris… et c’est mieux comme ça d’ailleurs… Et comme à vrai dire ils ne tiennent pas non plus nécessairement à ce qu’on voit aussi toujours la leur… ce serait en quelque sorte comme qui dirait exercer une activité professionnelle par procuration… avec comme devise « Pour vivre heureux vivons cachés »… en particulier des services de l’immigration parce que question « work permit » il y aurait comme qui dirait un certain flou dans la définition de l’activité… Une option possible serait, tout en conservant son agence et en respectant les distances de sécurité, de gérer son petit turbin complémentaire depuis son bureau qui a pignon sur rue comme on dit…

 

Poursuivant activement ses réflexions, performance peu aisée avec un cerveau légèrement endommagé suite à une surconsommation de vodka frelatée dans sa jeunesse, l’idée de faire de l’argent pour rembourser son ardoise en montant une écurie de « Marie-madeleine » et en devenant « julot » à temps partiel fait donc son chemin…

Le seul problème, c’est qu’entre le rêve de Boris et la réalité, il y a comme qui dirait une grande steppe désolée à parcourir, parsemée de plein « d’emmerdes » possibles et de malfaisants en tous genres aux aguets…

Le premier gros problème à résoudre c’est de déterminer où installer ses « collectrices de billets »… autrement dit de façon pratique, trouver un endroit où il ne « vexera » personne… Si le flambeur russe est parfois un brin susceptible comme on l’a vu, il y a fort à parier que ce ne soit rien à coté de ce que le « chaopo » thaïlandais pourrait lui infliger en cas de malentendu à propos d’une erreur de bornage de pas de porte… Terminer au fond du fleuve ou en « tout venant » de fondation d’immeuble, même quand on a vocation à bosser dans l’immobilier, ce n’est pas vraiment ce à quoi il aspire… Pour tout dire, Boris est un homme qui ne veut plus entendre parler de jeux de hasard… Si je vous disais que même la vue de vendeurs ambulants de billets de loterie nationale lui déclenche des cauchemars… Mettez-vous donc à sa place… Non vous n’y tenez pas ? Bon passons…

Un autre souci c’est que pour ouvrir son « commerce », il va lui falloir entreprendre pas mal de « formalités »… et dieu sait si c’est compliqué les « formalités administratives » en Thaïlande… presque autant que dans sa Russie natale… Il y a tellement de « timbres fiscaux » à acheter qu’on s’y perd un peu… et en plus il faut trouver les bons « bureaux » pour les payer… Et comme tout se fait par bouche à oreille dans cette ville, c’est du boulot, croyez moi… Quand vous imaginez que même pour ouvrir une gargotte de street food il faut « arroser » les moines pour conjurer le sort… et éviter sans doute ainsi une possible rupture de la chaîne du froid ou un retard d’approvisionnement… vous pouvez imaginer ce que ça donne pour une activité nocturne dans un secteur fortement concurrentiel…

Et puis surtout, il y a intérêt à ouvrir l’œil parce qu’en ce qui concerne les malfaisants ou les mauvais payeurs, là il y en a une « tetra chiée plus quinze” dans une ville comme Pattaya. Vu le public, il va falloir se préparer à montrer les dents… mais là, force est de reconnaître que le mec Boris n’est plus vraiment crédible après la blague de ses copains… Plus démuni que lui, on a du mal… Heureusement que la Thaïlande est le paradis des cliniques dentaires parce qu’il faut bien dire qu’un « mac » qui en plus ne pourrait plus embobiner des « gagneuses » avec sa belle gueule… ça ne ferait pas très sérieux…

 

En dépit de ces petits problèmes à résoudre, l’objectif de Boris serait donc d’avoir une dizaine de filles à lui et d’arrondir ses fins de mois un peu comme font ses camarades dans les rues de Moscou… Vu le plan d’amortissement qu’on lui a concocté avant de quitter le pays, Boris serait bien tenté de faire bosser ses filles au profit des étrangers, pour mieux tirer profit du pouvoir d’achat de ces derniers, mais c’est un homme prudent comme nous l’avons dit… Dans son for intérieur il se dit quand même qu’avec ce type de clients, si les filles sont un brin intelligentes, elles vont « vite fait bien fait » se barrer dans la nature avec un micheton de passage, un brin friqué et plein d’illusions, qu’elles auront levé… pendant que lui restera gros jean… Bilan des courses, la facture sera pour lui car il aura arrosé tous les intermédiaires pour rien… payé le bus pour faire venir sur place ses pouliches, leurs fringues et leurs pompes, le maquillage, les piaules et les agapes riz-poisson-poulet… sans parler des « taxes », « timbres fiscaux » à régler aux intermédiaires et des inévitables « amendes » supplémentaires rajoutées pour retard de paiement… S’il n’a rien à mettre sur la table, bonjour l’ambiance… et le montant des agios à verser à la « banque du Nord »… Rien que d’y penser il en claquerait des dents… enfin s’il le pouvait… Tout, sauf revivre à nouveau le même tête à tête qu’à Moscou avec ces mecs un peu trop manuels à son goût…

En plus, s’agissant du cheptel, va falloir ouvrir l’oeil … Imaginez qu’il recrute une dizaine de filles du gabarit de Noï… c’est sûr qu’il ne fera pas longtemps illusion face à elles, le moujik, vu leurs potentiels de réflexion respectifs… Dans un match entre un boulier chinois et un microprocesseur on sait d’avance qui va gagner… Et s’il ne peut même pas les tenir en mains ou surtout les payer, il y a même des chances que ce soient elles qui le mettent un jour au turf… et qu’il se retrouve à Bangkok dans la Soï 4 de Patpong, au milieu des « mignons » en short et débardeur blanc, à tapiner pour elles… Comme aurait dit en son temps Henri Charrière alias Papillon, quand on est mac, passer du statut de « pointeur » à celui de « pointé », pour une promotion… y a pas a dire c’est une sacré promotion…

Donc, pas de doute à avoir, s’il se lance dans ce boulot il lui faudra se tourner vers une clientèle locale… ce qui veut dire installer ses « collectrices de billets » sur un chantier ou dans une zone industrielle… D’accord, les baraques en planches avec la file d’attente des clients devant ça manque un peu de poésie et de romantisme et on est loin, très loin des salons feutrés de madame Claude, j’en conviens, mais là au moins, il y a peu de chances que les nanas se tirent en sautant les palissades… C’est sûr… et en plus pas besoin de recruter des surdouées qui connaissent toutes les langues et le cours du dollar ou du yen pour les clients n’ayant pas encore eu le temps de passer au bureau de change… L’ennui, c’est que le tarif des prestations ne sera pas terrible… et comme le cheptel risque d’être un peu du deuxième, voire du troisième choix, il ne pourra même pas avoir de quoi se payer en nature pour se remonter le moral les jours où ça ne va pas fort…

 

Quelle galère… s’il ne se traînait pas cette casserole du remboursement, il y en aurait presque pour repartir au pays… mais là le comité d’accueil l’attend à bras ouverts et… à poings fermés…

Alors autant rester dans l’immobilier, pas vrai… et vous attendre pour vous proposer des investissements juteux… ?


mercredi 2 décembre 2020

Galeries de portraits : investissez dans l’immobilier en Thaïlande, une valeur sure... avec “Boris le moujik”... (1)

 


 


S’il vous est arrivé de passer un jour par « Pattaya la sulfureuse », plus communément appelée « Vice-city » par les âmes sensibles et pieuses, vous savez déjà que cette cité ne serait pas ce qu’elle est sans la présence en temps normal, c'est-à-dire hors période COVID, d’une faune cosmopolite qui traîne dans ses rues et qui au fil des ans a transformé un tranquille village de pêcheurs d’autrefois en une ville de pécheurs… Vous saisissez la différence entre ces deux types de bourgades ?... Si oui, pas de souci… si non, rendez-vous sur Bescherelle.com à la page qui va bien, à savoir celle des accents… ou bien allez faire un tour en ville dans les « rues piétonnes » pour comprendre, ça sera peut être plus rapide et surtout plus drôle…

Quoi qu’il en soit, comme chacun sait, qui dit faune dit mammifères, insectes, oiseaux, mollusques, reptiles, amphibiens et bien entendu… poissons… ce qui est normal après tout pour une ville de bord de mer. Dans cette dernière catégorie, après avoir donné la semaine passée un coup de projecteur sur la morue (…ou un coup de lamparo comme diraient des estafiers méditerranéens…), nous allons nous arrêter un moment sur une autre espèce particulière de poiscaille, j’ai nommé le barbeau russe…


Pour présenter brièvement notre « ami », que nous appellerons Boris le moujik, sachez que c’est un homme qui vient du froid et qui comme bien d’autres margoulins, a fait un jour escale à Pattaya pour y faire un peu d’oseille au soleil… l’hiver russe n’étant pas spécialement la bonne période pour traîner le soir dans les rues. Sous ses airs rustres, du fait d’un faciès un brin néanderthalien, pour ne pas dire simiesque, qui l’a doté d’un doigt d’os frontal, « l’Alphonse » en question a toujours été un mec assez simple... Ses buts dans l’existence sont en effet somme toute assez basiques, car depuis des années la vie pour lui se résume à trouver le moyen de faire la grasse matinée après avoir traîné dehors une partie de la nuit en compagnie de quelques belettes pas trop farouches et d’une poignée de potes flambeurs, de rouler dans une belle bagnole, de porter des fringues de marque sur la peau complétées par quelques gri-gri autour du cou… et accessoirement de boire une vodka qui ne soit pas fabriquée uniquement avec des épluchures de patates mélangées à de la sciure et à de l’alcool à brûler… Voilà en somme, vous le reconnaîtrez aisément, une existence assez saine… pour ne pas dire bio au regard de ses goûts en matière de rafraîchissements… Mais pour pouvoir vivre cette existence, un brin contemplative et sans souci, encore faut il pour cela en avoir les moyens, ce qui signifie disposer d’un « fond de roulement » conséquent pour faire face aux menues dépenses du quotidien.

Pour cela, spécialement quand on sort à peine de son isba et que l’alphabet cyrillique reste aussi mystérieux que les hiéroglyphes égyptiens… ou pour nous que l’alphabet thaï…, un moyen pratique et rapide de s’assurer rapidement un « fond de caisse », c’est soit le braquage direct de fourgons ou de banques, soit la protection de « faibles femmes s’acquittant de tâches d’utilité publique », soit enfin le jeu et ses dérivés du style blanchiment de roubles… Les gardiens russes de l’ordre public n’étant pas spécialement des adhérents à la ligue des droits de l’homme, le mec Boris a très vite intégré le fait qu’il était plus raisonnable de se spécialiser dans le jeu ou les activités de marlou, que dans le monte-en-l’air ou les visites surprises à la banque du quartier, activités réputées « à risque » comme disent les assureurs… Et c’est donc comme ça qu’un soir, non pas de désœuvrement comme vous pourriez le penser, mais de travail au regard de son activité principale, que Boris a accepté une partie entre deux portes avec des inconnus… et c’est aussi comme ça que les emmerdes ont vraiment débuté pour lui…

 

Si pour la majorité d’entre nous le voyage aller vers la Thaïlande a été assez simple à monter, en ce qui concerne notre « ami » cela a été en effet un brin… plus sportif… Au départ de son voyage vers les mers chaudes, il n’y a pas eu comme pour vous et moi un achat de billet dans une agence de voyage ou une réservation sur Internet mais juste une banale partie de poker… qui a mal fini… c’est le moins qu’on puisse dire… Tout avait bien pourtant bien commencé ce soir là… Pour un peu on se serait cru dans la partie de cartes de Pagnol… Galéjades en tous genres (à la russe…), embrassades et apéro de mise (devinez quoi…)… Mais comme dans la partie de cartes de Pagnol, ça a fini par déraper à cause d’un très léger malentendu… et la grosse différence, c’est qu’au lieu de voir partir maître Panisse à la fin de l’acte, là c’est un jeu complet de doigts de Boris qu’on a vu tailler la route et pas mal de chicots rouler sur le tapis vert… A se demander si c’était du poker ou du craps… Bon d’accord, ce n’étaient pas vraiment des dés qui roulaient, mais il n’en demeure pas moins que le « boxman » et le « stickman », étaient présents pour aider comme c’est l’usage dans ce jeu… l’un cognant et l’autre s’assurant que Boris ne risquait pas de fuir ses « responsabilités »… On ne pouvait pourtant pas vraiment dire que Boris n’avait pas de jeu ce jour là… A vrai dire il en avait même… un peu trop… vu que jusqu’à preuve du contraire il n’y a que quatre As dans un paquet de cartes… Bien sûr, si ses copains de rencontre avaient bu suffisamment, peut-être qu’ils n’auraient rien remarqué mais il faut croire que la vodka qui leur avait été servie devait être une contrefaçon qui les a laissés suffisamment conscients pour pouvoir compter jusqu’à cinq… Et cinq, c’est exactement le nombre de phalanges et de dents laissées en dépôt – vente sur la table… Si certains doutaient qu’il y ait un humour russe, j’espère que les voilà rassurés…

La mauvaise qualité de la vodka n’est pourtant pas la seule responsable de cette prise de conscience collective de la libre et personnelle interprétation faite par notre « ami » des règles du Poker… Ce qui a décuplé la contrariété de ses partenaires ça surtout été le fait que ce jour là coïncidait avec l’arrivée du printemps russe dans le calendrier orthodoxe… Pourquoi est-ce que je vous parle du calendrier et du printemps ? Tout simplement parce que le caractère russe est ainsi fait qu’il se caractérise par une alternance de périodes de profond abattement moral, généralement pendant la saison froide, et de périodes de surexcitation lorsque la chaleur revient… Manque de pot pour Boris, vous l’avez compris, le jour où il a entrepris de modifier de façon unilatérale et sans préavis les règles du poker, c’était le début du printemps russe et ses « copains » entraient juste dans leur phase de réveil cérébral… Je ne vous dis pas la masse d’énergie accumulée pendant leurs longs mois d’hibernation qui s’est brutalement libérée en quelques secondes… Pour prendre la foudre, ça il l’a prise le Boris… Un bon exemple valant toujours mieux qu’un long discours, si vous voulez avoir une idée de ce qu’il a pu ressentir, allez donc tripatouiller un compteur électrique avec une fourchette sans couper le jus… et vous comprendrez… sa surprise…

Comme toujours, soucieux d’élever une nouvelle fois le niveau du débat au dessus du caniveau… là précisément Boris a fini prématurément la partie… je dirais que notre homme a d’une certaine façon fait brutalement connaissance à cette occasion avec Einstein et avec sa théorie de la relativité… C’est en effet ce jour là que le bougre a découvert une autre interprétation possible de la formule magique E = mc2… E représentant dans le cas présent l’énergie accumulée et déployée par les trois mongols énervés, M la masse musculaire qu’ils ont appliquée sur le faciès de Boris et le c2…renvoyant à la notion  de « tête au carré »… De là à se demander si la formule de la relativité ne devrait pas plutôt être c2 = Em, puisque la tête au carré de Boris s’avère être le résultat de l’énergie (ou de l’énervement si vous préférez...) multipliée par la masse musculaire des trois caractériels… vous en conviendrez, il n’y a pas loin… disons la longueur d’un bras… Enfin, passons… Quoi qu’il en soit, si en ce qui vous concerne vous avez gardé de mauvais souvenirs de vos cours de physique, imaginez un peu l’impact que laissera dans la mémoire de Boris sa brutale découverte de la physique nucléaire en mode cours du soir intensifs…

Le malheur dans cette affaire, c’est qu’il n’y a pas réellement de justice car le mec Boris était quand même un peu excusable… Que voulez-vous, à la force de faire des aller – retour entre les pays froids et les pays chauds entre deux parties pour trimbaler des valises de billets pour le compte de ses copains tatoués, comment vouliez – vous qu’il ne finisse pas par s’y perdre en termes de saisons… Maintenant, c’est sûr aussi que quand on accepte de jouer aux cartes avec des bègues sibériens, il ne faut pas être surpris de les voir à la première contrariété se mettre à parler avec les mains… vieille habitude chez eux destinée à se réchauffer par temps froid… L’atavisme, c’est quand même quelque chose…

Bref, ce qui est certain, c’est que lorsque Boris s’est réveillé après la discussion animée qui a suivi l’interruption de la partie, du fait d’une perte d’image et de son involontaire de sa part, soyez certain qu’il s’en serait mordu les doigts s’il l’avait pu, d’avoir accepté de taper le carton avec des mecs de rencontre… Avouez qu’il était quand même un peu tard pour cela… surtout vu ce qu’il lui restait comme chicots… et comme phalanges… Et oui, ce qui fait tout le suspens d’une partie de cartes avec des Russes de rencontre trouvés un brin désœuvrés au coin d’un comptoir c’est que ça commence par des embrassades sur la bouche et que ça peut se terminer par un barbecue… façon marseillaise… si vous voyez ce que je veux dire… ou éventuellement des brochettes de doigts s’ils font preuve d’un zeste d’humanité… Comme il faut en toutes circonstances rester optimiste, sachez qu’en se réveillant avec un léger goût de gueule de bois (cassée), Boris a quand même éprouvé un profond soulagement du fait que les trois frères Karamazov, même s’ils lui avaient raccourci des doigts jugés un peu trop crochus à leur goût, lui avaient quand même laissé l’intégralité de ses attributs masculins, attention qu’on pourrait assimiler à un geste de faiblesse si cela venait à s’ébruiter dans leur milieu... Encore heureux au passage, qu’après cette initiation aux fondements de la physique les trois furieux n’aient pas eu envie de poursuivre vers une séance de chimie, histoire de tester la dissolution des corps dans l’acide… la physique et la chimie étant comme chacun sait des disciplines indissociables… Comme quoi il faut toujours positiver dans la vie…

Autre fait notable, même si de toute évidence les compagnons de jeu de notre homme venaient de prouver dans cette affaire qu’ils n’étaient pas des sympathisants de Gandhi, adeptes de la non violence, il faut bien reconnaître une fois leur irritation passagère oubliée qu’ils n’étaient pas non plus des gens à se comporter comme des animaux… La preuve en est qu’ils lui ont offert une porte de sortie pour oublier ses fantaisies… avec un choix simple à résoudre… et pas vraiment cornélien… Soit aller partager le sort du feu frère Raspoutine en faisant une plongée enchaînée sous glace dans les eaux de la Neva, soit partir en Thaïlande pour représenter leurs intérêts… histoire de les rembourser… Ne jamais désespérer du genre humain donc… Peu soucieux de renouveler une expérience malheureuse déjà vainement tentée dans le passé par Raspoutine et par Houdini afin d’essayer de prouver que l’esprit est plus fort que la matière, inutile de vous dire que le choix a vite été fait… ce qui explique maintenant pourquoi Boris a donc pris sans délai la direction des mers chaudes, comme on dit du coté de l’Oural, et bosse aujourd’hui sur Pattaya… et il vous attend avec impatience pour faire fructifier vos économies et le produit de la vente de votre maison familiale… ou tout au moins ce qu’il en reste après le passage des racketteurs de Bercy.

Comme un certain nombre d’autres « rézidents » Boris a donc ouvert une de ces agences qui proposent toutes sortes d’affaires immobilières en or aux farangs, avec notamment la promesse d’un rapport locatif qui aurait donné le tournis à Madoff, l'arnaqueur de Wall Street lui même… c’est vous dire… Spécialisée dans la vente de condos et la location saisonnière, son agence annonce pouvoir faire un millionnaire en puissance de chaque client (…sous réserve qu’il soit arrivé milliardaire comme chacun sait…). Jamais à cours d’idée, son empathie naturelle pousse même Boris à mettre en garde l’acheteur contre tous les dangers locaux depuis les vendeurs de billets de loterie jusqu’aux intermédiaires véreux dont je tairai par prudence la profession officielle… en passant par les femmes de petite vertu, tous ces parasites en somme qui pourrait générer chez le chaland une perte de pouvoir d’achat conséquente… Et oui, comme chacun sait, le décalage horaire associé à un abus brutal de piment et à quelques verres de bière ou de wisky mekong dans une ambiance « chaleureuse » peut facilement générer une euphorie naturelle, certes favorable au petit commerce de rue, mais pas à l’investissement dans une valeur sure comme la pierre…

On en revient en fait toujours au vieux dilemme entre consommer et investir, vaste débat sans fin s’il en est…

 

- A suivre -

mardi 1 décembre 2020

Le paradis et l’enfer en Europe… et ailleurs...

 



                 « Heureux comme Dieu en France » dit un proverbe allemand bien connu… Pourtant, à en croire certains « Philosophes de comptoir » qui s’expriment sur les réseaux sociaux, l’hexagone ne serait apparemment pas ce paradis qui a justifié les nombreuses « visites musclées » que nos amis d’outre-Rhin nous ont rendues tout au long des siècles passés… La meilleure des preuves en est que de plus en plus de retraités songent à déserter ce soi disant "pays de cocagne" pour rejoindre des contrées plus accueillantes afin d'y vivre sans souci le reste de leurs jours...  A l'usage donc de ceux qui n'ont pas encore franchi le pas mais qui n'envisagent pas pour autant une expatriation en dehors de l'espace Schengen et afin de les aider à déterminer le pays où il fait le mieux « bon vivre »... et partant celui qu’il faut éviter, voici un petit article humoristique... 

Pour mener à bien cette démarche, inutile disent nos « experts » de s’encombrer la tête avec les grandes théories bien connues des professionnels du management interculturel : les quatre critères pertinents pour dissocier en Europe le paradis de l’enfer seraient en effet selon eux, l’action de la police, l’art culinaire, la mécanique auto, l’organisation du travail et… l’art d’aimer. Il n’y a pas à chercher plus loin…  

Voyons donc ce qu’il en est à propos de ces clichés… avant de situer tout de même la Thaïlande par rapport à ces pays qu'il convient d’éviter ou pas...

 

 

1 - Le paradis ce serait là où la police est britannique et l’enfer... là où elle est allemande…

Si l’on fait le tour des polices européennes, il semblerait effectivement que le « Bobby » britannique véhicule une image d’éducation et de politesse inégalable… Outre le fait qu’il pousse la courtoisie jusqu’à ne pas être armé, sans doute pour ne pas effrayer ses concitoyens, chacun sait en outre qu’il ne lui viendrait pas à l’esprit de venir sonner chez vous à des heures indues pour un contrôle d’identité ou une perquisition. Ce privilège de pouvoir « déranger » les gens avant sept heures du matin ne saurait être toléré, si l’on en croît Churchill, que pour le laitier londonien et… pour les « voyous » de la Gestapo dont l’impolitesse notoire due à un manque flagrant d’éducation expliquerait sans doute l’image défavorable véhiculée encore aujourd'hui par la police d’outre-Rhin. Même si le souriant inspecteur Derrick nous offre désormais une image conviviale des policiers allemands, il semblerait bien qu’en France le souvenir de ceux de ses prédécesseurs qui œuvraient pendant la période 1940 - 1945 ou en Europe de l’Est des VOPO qui sévissaient le long du mur de Berlin soit apparemment encore présent dans les mémoires… 

 

2 - Le paradis ce serait là où les mécaniciens sont allemands et l’enfer... là où ils sont français…

Visiblement le souvenir de la 2 Cv Citroën qui a transporté des générations de Français moyens (avec ou sans un cageot d’œufs) ou de la 404 Peugeot qui a parcouru toutes les pistes d’Afrique et du Maghreb semble aujourd’hui se dissiper par rapport au prestige croissant des BMW et des Benz, comme on dit en Asie… sans oublier bien évidemment le combi Volkswagen qui après avoir convoyé les amateurs « d’herbes aromatiques » des années 60-70 sur les chemins de Katmandou revient aujourd’hui en force dans une livrée écolo… Si j’étais Carlos Ghosn, entre deux soucis d'ordre judiciaire..., après tous ces efforts faits pour remonter Renault, une telle conception du paradis automobile m’agacerait quand même un brin…  Ce qui est certain c'est qu'il est difficile de faire oublier aux gens que la « voiture du peuple » a traversé en son temps l’Europe dans les deux sens... le voyage retour ayant été assurément plus apprécié par les populations locales que l'aller…, et ceci sans nécessiter le recours aux réparations du système D français… preuve indéniable de sa robustesse et de sa fiabilité.

 

3 - Le paradis ce serait là où les cuisiniers sont français et l’enfer... là où ils sont britanniques…

En matière culinaire, inutile de développer… Si le bon Dieu a localisé le fois gras et toutes ces variétés de fromage en France… mais la panse de brebis farcie ainsi que la viande bouillie outre-Manche, c’est bien pour que les choses soient parfaitement claires… Voyons, si la France n’était pas le pays de la gastronomie pourquoi voudriez vous qu’un marchand de pneumatiques donne dans les guides culinaires ?... Avez-vous déjà entendu parler d’un guide gastronomique Dunlop ou Firestone ? Moi pas... D’ailleurs, si Peter Mayle, ce transfuge britannique qui a émigré vers le Luberon pour des raisons essentiellement gustatives, a intitulé son best-seller « Une année en Provence » et pas « Une année au Pays de Galles », c’est bien pour une raison, non ?… Ceux qui en douteraient encore n’ont donc qu’à se plonger dans ce livre et ils comprendront… en salivant... ou à défaut à regarder "La cuisine des mousquetaires " de l'inénarrable Maïte, la "serial killer" qui assassine en un tour de main les canards et les poulets pour notre plus grand plaisir, maîtresse femme encore plus redoutée dans les basse-cours que le "colonel" Sanders, lui même, le fondateur de Kfc...

 

4 - Le paradis ce serait là où les amants sont italiens et l’enfer... là où ils sont suisses…

Dans le domaine de l’amour, pour « être bien vu » de sa partenaire, il semblerait pour reprendre le langage des spécialistes en management interculturel qu’il faille avoir une conception du temps à la fois cyclique et polychronique, en d’autres termes qu’il faille savoir vivre dans l’instant présent en oubliant planning et horloge, tout en étant capable de mener plusieurs actions à la fois… et sans oublier de privilégier bien évidemment la personne par rapport à la « tâche »… A ma connaissance, un seul pays est effectivement capable de produire des individus présentant toutes ces aptitudes et c’est précisément l’Italie, qui nous a donnés « L’art d’aimer » d’Ovide et le « latin lover » par excellence, j’ai nommé Rudolf Valentino… Nous autres Français qui jalousons toujours quelque peu les Italiens, nous nous doutions quand même un peu de leur supériorité sur ce plan là, n'est-ce-pas ?... Mais au lieu de râler de notre seconde position, plaignions donc plutôt nos amis helvètes qui eux ne sauront jamais à côté de quoi ils passent en gardant en toutes circonstances un œil sur leur chronomètre de précision et l’autre sur leur portefeuille… encore qu’on puisse les comprendre un peu s’ils sont en compagnie d'une personne de « mauvaise vie » comme disent les âmes prudes... Quand aux Allemands et aux Anglo-saxons, sans être suspectés de « stakhanovisme » comme les Suisses, inutile de dire que leur conception monochronique du temps et leur culture du résultat les mettent définitivement hors jeu dans ce domaine là… petite satisfaction pour nous après mai 40 ou Waterloo...

 

5 - Le paradis ce serait enfin là où les choses sont organisées par des Suisses et l’enfer... là où ce sont des Italiens qui s’en chargent…

Evidemment, quand on est un homme, il vient un moment où il faut quitter la chambre à coucher conjugale (ou de passage…) pour aller gagner sa vie en œuvrant dans l’ordre et la bonne humeur… et c’est là que sonne la revanche des Suisses dont le sens pratique, le culte du secret et l’organisation dans le travail ridiculisent depuis des générations ces Italiens fantaisistes, beaux parleurs et peu fiables… Et oui, si vous ne saviez pas pourquoi la papauté préfère depuis cinq siècles confier sa sécurité à des gardes recrutés dans les cantons suisses plutôt qu’à des Sardes ou des Piémontais et bien vous avez la réponse maintenant… Certes, le Saint-Père aurait bien entendu pu recourir aux Calabrais et aux Siciliens, « Italiens un peu à part » comme chacun sait et qui en matière de maniement d’armes passent pour être assez « habiles », mais c’était là une question d’image, car pour garder le Vatican, les Suisses présentaient mieux, reconnaissons-le… et ceci pas uniquement pour une question de taille ou de foi religieuse…

 

6 - Et la Thaïlande dans tout cela, où se situe t-elle…

Si ce classement laissera sans doute quelque peu indifférent tous ceux qui ont décidé d'aller vivre un jour quelque part à "l'Est de Suez", pour parler comme les Britanniques, il peut quand même s’avérer intéressant de voir où se se situe la Thaïlande par rapport à tout ça... ne serait ce que pour mieux en apprécier les conditions de vie locales...

Si pour commencer on se penche sur l'image des gardiens de l'ordre public du "pays du sourire", force est de constater qu'en règle générale ce sont des gens ouverts au dialogue et à la "conciliation"... enfin surtout à l'approche de l'heure des repas quand ils commencent à avoir la dalle, ce qui les pousse à s'agiter fébrilement et à scruter la rue à la recherche d'un éventuel contrevenant... Question look, si le "bobby" londonien en plus d’être aimable fait très classe avec son chapeau noir, il n'en reste pas moins qu'il peut toujours s'accrocher par rapport à nos archers locaux au sourire mécanorivé et au costard littéralement taillé sur la peau. Je crois qu'exception faite du flic des Village people, il est difficile de faire plus moulant que ça comme fringues... et plus sexy parait-il aux dires des dames retraitées farangs... Mais oui, il en existe dans ce pays...

En matière de mécanique auto, au vu de ce qui roule sur certaines routes thaïlandaises... mais qui échappe visiblement à la détection visuelle de notre ami en uniforme...  mon sentiment est que les mécanos allemands peuvent se rhabiller pour la longévité et la robustesse des véhicules... Quant à MacGyver, question démerde et savoir-faire, en comparaison de ce que peut faire un garagiste de trottoir local avec un marteau, un bout de fil de fer et une tenaille... le mieux qu'il ait à faire pour ne pas se ridiculiser, c'est de retourner jouer dans sa chambre avec sa panoplie du parfait petit bricoleur...

S'agissant de l'art culinaire, avant de vous ruer sur les petits plats de Maïte, je tiens à vous rappeler que la cuisine thaïlandaise passe pour être l'une des plus succulentes et des plus saines qui soit... La meilleure des preuves en est qu'elle vous permet de perdre des kilos plus rapidement qu'en ingurgitant les recettes que cette plaie de Bernard Canetti, le fondateur de "Comme j'aime", s’évertuait à nous vanter sur les chaines télévisées françaises à l'heure  les sexto, septua, octo et nonogeneres français passaient à table dans les maisons de retraite... J'emploie délibérement l'imparfait, car force est de constater que le bougre est moins présent depuis un certain temps sur le petit écran... sans doute en raison d'une disparition récente et non prévue dans son business plan d'une partie de son "fan club"... pour cause de pandémie. Soucieux moi aussi d'entretenir mon audimat, je ne développerai pas plus avant ce thème que j'aurai l'occasion d'aborder un jour prochain en vous parlant de la street food... et de son inimitable goût, issu d'une association harmonieuse de plomb et de pesticides sur ses productions... 

En ce qui concerne l'amour... avec un petit a... je crois qu'il est inutile de faire un dessin sur les avantages procurés par une migration au-delà des frontières de l'espace Schengen, en direction de l'Est... Dans ce domaine et au vu des possibilités offertes, incontestablement la Thaïlande relègue l'Italie au rang de désert sexuel. Non seulement il y en a pour tous les goûts vous diraient certains journaleux, écrivains ou critiques littéraires... un brin ambigus et équivoques... mais en plus on y a créé une troisième option pour ceux qui ont du mal à se positionner sur l’échelle des préférences... Allez donc trouver çà ailleurs...

Reste enfin la question de l'organisation, et là c'est vraiment un vaste débat... Pour être organisé c'est certain que dans ce pays on l'est... mais il n'y a que les Thaïlandais eux-mêmes qu'y semblent s'y retrouver... Heureusement qu'ils ont inventé la formule magique du "men pai rai", le sourire et... les "arrangements"... pour résoudre les blocages car sinon on pourrait penser qu'on est au pays de Kafkha... N'ayant pas encore trouvé le mode d'emploi du système il faudra que je revienne sur ce sujet... 

Vu le sérieux de tous ces thèmes de réflexion, vous conviendrez avec moi qu'une étude approfondie de chacun d'entre eux s'impose car je ne voudrais pas que vous restiez sur votre faim...

 

Donc en résumé, si l’on se fie aux clichés des « Philosophes de comptoir », « l’Européen heureux » serait un Italien, marié à une Française cordon bleu, conduisant une puissante berline allemande, vivant à Londres et… disposant d’un compte bancaire en Suisse… donnée essentielle quand on sait le prix des loyers outre-Manche… Quand à « l’Européen malheureux », vous n’avez que l’embarras du choix car toutes les combinaisons et gradations sont possibles, aussi je vous laisse juge de déterminer où vous vous situez… sauf bien entendu, si vous êtes un Suisse alémanique marié à une Anglaise et possédant une Renault ou une Peugeot… auquel cas votre cas est bien évidemment désespéré… 

Dans une telle éventualité, il ne vous reste plus alors qu'à prendre vos valises et à nous rejoindre très vite sur les bords du golfe de Siam... histoire de vous refaire une santé physique et mentale... Croyez moi, c'est là une question de survie... d'autant que le temps presse...


Nota : cet article a déjà été publié sur le site du cabinet de consultants en management interculturel " Regards interculturels " sous une forme légèrement différente et plus succincte.

Bienvenue sur Sanuk...

Bonjour à toutes et à tous, puisque vous venez de vous prendre les pieds dans la toile et êtes venus buter sur mon blog, soyez donc les bien...